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Chtif mange beaucoup plus de disques que de raison et en déglutit pas mal de chroniques

Grands crus, piquettes moisies, vieilles recettes de grand-mère ou bizarreries post-modernes se succèderont ici sans distinction ni sectarisme, au rythme du mange-disques uniquement.

Et s'il vous reste une petite place pour le digestif, il y aura aussi quelques petites revues bds et bouquins, histoire de pas partir la bouche sèche.     

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 Radio Chtif

 

 

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Brèves de comptoir


8 juin 2009

 


Un (gros) clin d'oeil vers le site d'un photographe espagnol rencontré sur la route : Marcos Garcia.

Ce gars-là parcourt le monde entier et en revient à chaque fois avec des images à tomber par terre. Couleurs, composition... on est pas loin du génie, et je pèse mes mots.

(Bon, là, j'ai mis un punk parce que j'aime bien Camden Town, mais que ça soit un portrait indien, sénégalais ou laossien, c'est toujours aussi bon.)



Suerte, Marcos.



13 Mai 2008

Juste un petit coup d'auto-promo pour une chose sans grande importance :

Small Shots

  Et pour les amateurs de n'importe quoi :

Ned et Frico




 

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Chroniques disques

Dimanche 25 juin 2006
Tool nous a bien fait languir avant de lâcher ce "10000 days" attendu de pied ferme. C'est que le groupe avait placé la barre très haut avec "Aenima" en 1997, et surtout son successeur "La te ra lus" (2001), porté aux nues par la critique et un public ébahi. Le groupe de Maynard James Keenan est le détenteur d'une formule unique alliant le métal le plus dense aux assemblages les plus complexes, une alchimie infaillible qui lui valut la réputation de "Pink Floyd métal".

Dès les premières secondes de "Vicarious", les craintes d'un affaiblissement s'effondrent. D'emblée, Tool nous sangle fermement sur une chaise, les yeux rivés sur un écran où défilent d'insoutenables images. Meurtres, catastrophes, drames : le spectacle de notre violence ordinaire sur petit écran, celui dont on nourrit nos appétits voyeuristes le soir en famille ("I need to watch things die from a distance, Vicariously, I live while the whole world dies, you all need it too - don't lie"). Les guitares, lourdes, perçantes, montent en spirales géométriques pour mieux nous accabler.

La tension ne se relâche pas par la suite. "Jambi" déploie un groove qui faisait parfois défaut sur le précédent album, très (trop ?) technique, le tout sur des rythmes impossibles tenus de main de maître par un Danny Carey inhumain de virtuosité aux toms.

Le gros morceau du nouvel album vient après avec la suite "Wings for Marie (Pt1)" - "10000 days (Wings Pt2)". 17 minutes étouffantes durant lesquelles Maynard rend hommage à sa mère qui resta paralysée 27 ans durant (10000 jours, donc). Au milieu d'ambiances pluvieuses et de sonorités orientales (sitar, cloches...), Adam Jones nous fait revivre le supplice et prend tout son temps pour percer nos chairs de riffs lancinants. L'expérience partagée est christique, intense. Le chanteur, lui, est en pleine catharsis. Et ce n'est pas tout. Tool a poussé le vice jusqu'à faire en sorte que les deux pistes écoutées simultanément se complètent. Des malades.

Guidés par la voix remarquable de Maynard qui explose sur "The pot", et par les incantations rituelles de "Lipan conjuring", on s'engouffre ensuite dans une salle clinique, immaculée. Des médecins tentent de faire revenir un patient hagard resté perché après le trip de trop ("Lost keys (blame Hofman)"). Peine perdue, les dommages sont irréversibles, les muscles  figés, et Maynard se lance dans un "Rosetta stoned" avec un débit d'aliéné, incompréhensible, évoquant De Niro qui gargouille tel un diable happé par les flots à la fin des "Nerfs à vif".

