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Chtif mange beaucoup plus de disques que de raison et en déglutit pas mal de chroniques

Grands crus, piquettes moisies, vieilles recettes de grand-mère ou bizarreries post-modernes se succèderont ici sans distinction ni sectarisme, au rythme du mange-disques uniquement.

Et s'il vous reste une petite place pour le digestif, il y aura aussi quelques petites revues bds et bouquins, histoire de pas partir la bouche sèche.     

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 Radio Chtif

 

 

free music

Nouvelle Radio !
Lisez les articles en découvrant un extrait !

 


Brèves de comptoir


8 juin 2009

 


Un (gros) clin d'oeil vers le site d'un photographe espagnol rencontré sur la route : Marcos Garcia.

Ce gars-là parcourt le monde entier et en revient à chaque fois avec des images à tomber par terre. Couleurs, composition... on est pas loin du génie, et je pèse mes mots.

(Bon, là, j'ai mis un punk parce que j'aime bien Camden Town, mais que ça soit un portrait indien, sénégalais ou laossien, c'est toujours aussi bon.)



Suerte, Marcos.



13 Mai 2008

Juste un petit coup d'auto-promo pour une chose sans grande importance :

Small Shots

  Et pour les amateurs de n'importe quoi :

Ned et Frico




 

Pour lire toutes les Brèves de Comptoir, c'est ici !

 

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The kids are alright

Vendredi 15 septembre 2006
Premier article de cette nouvelle catégorie, "The kids are alright", consacrée aux jeunes pousses du rock qui se lancent la bave aux lèvres dans l'autoproduction !  N'hésitez pas à jeter ici un oeil et une oreille sur ces groupes en devenir qui feront sans nul doute parler d'eux. Si toi aussi, tu es un futur grand, et que tu veux figurer dans cette catégorie, va titiller le "Contact" en bas de la page.


On commence avec La Manutention, sympathique groupe de chanson rock française qui débarque un peu de Dijon, un peu de Metz, un peu des Vosges, enfin on ne sait pas trop, peu importe tant qu'il y a un troquet dans le coin pour fêter les retrouvailles. Trois gars, trois filles, l'équation idéale pour une soirée à croiser les sourires dans le reflet de la tireuse. En toute logique, les onze chansons de leur premier album "En chantier" se dégustent comme autant de petits ballons de blanc au comptoir. 

Les compositions font partie du cépage classique mais derrière les éléments habituels (la voix un peu erraillée, la guitare sèche et la caisse claire qui roulent dans l'arrière salle),  se dégagent de charmantes notes de violon, d'accordéon et de flûte. Au fond tinte un glockenspiel comme on trinque les verres. Une Tête Raide pointe souvent son nez, mais reste un agréable compagnon de coudée pas trop envahissant. Tous les registres sont abordés :  les contines à la Dickens ("La rue", en porte-à-faux entre ses couplets emballés et ses refrains tristounes), les petites tranches humoristiques ("Robert", et son évocation des "voix vulgaires" des VRP), et la guinguette qui valse...


Les charmantes sirènes de La Manutention

On y parle de guitare, de chômdu, de Monctceau-les-Mines, des filles et de la vie surtout. Le trait est un peu forcé d'ailleurs, s'appesantit un peu sur le côté authentique et rural, mais c'est un aspect inhérent au genre. Les textes se réservent une marge de progression mais font déjà quelques jolies étincelles, semblant parfois accouchés sur le zinc bien après que les chaises aient été retounées sur les tables. A ce propos, messieurs-dames de la Manutention, surveillez l'auteur du "Surréaliste", il devait être au taquet, là.

Pour une auto-production, le boulôt accompli est impressionnant : son nickel, pochette à l'unisson. On regrette juste qu'ils n'aient pas livré le concert qui va avec. Pour se consoler se niche au creux du disque une petite perle océane, "La Marinette", un duo mixte revigorant comme une ballade en bord de falaise. Il y a des falaises à Dijon ? Dans leur troquet, il paraît qu'on en a vu. Pas "cru voir", hein, "vu".


Le site de la Manutention, c'est ici, rendez-leur une petite visite (4 morceaux en écoute).

Et un morceau en écoute dans la Radio, "la Marinette".



Par Chtif
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Lundi 11 décembre 2006
Aujourd’hui, le blog déroge un peu à sa ligne de conduite habituelle avec un disque garanti 100 % sans guitare électrique (ni même acoustique). Pour ça, il fallait une bonne raison et l’électro ethnique de The Orientalist en est une.

"Electro ethnique" ? Le terme peut laisser les non-initiés (et j’en suis) dubitatifs. Se pencher sur les titres évocateurs façon "National geographic" fournit déjà un élément de réponse : "Saturated vietnamese radio", "Arabic ensemble trapped in a desertronic sound storm", "Islamatronic Cantiliation"… Dix morceaux et autant de destinations différentes où se confrontent instruments traditionnels (cloches, flûtes, tablas…) et rythmes hip-hop,  mélopées lointaines et craquements industriels : deux mondes aux antipodes l’un de l’autre qui se percutent puis se confondent.

