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Chtif mange beaucoup plus de disques que de raison et en déglutit pas mal de chroniques

Grands crus, piquettes moisies, vieilles recettes de grand-mère ou bizarreries post-modernes se succèderont ici sans distinction ni sectarisme, au rythme du mange-disques uniquement.

Et s'il vous reste une petite place pour le digestif, il y aura aussi quelques petites revues bds et bouquins, histoire de pas partir la bouche sèche.     

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 Radio Chtif

 

 

free music

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Brèves de comptoir


8 juin 2009

 


Un (gros) clin d'oeil vers le site d'un photographe espagnol rencontré sur la route : Marcos Garcia.

Ce gars-là parcourt le monde entier et en revient à chaque fois avec des images à tomber par terre. Couleurs, composition... on est pas loin du génie, et je pèse mes mots.

(Bon, là, j'ai mis un punk parce que j'aime bien Camden Town, mais que ça soit un portrait indien, sénégalais ou laossien, c'est toujours aussi bon.)



Suerte, Marcos.



13 Mai 2008

Juste un petit coup d'auto-promo pour une chose sans grande importance :

Small Shots

  Et pour les amateurs de n'importe quoi :

Ned et Frico




 

Pour lire toutes les Brèves de Comptoir, c'est ici !

 

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Lundi 1 juin 2009

Mes chers amis,

 

j'aurais bien aimé revenir de cette (nouvelle) période d'abstinence avec un article un brin constructif et intéressant, seulement voilà bien 6 semaines que les connections ne se font plus correctement tout là-haut. Alors vous devrez faire avec pour cette fois, point.

 

Explication : qui dit abstinence, dit frustration. Tension sévère. Au moindre départ de mèche, tout explose.

La mèche en question s'est embrasée par hasard un beau soir d'avril avec le vidéo-clip de "Flathead" des Fratellis. Enfin, pour être plus précis, avec Casey Batchelor, qui en tient le rôle principal en parfaite pin-up tout de rouge vêtue. Et qu'un coup je fais la boudeuse, et que je te retrousse les lèvres, et que je te dévoile mes jarretelles l'air de pas y toucher, la vache, c'est professionnel quand même.

C'est pas compliqué, Casey ressuscite la classe de Betty Page avec les dents du bonheur à la Madonna en prime (je réalise du même coup quel émoi pu frapper ceux qui découvrirent le clip de "Like a virgin" en 84...).

Certes, on me signalera que deux autres demoiselles aux négligés avantageux pourraient éventuellement susciter l'intérêt du spectateur lambda, mais rien à faire : Casey Batchelor les éclipse au moindre balancement d'épaule et fait voltiger ses drapés de rouge en tout recoin de l'écran. 

 

Je ne me souviens pas avoir connu tel transport depuis, peut-être, la rodéo-girl de "You shook me all night long"

(qui demeure, rappelons-le, le morceau idéal pour donner le tempo d'une partie de "ça va-ça vient", comme on dit chez les drougies, n'en déplaise à ceux qui persistent à décerner à "Since I've been loving you" la palme en ce domaine - ceux-là s'imaginent sans doute qu'il faut batifoler chevaleresque, tout tendre sous la couette, pour satisfaire sa bien-aimée. Lourde erreur.

Le romantisme fera toujours pâle figure devant les émotions fortes. Optez sans crainte pour le "Danger ! Danger ! High Voltage !", mes amis.

Euh... C'est mysogine, là, ce que je raconte ? Peu importe. Rappelez-vous comme la petite Cécile du lycée zyeutait le gros dur du fond de classe - tout en reconnaissant par ailleurs vos talents de confidents serviables - et vous me direz si je suis dans le vrai ou pas).


Croyez-bien que je me suis tâté à plusieurs reprises avant de vous délivrer ce billet ainsi, mais vous l'aurez compris, je n'ai rien de spécial à raconter sur "Flathead", mis à part que c'est un excellent morceau, enlevé, avec un pont très groovy, ce qui ne gâche rien. Sûr aussi qu'il doit exister quelques bonnes anecdotes sur sa conception, son enregistrement, tout-ci tout-ça, mais je vous l'avoue : là n'est pas le sujet. La meilleure idée des Fratellis, c'est Casey Batchelor.

