Ce Dvd est l'objet idéal pour faire fuir des amis envahissants en fin de soirée. Deux concerts d'Alien Sex Fiend à leurs débuts, voilà de quoi vaincre l'obstination des invités les plus acharnés.
Premier concert à Birmingham en 1983. Nik Fiend semble avoir bouffé un cimetière derrière son
maquillage blafard (Marilyn Manson n'a eu qu'à pomper). Il ne sait pas chanter, mais se déchire la gorge avec conviction. Le batteur, lui, est totalement à la masse. Ce qui n'est pas bien grave d'ailleurs, vu qu'on ne l'entend quasiment pas du concert, bien dissimulé (et deux ans plus tard complètement remplacé) par la boîte à rythme. Boîte à rythme vaguement gérée par la compagne de Nik, Mrs Fiend, qui n'a pas l'air au mieux, elle non plus. Seul le guitariste, stoïque, semble encore à peu près potable. A priori, pas de quoi casser trois pattes à un croque-mort, mais suffisamment en tout cas pour que tous les individus raisonnables aient déjà débarassé le plancher.
La suite se déguste seul, comme un bon film de zombies à l'italienne, et là, miracle, la sauce prend petit à petit. L'air de rien, les rythmes répétitifs et les guitares façon Cramps-Stooges remplissent bien leur office hypnotique. On s'engourdit progressivement, les yeux rivés sur l'image verdâtre, et les effets en sur-impressions à trois francs six sous, mais pas ridicules pour autant. C'est malsain,ça fait frissonner à l'occasion ("I am a product", petit trésor caché), mais c'est surtout pour rire. A l'instar de leur aîné légendaire, Alice Cooper, les Alien Sex Fiend sont restés de grands enfants, jouant aux gothiques sans se prendre les cheveux dans les toiles d'araignée. A noter que les tignasses pas possibles de l'époque valent à elles seules le coup d'oeil.
La deuxième partie est plus récente (1985), tournée à Tokyo dans un club bas de plafond devant des japonais que l'on aurait cru plus réservés. Le set, entrecoupé de courtes interviews, est mieux filmé, plus agité, mieux maîtrisé également (le batteur joue, cette fois). On en perd un peu le côté amateur qui faisait tout le charme "poétic-horrifique" du premier show. Mais c'est au profit d'une mise en valeur des qualités d'écriture du groupe (le single "Ignore the machine" en tête).
Précisons enfin qu'aucune substance louche n'a été sollicitée pour la rédaction de cet article. Dans le cas contraire, classer ce disque en "immortel" aurait paru tout à fait raisonnable.
Nik Fiend en plein nettoyage trimestriel
Morceau qui Tue
I am a product
Bonus: le clip pas très sain de "Ignore the machine"
Article via Sefronia (c)
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La carrière de Wayne County ressemble au parfait parcours du combattant punk, à ceci près qu'il a choisi de franchir les obstacles... en jupette et bas résille.
et s'impose rapidement grâce aux radicaux "Fuck off" et "Toilet love". C'est en 79, juste avant son départ pour Berlin (encore un bon choix au bon moment) que Wayne devient "officiellement" Jayne. Plusieurs performances suivront dont la pièce transgenre "Les girls" aux côtés de Holly Woodlawn (l'ex ado de la Factory et travesti, fameux Holly du "Walk on the wild side" de Lou Reed).
Même le poids lourd "If you don't want to fuck me baby, baby fuck off" vient mourir sur la glissière (on imagine le nombre d'éconduits...). Et le son faiblard n'arrange rien. Dommage car le groupe derrière bastonne convenablement. Comme beaucoup de peep-girls en fin de course, Jayne County est passée des paillettes aux rades miteux dont elle ne ressort que pour quelques (a)mateurs d'ex-starlettes à la chair flasque, mais chargée de souvenirs. Triste conclusion mais bon sujet d'émission pour la télé-poubelle.
Puis, son cavalier : Roger Daltrey, chanteur efficace, bagarreur, mais réduit à jouer les seconds rôles derrière son génie de leader.
celui du "greatest clips" sans âme. Dirigé par un fan, il consiste en un patchwork passionnant et bordélique qui prouve tout simplement que personne ne pouvait surpasser les Who sur scène. Il n'y a qu'à regarder pour s'en convaincre ce "See me, feel me" définitif, asséné à Woodstock. Daltrey y est impérial. A bout de souffle, Townshend a les doigts ensanglantés mais continue de frapper sa guitare... Devant 400 000 festivaliers nocturnes, il ne s'agit plus de musique, mais de communion. Townshend offre un refuge, un exutoire complet pour toute une g-g-g-g-génération alors pleine d'espoir utopique d'un monde meilleur. En seul rival crédible d'Hendrix, il fait corps avec son instrument, le maltraite, le caresse, et déploie une dynamique sonore inédite au cours de "Sparks".
Aujourd'hui, avec deux pièces en moins (Keith Moon, donc, et John Entwistle, mort d'une overdose en... 2002), la fin de partie approche. La révolution globale rêvée par Townshend n'aura pas eu lieu, mais les Who auront tout de même réalisé le tour de force de faire fantasmer les foules en étant l'un des groupes les moins glamours du rock.
panne d'inspiration et qui forge les tragiques destins. Pete Townshend ne s'est jamais vraiment remis de l'échec du projet "Lifehouse" et du mauvais accueil reçu par "Quadrophenia". Il passe son temps à chercher au fond des verres un nouveau miroir à briser pour libérer ses pulsions créatrices, concurrençant son lunaire batteur dans l'abrutissement massif.
ui qui, aux anges, remercie en direct ses trois meilleurs amis s'écroulera sur la scène de Boston, quatre mois plus tard. Puis tout déclinera, jusqu'à l'ultime galipette du merveilleux cabotin qui marquera la fin de la plus belle virée électrique qui nous ait été donnée de voir de ce côté-ci des étoiles.


Mots doux...