Un gros boulôt est réalisé sur les samples et le traitement des sons. Le style est épuré et prend son temps pour définir des climats globalement oppressants. On évite de très loin l'écueil world-lounge estampillé "Bouddha bar" avec un sitar rigolo sur rythme techno cool. Paradoxalement, les sons ethniques ne permettent pas souvent d'évasion, ni ne sonnent comme la promesse d’un ailleurs libérateur. "1000 sounds lotus" est une geôle balayée de flots de saturation ronflante d’où l’on aurait bien tort de s’échapper. Une impression   relay ée par l’aspect visuel très évocateur des morceaux : souffles inquiétants, grincements de porte et bruits rampants concourent à l’ambiance cinématographique du projet, définitivement plus proche de "Midnight express" que de "7 ans au Tibet " !


Le bazar de la soie au Caire
David Roberts


The Orientalist laisse tout de même la pression s'échapper sur les tablas enlevées de "Islamatronic", ou la basse de "Zanzibar in Dub". Mais c’est avec les trompettes tibétaines et les chants ancestraux de "Tibetan monks playing fuzzy bass tablas" que le disque trouve son point culminant.

"1000 sounds lotus" est autoproduit et qui plus est téléchargeable en intégralité. Que ça ne vous empêche surtout pas d’acheter quand même le disque original en contactant l’auteur nancéien sur son site, histoire de soutenir ce disque réalisé avec passion et simplicité. En attendant les suivants !

via Sefronia (c)
Par Chtif
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Jeudi 29 novembre 2007

Au diable les têtes d’affiches, place aux jeunes pousses. Trois enfants de la balle sur la pesée pour cette nouvelle cargaison des « Kids are alright ».

 

On commence avec Orpheus, qui va bientôt souffler ses 5 années d’existence avec deux albums dans la musette. « Brille », le petit dernier, nous dévoile une formation bien rôdée aux affres de la composition. Bel emballage et bonne mise en place, le groupe ne se contente pas d’amateurisme : ça tombe bien, Orpheus cumule quelques atouts pour espérer sortir du créneau. Les férus de chanson française trouveront leur bonheur avec des morceaux mi-naïfs mi-lucides, saupoudrés d’influences plus ethniques (samba, jazz tsigane…) afin de ne pas gâter la tambouille. Le chant surprend au départ, mais impose son caractère au fur et à mesure que défilent les plages.

 

Les rock-addicts  mettront un bémol  sur les textes un peu bavards et quelques intitulés poussifs à la poète disparu (« Anophèle », « Itératif »…). Camper sur cet a priori serait toutefois bien dommage, tant la guitare abat un joli boulôt. Jamais avare d’une petite ligne enfouie tout derrière, dans le tapis des arrangements, le garçon est à l’aise dans tous les registres, on sent le studieux. Studieux, mais pas polar pour autant : les cordes volettent entre arpèges acoustiques et grosses poussées dans le rouge avec naturel et aventurisme. On aurait bien vu « Que tu me pièges », deuxième partie d’un diptyque à tiroir, apporter un peu de fraîcheur sur « Europe et haines » de Trust (ce qui est un compliment, n’oublions pas que la bande à Bernie savait être efficace, dans le temps).

 

Changement de ton avec The Real Nelly Olson, voui voui, celle de la petite Niaiserie. Lassée de faire des misères à la fille du bûcheron devant des générations de téléphages abrutis, la petite peste du village s’est fumée les couettes aux coquelicots. Le résultat est là : un maxi de cinq titres bien suintant de hard à vous moissonner un douze hectares au premier accord. Riffs simples-mais-efficaces, comme on dit au village, sens du break qui relance la machine, production lustrée au Jack Daniels, dans l’Olson tout est bon. La guitare fait son blues sur un tempo punk, vire carrément métal quand la récolte est bonne, on a l’impression d’entendre du Cramps en accéléré et didiou ça dépote.

 

La chanteuse, rebaptisée Kler Chacal (au cas où vous n’auriez pas compris), est une fille plus que fréquentable qui s’égosille à la perfection. Laura Ingalls n’étant plus dans les parages, c’est son micro qui déguste. Plus appréciable encore, la petite furie ne renie pas complètement sa féminité, et sait s’adoucir par moments pour mieux faire des crasses par derrière (« Lobotomization ») ; cajolements de courte durée, mais tout de même, ça nous change des camionneuses qui se grattent les parties 24 sur 24 pour jouer au dur.

 






 






Vous me donnerez l'adresse de son relooker.



Attention, mine de rien, avec ses titres sans complexe aux allures d’hymne (« Girls love Rock’n Roll »), « Rockin’ ages »  pourrait bien poser là les fondations d’un futur monument. On verrait bien ces petits lillois dresser leurs noires guitares comme mâts de cocagne et détrôner les Datsuns dans nos franchouillardes contrées. Amis tractophiles, en bref, mettez du Nelly Olson dans votre Mc Cormick, il vous pliera K2000 en deux coups de cuiller à pot. 