Et pour finir en paraphrasant Philippe Vandel : bons clips, et bonne nuit.

The Fratellis : "Flathead"


ACDC : "You shook me all night long"


Electric Six : "Danger ! Danger ! High Voltage !"

Par Chtif - Publié dans : Bordel rock - Communauté : Vive le rock
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Mercredi 25 février 2009

Et encore un excellent groupe australien, un.

 

Malheureusement supplantés au panthéon des groupes légendaires par leurs grands frères d’ACDC, les Angels n’en ont pas moins marqué durablement les esprits au pays des Wallabies. Il n’est d’ailleurs pas rare, aujourd’hui encore, d’entendre dire que la troupe de ce petit agité de Doc Neeson pouvait faire la nique à celle d’Angus Young.

 

Auteurs d’un punk-rock populaire tour à tour rageur et bon enfant,  les Angels étaient doués d’un sens mélodique à l’immédiateté redoutable. Avec une énergie à déplumer un kookaburra, un frontman déchaîné et un lead guitariste énigmatique et impassible (Rick Brewster est au groupe ce que Entwistle était aux Who : la force tranquille) : il n’en fallut pas plus pour déchaîner les passions. Il faut dire aussi que le public australien est friand de bonnes décharges high voltage  (le punk est d’ailleurs quasiment né en Australie avec les Saints de Chris Bailey…). 

 

S’il fallait ne garder qu’un morceau de leur répertoire, pourtant bien fourni, ce serait sans doute « Am I ever gonna see your face again ? ». Premier single du groupe, première baffe. Les paroles sont joliment banales (« quand te reverrais-je, pays merveilleux ? », en gros), et pourtant, le morceau à une histoire singulière : s’il ne remporte qu’un succès d’estime à sa sortie en 1977, il cartonnera en 1988 dans une nouvelle version live, tirée de l’excellent « Live Line ». La faute, fait suffisamment rare pour être signalé, au public qui spontanément ce soir-là se mua en chorale pour agrémenter le refrain originel d’un  « No way, get fucked, fuck off ! » extatique et totalement inédit. Par « inédit », il faut ici comprendre : « dont même le groupe ignore l’origine » ! 

 


Qui a lancé le mouvement ? Personne ne le sait vraiment, même si Doc Neeson dévoila 20 ans plus tard un coin du mystère en citant le DJ d’un petit club du Queensland. Toujours est-il que cette petite taquinerie deviendra une sorte de slogan à la cool typiquement australien, un « casse-toi de mon nuage » qui se refile depuis de génération en génération chez des australiens friands de slag en tout genre.

 

Point d’orgue de tout concert des Angels après « Live Line », le « No way, get fucked, fuck off » faillit disparaître de la scène en même temps que son porte-parole : Doc Neeson, victime d’un sérieux accident de voiture, jette l’éponge en 99. Il faudra attendre 2008 pour revoir à nouveau sa bouille exorbitée sur scène.

 

Malgré toutes les vidéos live du groupe disponibles sur internet, aucune ne reflète vraiment l’ambiance « fuck off » de « Am I ever gonna see your face again ? » à la grande époque du groupe. Il faudra donc se contenter de ce petit montage sur la version « Live line » de la chanson.

 


En compensation, ne pas hésiter à se jeter sans modération sur les autres incontournables du groupe : "Mr Damage", "Into the heat", "Marseilles" (notez la petite allusion à ACDC à mi-chemin !)… C'est du live, ça s'excite, et c'est de 83. Que du bon.







Photos courtesy of : The Angels .com
Par Chtif - Publié dans : Every song tells a story - Communauté : A voir, à lire, à écouter
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Dimanche 4 janvier 2009
Mes amis, il y a de petits plaisirs que l’on ne souhaite pas garder pour ses petits pignoles personnelles. La bande dessinée « Lock groove comix » en est une.

