"The Dirt" - Mötley Crüe

Publié le par Chtif

“Vous connaissez Mötley Crüe ? Non ? Alors, comment dire ?… est-ce que par hasard ça vous dit quelque chose, euh… la drogue ?”

 

La formule est de Thomas DVB. Quelque part, on pourrait dire qu’elle résume parfaitement tous les tenants et les aboutissants du groupe de Tommy Lee (pour n’en citer que le membre le plus connu – j’allais dire : le plus imposant). Quelque part aussi, on pourrait s’arrêter là et passer autre chose. Après tout, s’il est un groupe dont tout le monde se branle aujourd’hui, c’est bien Mötley Crüe. Tentez un sondage parmi vos relations, sans doute trouverez-vous pas mal d’amateurs de grosses bouses 80’s, mais pas un n’aurait l’idée même de défendre Mötley Crüe.

 

Il faut dire que le groupe n’a rien fait pour éviter cette situation : enlevez-lui la défonce et le maquillage, il ne restera qu’une enveloppe blette à peine garnie d’un ou deux morceaux, disons simplement mémorables. Aujourd’hui, cependant, il y a prescription, et l’on peut considérer la chose sous un angle plus affectif : après tout, les Crüe ne sont pas les seuls à avoir basé leur carrière sur le membre du chanteur. Et puis, avouons-le, les gamins que nous étions adoraient ces histoires de batterie tournoyante, de groupies à la queue leu leu devant les loges. Les exigeants avides de détails supplémentaires en trouveront quantité dans « Dirt », la bio officielle du groupe, traduite en français six ans après sa première parution US.

 

Vince Neil : " je viens vous chanter la ballade, la ballade, des gens heureux..."

Tout y passe, des squats cradingues des débuts jusqu’aux limousines de la belle époque, puis les filles, les bastons, les psychotages de Mick Mars l’autiste, les accidents mortels, les overdoses de Nikki Sixx, la totale. Et surtout, il y a ces histoires semi-légendaires que l’on se transmettait de rocker en fils, le soir à la chandelle, avant qu’elles ne trouvent confirmation dans ces pages : les guirlandes de seringues à Noël, les lignes de fourmis avec l’ami Ozzy… Au rayon pitreries, les Crüe sont de bons élèves, c’est indéniable (même si malgré tous leurs efforts, ils n’arrivent pas à détrôner le poisson-chatte de John Bonham). L’amateur de sensations fortes en aura pour son argent. On imagine sans peine l’armada d’avocats qu’il aura fallu convoquer pour achever ce bouquin où chaque membre du groupe prend bien soin de préciser qu’il a baisé la femme de l’autre (et celle du manager, et la votre aussi, sans doute). Certes, les purs mélomanes risquent de rester sur leur faim : il faut attendre la page 309 et la première cure de désintoxication collégiale du Crüe pour entendre parler un peu de musique. Là n’est pas le propos de toutes façons.

 

le Crüe au complet pour sa douche annuelle


A la fin du bouquin, le ton change : tout le monde essaie d’avoir l’air mature, et commence à parler de ses gamins, du bonheur et de la difficulté d’être père etc… Alors là, c’est le bouquet. M’est avis qu’en fait, nos pieds nickelés avaient une belle conditionnelle sur le dos pour une raison ou une autre, et qu’ils se sont dit : « faisons un bouquin pour dire qu’on a peut-être une peu abusé avant mais que tout ça c’est derrière nous, et le juge sera plus coulant ». Tommy Lee a d’ailleurs l’air absolument débile quand il essaie de passer pour un père attentionné. A la naissance de son gamin, il a dit :

« I love you, Brandon,

my son »

 et il a trouvé que ça faisait une rime tellement géniale qu’il décida d’en faire toute une chanson. Elle est sur le best of, c’est un calvaire.

 

Au final, le plus intéressant (et inattendu pour ce type d’ouvrage), c’est qu’au-delà des aventures somme toute rigolotes de nos héros se dessine en filigrane une espèce d’épopée rock’n rollienne typique. Epopée vouée à l’échec de façon tellement évidente qu’elle en devient un cas d’école. « Dirt » expose à peu près tout l’éventail de ce qu’il faut faire ou ne pas faire pour qu’un groupe capote. Les apprentis rockeurs prendront donc le temps de retenir les leçons essentielles de « Dirt » afin d’espérer ne pas finir dans le caniveau (ou en prison, ou tout simplement mort). Résumons-en les grandes lignes ici. Un : les filles foutent la merde dans tous les groupes. Deux : les avocats aussi. La messe est dite.


En bonus, parce qu'on n'est pas radin sur les bonus chez le Chtif, une vidéo pas si mauvaise de "Shout at the devil", avec un petit déhanché de Vince Neil qui à lui seul explique le succès du groupe.

 



via Sefronia (c)

Publié dans BD & Bouquins

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Ysa B. 01/01/2011 20:23



Haha, que voilà un article pertinent,quoi qu'un peu trop même.. C'est dit tellement cyniquement ! J'parle pas en fan énamourée des Crüe,nan j'en suis pas encore là,pis attention y'en a des
mémorables mais y'en a qu'on rayerait sans problèmes ! Et c'est pas l'auteur du site qui dira le contraire ! Ma foi, c'est vrai qu'ils ont touché le fond, mais ça se comprend quelque part,c'était
un des seuls moyens de se faire une réputation,aussi mauvaise soit-elle.. Et d'autres groupes ont suivi dans cet esprit de débauche, c'était la grande mode, à qui celui enchaîne le max de cure de
désintox' ! D'un autre côté on peut pas leur jeter la pierre comme ça,ça reste un bon groupe de Heavy, de Glam devrais-je dire,et si il y a encore des gens pour faire leur promotion ! Ici ! Pis
j'suis loin d'être la seule. Comparé à Discharge qu'a totalement coulé,puis des groupes scandinaves qui ont eu  leur heure de gloire mais bel et bien passée.. Non franchement même si leurs
derniers albums étaient assez merdiques,il faut bien une chute,ils restent dans les mémoires des vrais amateurs de heavy...


Quant à Dirt(revenons à nos moutons !), je l'ai pas lu,il me tentait bien, mais vu la description ici faite, comme quoi c'est superficiel et ça parle pas vraiment de musique.. Bah si j'le trouve
à la bibliotèque c'est toujours ça à se mettre sous la dent hein ! Mais sinon j'avoue que je ne sais pas si je suis prête à dépenser 34€.. Quelqu'un l'a et peut le prêter gratis ? B-)


 


Ysa.



Guic' the old 30/07/2008 10:50

La pub de retour chez Chtif' !!!Mais c'est pas possible!

SiN 29/07/2008 20:12

BonjourJe viens de créer la communauté "webzine musical" sur over-blog. Si vous voulez la rejoindre et participer à développer l'influence de votre blog, rejoignez nous à cette adresse. A bientôt

G.T. 02/07/2008 13:03

Eh, Chtif, t'es obligé de revenir, là ! Tu ne vas tout de même pas laisser encore plusieurs mois ton blog avec Mötley Crüe en page d'accueil ! :-)

Zamensis 05/06/2008 16:59

Methods Of Mayhem n'est pas trop mal, mais c'est très répétitif et très simple. C'est du commercial, quoi. Par contre, je t'invite, si ce n'est déjà fait, à écouter 58, Brides Of Destruction et Sixx AM qui sont des side-projects de Nikki Sixx chacun très réussis. Vince Neil en solo n'est vraiment pas terrible et Mick Mars... quand il n'est pas avec Mötley Crüe, on ne sait pas où il est. =P