 

Pour conclure, je me suis bien marré avec « A vendre », le deuxième album de Already Salted, groupe « punk rock metal » (c’est marqué sur la pochette) qui apprécie en fait particulièrement les petites virées en territoire hardcore. Vous allez me dire, des groupes hardcore, y’en a plein les autobus en France. Je vous répondrai, d’un que c’est pas faux, et de deux que la petite tranche de poilade fait la différence chez Already Salted. Un hommage au regretté Claude dans « Si j’avais un couteau », des paroles « keupons » divertissantes, ce qui est tout de même le principal, mais pas mal écrites finalement, et surtout quelques idées sortant du schéma bourrin classique (le rythme de « Graine de folie » par exemple). Ca fleure bon le « fais tout toi-même », et le disque sort plutôt du lot dans une catégorie hyper saturée en formations plus ou moins (et surtout moins) douées.

Charmants bambins...

 

That’s all folks, à la prochaine fournée.

 

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Par Chtif
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Mercredi 26 décembre 2007

 Il est des claques dans la gueule qu’on ne voit pas venir.

 

Ma dernière en date s’appelle 1900, rencontrée au détour d’un tremplin de banlieue. Généralement pas le lieu pour se prendre un aller-retour, et pourtant le troisième groupe qui débarque ce soir-là en veste à carreaux sur scène va m’en coller une bonne.

 

De nos jours, voir débouler un groupe sapé à la Mods est plus inquiétant qu’au tre chose. Le Gibus n’est après tout qu’à quelques encablures. Cette fois, cependant, 1900 pique notre curiosité : les musicos tapent dans la trentaine, sont bien sapés mais pas fashion pour autant, la guitare a de la gueule (je sais pas ce que c'est exactement, y'a sa photo à côté) bref, ça sent l’honnête et le distingué.

 

30 minutes de concert et blam !, confirmation : le trio balance un rock garage du meilleur aloi, sous forte influence Rhythm and Blues 60’s, bien entendu (trio oblige, déjà). Le chanteur-guitariste est impeccable : toucher aguerri et pas timide, corps qui trépigne et sosie vocal de Jack White par instants, on le sent conquérir sa petite audience et prendre confiance, à deux doigts de l’implosion. Le batteur est une Red Bull sur caisses, il en remet une couche avec des rythmiques speed comme pas permis, la banane aux lèvres, un vrai Hives en puissance. Et le bassiste, me demanderez-vous ? Ben dans la tradition : discret, appliqué, efficace. M’ont carrément fait penser aux Jam, à ce moment-là.

 

Bon, sorti du concert, peu de chose à se mettre sous la dent, malheureusement : une auto-prod’, tout de même, avec quatre titres, tous en écoute sur leur Myspace. Jolie couverture rouge déjà, avec un corset rétro dans le genre « chanteuse de Blanche ». Tiens, ça m’a rappelé aussi une nancéienne au look incroyable et parfaitement cohérent : taille de guêpe vertigineuse, talons hauts bandants, petit pépin anglais délicatement reposé sur des gants de dentelles. Impossible de la louper en ville, elle semblait rescapée de l’époque victorienne ; toutes les gothiques en herbe enviaient sa classe. Bon ceci dit, je l’ai croisée une fois au tout bête rayon indé de la Fnac , ça m’a un peu détruit le mythe, je l’imaginais bien s’envoyer du Bauhaus en suçant des prunes dans un manoir. Bon, je m’égare, là, tout ça pour dire, que l’esthétique un peu « maison close » de 1900, j’adhère à 100 %.

 

Ecoutés à tête reposée, les morceaux dévoilent un large savoir-faire : rock beatlesien, ballade et incursion dylanienne à l’harmonica… (résolution 2008 : arrêter de contrarier les substantifs, là, sinon on va se retrouver avec du country youngesque, et des solos metallicants, j’aurai l’air de plus en plus con) Le mélange est populaire aujourd’hui, et au final, les influences se font plus envahissantes qu’en concert, dommage : 1900 cite les Raconteurs, et effectivement, ça y ressemble, au moins sur la moitié des titres. « Some goats » se démarque un peu, plus rocailleux, plus cradingue, le groupe se rapproche un peu de Pavement à ce moment-là. Avec une production au diapason pour aider le groupe à trouver sa voie, nous pourrions entendre reparler de 1900. Une fois lancés, leur aisance scénique fera le reste. Pour s’en convaincre, rendez-vous à la Flèche d’Or (Paris 20ème), le 8 janvier prochain.

Par Chtif
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Ptite pensée ...


Ce site est dédié au plus imprévisible  des chefs cuistos: Keith Moon.
(c'est un peu le bordel sur ce site : il aurait adoré)

La plupart des chroniques publiées ici sont aussi dégotables sur http://www.sefronia.com .



Ils parlent du Chtif : ça prouve qu'ils ont bon goût (ah ah...)
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