L’auteur, Jean-Christophe Menu, s’est affirmé au fil des années comme un fondateur et ardent défenseur de la bande dessinée indépendante, du genre à jeter des pavés dans la mare. Issu du fanzine, JC Menu ne se satisfait pas du marasme conventionnel dans lequel s’englue la BD franco-belge des années 80. Trop de contraintes académiques de format et de thèmes : JC Menu s’emmerde ferme au milieu des vieux croulants des maisons d’éditions historiques. Il choisira donc d’élever ses propres structures de diffusion ; la première répond au sympathique nom de l'AANAL (oui, oui : Association pour l'Apologie du Neuvième Art Libre). C’est sur ces fondations que se construira plus tard L’Association, fameuse maison fondée par JC Menu, Trondheim, and co, et dépositaire d’une garantie de liberté de ton pour tous ses auteurs.

Cet esprit « petit label » anime également JC Menu dans ses choix musicaux : tout en couchant des hectolitres d’encre sur le papier, l’auteur s’enquille des disques par milliers, des Beatles aux formations les plus obscures de shoegaze 80’s. C’est donc avec bonheur qu’on le voit aujourd’hui mixer ses deux passions pour nous faire bénéficier de sa collectionnite aigüe avec « Lock groove comix ».

Le lock groove est à la base une curiosité connue des seuls fondus de vinyle : un simple sillon qui tourne en boucle à la fin de l’enregistrement, ceci permettant une ultime pirouette musi-comique que quelques groupes jusqu’au boutistes n’ont pas manqué d’exploiter. Pour en profiter, il faut posséder une platine sans retour de bras automatique, autant vous dire que c’est un secret bien gardé de nos jours ! Ceci vaut à l’auteur cette phrase magnifique :
« Moi, ma platine n’a même pas de bouton « 33t » ou « 45t », je dois soulever le plateau et changer la courroie d’axe. Aucun mécanisme superflu. Oui c’est chiant : Et alors !? »

Lister les lock groove intéressants de sa collection s’avère dès lors un excellent prétexte pour d’interminables digressions toutes plus jouissives les unes que les autres sur, en pagaille, les vinyles introuvables, les concerts boueux, les séances de mix foireuses devant des publics non réceptifs… Bref, tous les petits plaisirs qui jalonnent la vie des vrais timbrés de musique.

Gageons que certaines séquences deviendront cultes : on pense notamment à celle de Pere Ubu, complètement bourré en concert, qui se paie la tête de son groupe d’ouverture (les français de Frigo, inconnus au bataillon, sont désormais les héros malgré eux d’une scène absolument hilarante).

Ceux qui ont aimé « Claudiquant sur le Dance-Floor » de Luz adoreront les deux tomes déjà parus de « Lock Groove Comix ». Nul besoin cependant d’être un élitiste pour apprécier la BD. L’auditeur lambda ne connaîtra pas le centième de la discothèque de JC Menu, mais se poilera devant les désagréments qu’une passion poussée à ce degré d’extrémisme entraîne dans la vie sociale de l’auteur.

« Lock groove » est un immense foutoir : JC Menu entasse ses chroniques comme on amasse ses disques au sol devant la chaîne au court d’une nuit d’écoute acharnée. Ca sent la bière et le sillon fumant, et l’on est en bonne compagnie, les oreilles encore tremblantes de bonnes vibrations.
Par Chtif - Publié dans : BD & Bouquins
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Dimanche 28 décembre 2008

Poursuivons notre petit tour d’horizon des pilleurs d’images avec quatre formations qui n’ont pas choisi de faire dans la grosse déconne.

On commence avec Rod Stewart, qui demeure sans doute, rappelons-le, le plus grand chanteur R&B blanc à avoir traîné ses guêtres de par nos contrées (allez… à égalité avec Steve Marriott).

