Chronique de "Virginia Creeper" - Grant Lee Phillips - 2003

Publié le par Chtif

Si "Mobilize", le premier album en solo du chanteur de Grant-Lee Buffalo jouait la carte de l'ambiance électro, "Virginia creeper", lui, est empreint de sobriété et marque le retour aux sources. Première surprise en ouvrant le boîtier du disque, on découvre en photo-montage un Grant-Lee pour la première fois souriant, apaisé, aux côtés de son double mélancolique, plus familier. Album du changement ? La réponse est oui, sans aucun doute : si Grant-Lee avait depuis "Fuzzy" progressivement développé des climats de plus en plus sereins, on entend sur "Virginia creeper" un artiste mûr mais aussi parfois plus insouciant et heureux de l'être. L'émotion est présente bien sûr, plus que jamais même, mais tournée vers l'optimisme, comme le sentiment d'avoir connu des obstacles, des doutes, et d'avoir réussi à les surmonter.

Démarrage en beauté (Grant-Lee Phillips est coutumier du fait) avec "Mona Lisa" qui séduit immédiatement : sa capacité à charmer l'auditeur reste aussi énigmatique que le sourire de la dame ! La série de portraits qui suivent ("Lily-a-passion", "Calamity Jane", "Josephine of the swamps"...) dépeignent la douceur mais aussi la sécheresse et l'amertume de l'Amérique rurale. Plus de boîte à rythme désormais, mais un groupe chaleureux, soutenu par accordéon, quartet de cordes, banjo et ukulélé (Jon Brion déjà présent sur "Jubilee") qui donnent parfois une couleur "western" à cet album, le tout très acoustique, une production soignée mais authentique et dénuée d'effets inutiles.

Curieusement, "Virginia creeper" rappelle de temps en temps (sur "Susanna little" notamment) les chansons de Bruce Springsteen, ou encore Aimee Mann, comme témoignages profondément empreints d'humanité et de mélancolie, presque de bienveillance. Grant-Lee Phillips n'est pas qu'un artiste inexplicablement doué pour nous émouvoir, mais un ami au côté duquel nous aussi, depuis des années, évoluons.

Morceaux qui Tuent
   Susanna little
   Mona Lisa


Et en bonus, Grant Lee et ses drôles de zoziaux du temps du Buffalo (on aurait pu mettre "Fuzzy", ben non, ce sera "Mockinbird" en live). Pour une autre chronique de Grant Lee sur ce blog, c'est ici : "Mobilize" (2001)

Et enfin,  un morceau en écoute dans la radio : "Mona Lisa"


via
Sefronia (c)
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Publié dans Chroniques disques

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C
Merci pour ta visite, Oliv.
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O
Merci pour cet article et toutes ses infos !!
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C
Ola Thom,j'ai réécouté l'album ce matin, et ça confirme l'avis d'hier... Les reprises sont sympas, bien faites, mais c'est impersonnel et... bon on se fait un peu chier, voilà tout. "Age of consent" (New Order), et le Cure sont celles qui m'ont le plus retenu l'attention pour l'instant.
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T
Hello Chtif, j'espère que la flagellation s'est bien passée :-)<br /> Pour la toute mimi reprise...hum...bah j'en sais rien, je ne voudrais pas porter de jugement sur le disque après écoute d'un seul titre mais c'est sûr que si tout est du même accabit je ne vois pas trop l'intérêt - surtout que bon c'est Grant Lee...ce que je veux dire c'est qu'un album de reprises, avec les droits et tout ce que ça implique, ça va lui coûter plus que ça ne va lui rapporter, on ne peut même pas l'accuser de vouloir faire du fric...:))
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C
je me flagellerais ce soir, sans faute.oui, je suis d'accord avec toi. Mignonne sans plus. Et tout le reste de l'album est du même acabit... C'est joli, mais ce n'est pas Grant Lee, alors que nous ce qu'on aime c'est ce qu'il a en dedans
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