Keenan est le détenteur d'une formule unique alliant le métal le plus dense aux assemblages les plus complexes, une alchimie infaillible qui lui valut la réputation de "Pink Floyd métal".Dès les premières secondes de "Vicarious", les craintes d'un affaiblissement s'effondrent. D'emblée, Tool nous sangle fermement sur une chaise, les yeux rivés sur un écran où défilent d'insoutenables images. Meurtres, catastrophes, drames : le spectacle de notre violence ordinaire sur petit écran, celui dont on nourrit nos appétits voyeuristes le soir en famille ("I need to watch things die from a distance, Vicariously, I live while the whole world dies, you all need it too - don't lie"). Les guitares, lourdes, perçantes, montent en spirales géométriques pour mieux nous accabler.
La tension ne se relâche pas par la suite. "Jambi" déploie un groove qui faisait parfois défaut sur le précédent album, très (trop ?) technique, le tout sur des rythmes impossibles tenus de main de maître par un Danny Carey inhumain de virtuosité aux toms.
Le gros morceau du nouvel album vient après avec la suite "Wings for Marie (Pt1)" - "10000 days (Wings Pt2)". 17 minutes étouffantes durant lesquelles Maynard rend hommage à sa mère qui resta paralysée 27 ans durant (10000 jours, donc). Au milieu d'ambiances pluvieuses et de sonorités orientales (sitar, cloches...), Adam Jones nous fait revivre le supplice et prend tout son temps pour percer nos chairs de riffs lancinants. L'expérience partagée est christique, intense. Le chanteur, lui, est en pleine catharsis. Et ce n'est pas tout. Tool a poussé le vice jusqu'à faire en sorte que les deux pistes écoutées simultanément se complètent. Des malades.
Guidés par la voix remarquable de Maynard qui explose sur "The pot", et par les incantations rituelles de "Lipan conjuring", on s'engouffre ensuite dans une salle clinique, immaculée. Des médecins tentent de faire revenir un patient hagard resté perché après le trip de trop ("Lost keys (blame Hofman)").
Peine perdue, les dommages sont irréversibles, les muscles figés, et Maynard se lance dans un "Rosetta stoned" avec un débit d'aliéné, incompréhensible, évoquant De Niro qui gargouille tel un diable happé par les flots à la fin des "Nerfs à vif".Fin du chemin de croix. "Intension" et "Right in two", imposent l'évidence : "10000 days" est de ces albums qui mettent tout le monde d'accord et laissent la concurrence sur place. Plus accessible que "La te ra lus", ce qui ne signifie en rien que le groupe s'est fourvoyé en compromis, il s'impose comme leur meilleur disque à ce jour (bien que les débats fassent rage sur les forums à ce sujet), à même de fédérer toutes les chapelles.
Maynard, donné gagnant par la
photo finish
Trop de tension, de contenu détraqué et d'ambiances envoûtantes dans ce disque. Face à la douleur, la musique de Tool demande une immersion totale qui nous éreinte. A tel point que le silence qui suit est plus effrayant encore.
Morceaux qui Tuent
Vicarious
10.000 days (Wings pt 2)
Wings for Marie (pt1)
Article via Sefronia (c)

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album, toujours un peu moins transcendant que le précédent. Quelques simples changements de tempo énergiques, une poignée de ballades propices aux vocalises d'Eddie, et surtout pas d'innovation majeure suffisent amplement pour entretenir la flamme du fan (qui de toute façon n'osera jamais tenter la comparaison avec l'intouchable "Ten", fondateur du mythe en 1991).
indifférence de tous les autres qui se sont habitués à entendre parler de lui sans jamais se pencher sur son cas. Grossière erreur que l'on s'empresse de corriger lorsque la chance nous fait croiser son chemin.
Phillips se la joue solo. Même si cette nouvelle avait passablement refroidi nombre d'adorateurs de la grande époque du Grant Lee Buffalo, il ne fallait pas pour autant cracher les oreilles fermées sur ces premiers efforts en solo, le mini LP "Ladie's love oracle" puis ce premier album "Mobilize".
en terrain connu avec les dépouillés "Sleepless lake" ou "April chimes" (plus proches de "Ladie's love oracle", enregistrement d'un Grant-Lee au fond du gouffre), avant d'abandonner les a priori et d'apprécier pleinement cet album très agréable à écouter. Grant Lee refuse encore d'accepter son extrême sensibilité, mais remonte doucement la pente. Il faudra attendre l'album suivant, "Virginia creeper", pour qu'il retrouve enfin le sourire.
L'histoire débute pourtant sous les meilleurs auspices : enchaînant d'inoubliables singles en pleine effervescence Mod londonienne avec ses Small Faces, Steve remporte un succès à la mesure de sa voix, héritée des géants du rhythm & blues. Cependant, vaincue par l'indifférence polie des États-Unis qui n'aura jamais considéré le groupe que comme un "one hit wonder", l'aventure s'achève dans la frustration. Roulé par sa maison de disques, Marriott n'aura d'ailleurs jamais gagné un kopeck de cette période.
La deuxième moitié prend quant à elle une coloration Motown renforcée par la présence de choristes et d'une section cuivres et cordes sympathique mais périssable. La basse, très en avant dans le mix, devient carrément disco-funk sur "Are you lonely for me baby". Marriott, fatigué, n'y croit pas vraiment mais empêche tout de même l'affaire de sombrer dans un pastiche de Chic.


Mots doux...