En 1975 sort "Atlantic crossing", sixième album solo qui lui vaut un petit succès pas dégueu grâce au carton "Sailing". Le brave Rod en tire quelques leçons essentielles pour son album suivant, "A night on the town" (1976) :

1) Quitter définitivement ses Faces de compères, désormais devenus plus encombrants qu’autre chose (un peu comme quand le beau gosse de la bande lâche ses potes enivrés pour finaliser sa conquête d’un soir, oui, c’est à peu près ça)

2) Ne plus sortir que des ballades en singles : ça plaît aux filles qui adorent dilapider ainsi un pouvoir d’achat acquis de haute lutte après quelques années de féminisme acharné. A l’occasion de l’année de la femme (1975, selon l’ONU), Rod fait la paix avec ces demoiselles, et remporte le gros lot avec "Tonight’s the night" et “First cut is the deepest” (originale de Cat Stevens).

3) Ne pas réitèrer la douloureuse faute de goût de "Atlantic crossing" au niveau de la pochette : gageons que malgré son amour du glam, le chanteur s’en mord encore les doigts, de celle-là. Sur "A night…", Rod s’offre carrément la place centrale du "Bal du Moulin de la Galette" (Renoir, 1876). Ambiance guinguette de Montmartre, canotier, et galoche sous les tonnelles, voilà de quoi faire palpiter les rêveries bohèmes des jeunes filles en fleurs...


Manque de pot, la sortie de l’album coïncidera exactement avec l’explosion du punk. Les jeunes crêteux, de prime abord peu sensibles au mouvement impressionniste, se feront un plaisir de dézinguer notre pauvre Rod, parfaite incarnation du rock à maman. Le chanteur se fera taxer à peu de choses près de “vieux pet qui pue" par des Joe Strummer et des Johnny Rotten encore sanguinolents de l’oreille (bien que biberonnés au son craspougne des Faces… Complexe d’Œdipe, quand tu nous tiens…). La presse rock s’y mettra aussi dans la foulée. Rod Stewart boudera les critiques dans son coin pendant de nombreuses années, tout en continuant à enchaîner les succès roucoulants.


Côté pochettes, il ne prendra plus le moindre risque par la suite : new-wave et léopard dans les 80’s, repompe de Bowie dans les 90’s… Dommage, quand même, parce qu’on a beau dire, ça lui allait bien le côté gars des faubourgs au beau Rod…



Rejoignons maintenant Joni Mitchell au milieu des années 90. Sale temps pour la songwriteuse qui, depuis 1979, s’est pris pas moins de 4 gadins commerciaux consécutifs. Trop militante, trop en rogne après tout et tout le monde, la politique, les médias, l’ignorance et l’inculture généralisées, en bref… pas assez MTV pour les années 80.
Mais Joni n’est pas du genre à se plier aux exigences avilissantes de l’industrie musicale. La preuve, madame Mitchell, qui se déclare avant tout peintre, ne vend pas ses toiles, ceci afin de ne pas laisser corrompre son Art.
Intègre, la Joni.
Battante, également : en 1994, elle persiste et se lance contre vents et marées dans l’élaboration d’un nouvel album, son 17ème. Comme si ça ne suffisait pas, elle rompt avec son mari de 12 ans pendant l’enregistrement.
En résulte "Turbulent Indigo" qui dépeint à peu près tout ce qu’un bout de femme meurtrie peut accumuler comme tristesse et amertume.


Effectivement, l’écoute de "Love kills" ou "The Magdalene laundries" impose l'évidence : la vache, ça respire pas la joie, chez Joni. Enfin, on n’irait pas passer Noël avec elle, quoi.

