On commence avec La Manutention, sympathique groupe de chanson rock française qui
débarque un peu de Dijon, un peu de Metz, un peu des Vosges, enfin on ne sait pas trop, peu importe tant qu'il y a un troquet dans le coin pour fêter les retrouvailles. Trois gars, trois filles, l'équation idéale pour une soirée à croiser les sourires dans le reflet de la tireuse. En toute logique, les onze chansons de leur premier album "En chantier" se dégustent comme autant de petits ballons de blanc au comptoir. Les compositions font partie du cépage classique mais derrière les éléments habituels (la voix un peu erraillée, la guitare sèche et la caisse claire qui roulent dans l'arrière salle), se dégagent de charmantes notes de violon, d'accordéon et de flûte. Au fond tinte un glockenspiel comme on trinque les verres. Une Tête Raide pointe souvent son nez, mais reste un agréable compagnon de coudée pas trop envahissant. Tous les registres sont abordés : les contines à la Dickens ("La rue", en porte-à-faux entre ses couplets emballés et ses refrains tristounes), les petites tranches humoristiques ("Robert", et son évocation des "voix vulgaires" des VRP), et la guinguette qui valse...
On y parle de guitare, de chômdu, de Monctceau-les-Mines, des filles et de la vie surtout. Le trait est un peu forcé d'ailleurs, s'appesantit un peu sur le côté authentique et rural, mais c'est un aspect inhérent au genre. Les textes se réservent une marge de progression mais font déjà quelques jolies étincelles, semblant parfois accouchés sur le zinc bien après que les chaises aient été retounées sur les tables. A ce propos, messieurs-dames de la Manutention, surveillez l'auteur du "Surréaliste", il devait être au taquet, là.
Pour une auto-production, le boulôt accompli est impressionnant : son nickel, pochette à l'unisson. On regrette juste qu'ils n'aient pas livré le concert qui va avec. Pour se consoler se niche au creux du disque une petite perle océane, "La Marinette", un duo mixte revigorant comme une ballade en bord de falaise. Il y a des falaises à Dijon ? Dans leur troquet, il paraît qu'on en a vu. Pas "cru voir", hein, "vu".
Le site de la Manutention, c'est ici, rendez-leur une petite visite (4 morceaux en écoute).
Et un morceau en écoute dans la Radio, "la Marinette".

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sans guitare électrique (ni même acoustique). Pour ça, il fallait une bonne raison et l’électro ethnique de
ée par l’aspect visuel très évocateur des morceaux : souffles inquiétants, grincements de porte et bruits rampants concourent à l’ambiance cinématographique du projet, définitivement plus proche de "Midnight express" que de "7 ans au Tibet " !
dans la musette. « Brille », le petit dernier, nous dévoile une formation bien rôdée aux affres de la composition. Bel emballage et bonne mise en place, le groupe ne se contente pas d’amateurisme : ça tombe bien,
dans le tapis des arrangements, le garçon est à l’aise dans tous les registres, on sent le studieux. Studieux, mais pas polar pour autant : les cordes volettent entre arpèges acoustiques et grosses poussées dans le rouge avec naturel et aventurisme. On aurait bien vu « Que tu me pièges », deuxième partie d’un diptyque à tiroir, apporter un peu de fraîcheur sur « Europe et haines » de
générations de téléphages abrutis, la petite peste du village s’est fumée les couettes aux coquelicots. Le résultat est là : un maxi de cinq titres bien suintant de hard à vous moissonner un douze hectares au premier accord. Riffs simples-mais-efficaces, comme on dit au village, sens du break qui relance la machine, production lustrée au Jack Daniels, dans l’Olson tout est bon. La guitare fait son blues sur un tempo punk, vire carrément métal quand la récolte est bonne, on a l’impression d’entendre du
groupe « punk rock metal » (c’est marqué sur la pochette) qui apprécie en fait particulièrement les petites virées en territoire hardcore. Vous allez me dire, des groupes hardcore, y’en a plein les autobus en France. Je vous répondrai, d’un que c’est pas faux, et de deux que la petite tranche de poilade fait la différence chez
tre chose. Le Gibus n’est après tout qu’à quelques encablures. Cette fois, cependant, 1900 pique notre curiosité : les musicos tapent dans la trentaine, sont bien sapés mais pas fashion pour autant, la guitare a de la gueule (je sais pas ce que c'est exactement, y'a sa photo à côté) bref, ça sent l’honnête et le distingué.
quatre titres, tous en écoute sur leur
substantifs, là, sinon on va se retrouver avec du country youngesque, et des solos metallicants, j’aurai l’air de plus en plus con) Le mélange est populaire aujourd’hui, et au final, les influences se font plus envahissantes qu’en concert, dommage : 1900 cite les Raconteurs, et effectivement, ça y ressemble, au moins sur la moitié des titres. « Some goats » se démarque un peu, plus rocailleux, plus cradingue, le groupe se rapproche un peu de Pavement à ce moment-là. Avec une production au diapason pour aider le groupe à trouver sa voie, nous pourrions entendre reparler de 1900. Une fois lancés, leur aisance scénique fera le reste. Pour s’en convaincre, rendez-vous à



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