L’écrin du disque est à l’unisson. Sur la pochette : un "autoportrait à l’oreille coupée", quasi-décalqué sur celui de Van Gogh (1889). Outre le bandage et le truc moche sur la tête, la canadienne y va de sa petite couche de pathos supplémentaire avec un fond bien torturé façon "Champ de corbeaux de nuit dans le mistral".
Crise de folie passagère ? Pèlerinage à Arles ? Abattement passager ? Que nenni : avec ce tableau, Joni dénonce sa mise à l’écart médiatique et les difficultés qu’elle rencontre auprès de maisons de disques avides de fric facile. Selon ses propres dires :

Doors had been closed to me, and no one could give me a reason why... So my work was being rejected whereas mediocre work was being accepted and elevated on the basis of newness and youth and, you know, obvious mercantile speculation ran in that direction. So, rather than physically cut my ear off, I did it in effigy. [Huge belly laugh.] I'm not that stupid."
(Propos recueillis par Deirdre Kelly, Toronto Globe and Mail, June 8, 2000)


Si l’on résume : "Joni = Van Gogh = le génie"   versus   "tous-les-petits-jeunes-qui-débutent-et-qui-font-de-la-merde-mais-qui-vendent". Un peu prétentieux, un peu vain aussi, mais mine de rien, le sujet est toujours d’actualité. D’ailleurs, selon une autre interview de la belle, son responsable de label lui aurait avoué :

"Joni, les temps ont changé. Nous ne sommes plus que des marchands de voitures. On en vend des mignonnes et on en vend des puissantes. Mais ce que tu proposes est l'oeuvre d'un génie. Et ça, on ne sait plus le vendre. "
(Télérama n° 3032)


Heureusement, l’humanité, même tardive, sait parfois récompenser ce génie tant loué. A l’inverse de Van Gogh, Joni Mitchell bénéficia d’une reconnaissance pré-posthume grâce à "Turbulent indigo", double fois Grammy awardisé.





Toujours dans la mouvance "Gilette trois lames", poursuivons avec Flat Eric que l’on retrouve en bien mauvaise posture sur «"Lambs anger", nouvel album de Mr Oizo.
Tout le monde se souvient de Flat Eric, cette petite poupée de chiffon jaune qui headbangait pour les jeans Levi’s en 99. Remisée au placard pendant quelques années, voilà que la sympathique mascotte reprend du service… à ses risques et périls.
Rien que le titre, déjà, "Lambs anger"… Désolé mais ça sent le Clarice Sterling et le trip psychopathe à plein nez cette histoire. La pochette confirme nos soupçons : l’ami Eric est décidément dans un bien sale pétrin, à deux doigts de se faire taillader la prunelle par un barbier tête-en-l’air.


Certes, il est commode d’arriver après la bataille pour affirmer que le drame était prévisible. Pourtant, dans ce cas précis, les indices annonciateurs étaient légion. Depuis plus de dix ans, Quentin Dupieux, le "marionnettiste" de Mr Oizo, est connu des milieux autorisés comme un cinéaste attiré par l’absurde, le non-sens, et peut-être bien aussi le thanatisme (et hop ! un néologisme de Jonathan Littell ; vous admettrez que ça fait classe de faire côtoyer Flat Eric avec un Goncourt dans le même article).
En bref, Quentin Dupieux, c’est le genre à rêvasser sous la couette comme tout un chacun devant les œuvres fétichistes de Cronenberg ou les délires insensés de… Buñuel, son maître à penser. Rien d’étonnant, donc, à ce qu’il emprunte au pionnier du cinéma surréaliste le fameux supplice d’intro d’"Un chien andalou" (1929) pour taquiner sa propre création.


On aurait quand même tort de prendre le simulacre de torture à la légère. Un homme capable de réaliser "Steak", avec Eric et Ramzy, étant par définition capable de tout, il y a fort à parier que derrière le clin d’œil à Buñuel se cache une vraie menace : « Si Mr Oizo fait pas plus d’entrées que « Steak » : zip ! Je coupe ! »





On conclura pour cette fois avec une bizarrerie dénichée à Pékin, dernière parution d’un groupe chinois assez populaire en son pays : New Pants. L’album s’appelle "Equal love ", et la pochette s’inspire du "Cri" de Munch (1893), en version nettement plus flashy toutefois.


On sait qu’après des décennies de fermeture politique et culturelle, les peintres chinois se sont pris en pleine poire et d’un bloc tout ce que l’Occident a pu enfanter en termes d’art contemporain au cours du siècle passé. La rencontre a suscité un formidable engouement et une réappropriation totale des patrimoines expressionniste, surréaliste, pop art et j’en passe. De très intéressants artistes se sont révélés à cette occasion, notamment mis à l’honneur cette année avec l’exposition "China Gold" du musée Maillol.


Bon, là, avec le "Cri" version "Equal love", faut pas se leurrer, on navigue plutôt du côté du grand n’importe quoi. Ceci dit la pochette colle assez bien avec la musique du groupe : gesticulante, bécasse, racoleuse… A l’instar de leurs collègues des Beaux-Arts, les New Pants ont tout dû ingurgiter en deux ans, depuis les Ramones jusqu’aux Rapture en passant par la New Wave : le résultat vaguement disco-punk n’est pas encore à la hauteur. Mais patience, ce n’est qu’une affaire de temps.




En bonus, quelques liens, pour ceux qui sont du genre à reprendre trois fois de la bûche :
Rod Stewart : 'The Killing of georgie'
Joni Mitchell : "The Magdalene laundries" 
Mr Oizo : Pourriture 7
New Pants : You are my superstars  (avec des Gabba gabba Hey à la fin !)

Par Chtif - Publié dans : Cover art
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Dimanche 5 octobre 2008
Aujourd'hui, j'ai vu le petit père Guic.

Et comme à chaque fois que je le rencontre, je culpabilise de ne pas mettre à jour ce site.
Saligot, va.

Je profite de l'occase pour remédier en vitesse à cette trahison, avec une petite vidéo découverte aujourd'hui même, le genre de clip-miracle que l'on n'ose plus espérer retrouver : "I fought the law", tout le monde connait vu que tout le monde l'a jouée. Les Stray Cats, Springsteen, les Clash, bien sûr qui en livrèrent la version la plus connue, et plein d'autres apprentis rebelles prêts à narguer les lacrymos (Dead Kennedys, Social Distorsion, la Mano aux grandes heures...).
Même Claude François s'y est collé ("J'ai joué et j'ai perdu" dans une version étonnamment grésillante sur les guitares, mais aux paroles vidées de toute aspiration délinquante pour les besoins du grand public).

La liste n'est pas exhaustive - prière de se reporter à celle de Wikipedia pour les plus obscurs, je ne vais tout de même pas vous la recopier pour faire croire que je les connais toutes. Mais de toutes les reprises qui ont été tirées de ce morceau des Crickets (1959), c'est sans conteste l'interprétation du Bobby Fuller Four en 1965 qui remporte la palme.

Les six-coups de caisse claire au moment de dégainer, la voix qui se casse sur "wooh she's the best girl that I have ever had" (j'ai d'ailleurs longtemps cru que Bobby était noir), tout y est. Il ne manquait plus que la vision scopitone avec les applaudissements d'époque pour mettre la touche finale le tableau. Tant d'innocence pour une chanson devenue aujourd'hui un vrai manifeste, ça coupe le souffle.



Cerise sur le gâteau, on trouve une deuxième version du quatuor agrémentée d'excitantes petites hors-la-loi qui jouent du Smith&Wesson. Ah ça avait une autre gueule tout de même.




Les geeks musicaux ne manqueront pas de s'ébahir sur le fait que Bobby Fuller fut retrouvé mort dans sa caisse dans des conditions carrément douteuses, quelques semaines seulement après la sortie du morceau. Contusionné et couvert d'essence, la police conclut... à un suicide. De quoi alimenter bien des paranos, donc.

Par Chtif - Publié dans : Every song tells a story
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Ptite pensée ...


Ce site est dédié au plus imprévisible  des chefs cuistos: Keith Moon.
(c'est un peu le bordel sur ce site : il aurait adoré)

La plupart des chroniques publiées ici sont aussi dégotables sur http://www.sefronia.com .



Ils parlent du Chtif : ça prouve qu'ils ont bon goût (ah ah...)
Un jour, un site
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