Fin du chemin de croix. "Intension" et "Right in two", imposent l'évidence : "10000 days" est de ces albums qui mettent tout le monde d'accord et laissent la concurrence sur place. Plus accessible que "La te ra lus", ce qui ne signifie en rien que le groupe s'est fourvoyé en compromis, il s'impose comme leur meilleur disque à ce jour (bien que les débats fassent rage sur les forums à ce sujet), à même de fédérer toutes les chapelles.



Maynard, donné gagnant par la
                    photo finish

Trop de tension, de contenu détraqué et d'ambiances envoûtantes dans ce disque. Face à la douleur, la musique de Tool demande une immersion totale qui nous éreinte. A tel point que le silence qui suit est plus effrayant encore.


Morceaux qui Tuent
   Vicarious
   10.000 days (Wings pt 2)
   Wings for Marie (pt1)

Article via Sefronia (c)
Par Chtif
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Lundi 26 juin 2006
S'il y a bien une chose qu'on ne peut pas renier à Pearl Jam, c'est la fidélité sans faille que lui voue un parterre de fans transis de béatitude à chaque fois qu'Eddie Vedder se fait pousser la barbe pour faire le vilain. Sans que l'on comprenne vraiment pourquoi, il reste quelques centaines de milliers (quelques millions ?) d'individus de par le monde à réserver un accueil chaleureux à chaque nouvel album, toujours un peu moins transcendant que le précédent. Quelques simples changements de tempo énergiques, une poignée de ballades propices aux vocalises d'Eddie, et surtout pas d'innovation majeure suffisent amplement pour entretenir la flamme du fan (qui de toute façon n'osera jamais tenter la comparaison avec l'intouchable "Ten", fondateur du mythe en 1991).

Coup de chance, mais c'était prévisible, ce nouvel opus, éponyme (le huitième du groupe), remplit toutes les conditions énoncées ci-dessus. "Pearl Jam" est globalement identique à ses prédécesseurs, les ballades répondent présentes à l'appel, et quelques constructions originales plutôt bien bossées prouvent si besoin est que le groupe a encore l'honnêteté de passer quelque temps en studio plutôt que d'engranger la thune avec deux accords et trois coups de caisse. Et cerise sur la galette, Eddie s'est relaissé pousser la barbe, c'est dire si l'on tutoie le jackpot.

Les morceaux rock sont un poil plus enlevés qu'à l'accoutumée ("Severed hand", bien speedé). Stone Gossard emporte un son de guitare bien sale et ciselé pour le live, et le groupe s'est indubitablement fait plaisir pour enregistrer ces belles mécaniques... tellement bien huilées d'ailleurs qu'elles glissent entre les doigts comme une savonnette dans la baignoire. Les chansons défilent et se ressemblent, laissant toujours dans leur sillage un "mais" qui vient gâcher la fête : le single vitaminé "World wide suicide" séduit un instant mais s'oublie vite, "Unemployable" s'engage sur la pente sociale mais se coltine un riff lourdeau sur les épaules, et "Inside job" risque en final quelques changements d'accords pas évidents à la Who (les stars aussi ont leurs propres idoles, celle de Vedder s'appelle Townshend) mais n'est pas "Tommy" qui veut...

Finalement, ce sont les morceaux plus calmes qui viennent sauver l'affaire : "Parachutes" tendre comme une naïveté de Grant Lee Phillips, "Come back" et ses gouttelettes de cordes au milieu qui changent tout... Les déjà conquis vont le rester, et les autres, incrédules, ne feront pas trop attention. A part quelques jeunettes de-ci de-là, qui ne se feront pas prier pour venir se blottir dans le chant moelleux d'Eddie sur "Marker in the sand" (on s'est laissé prendre aussi, c'est vrai).

Morceau qui Tue
   Marker in the sand

Article via Sefronia (c)
Par Chtif
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Lundi 26 juin 2006

Wilco est quelque chose comme l'un des secrets les mieux gardés d'Amérique. Dix ans et sept albums que le groupe déambule en solitaire, célébré par une minorité de fans avertis, dans l'injuste indifférence de tous les autres qui se sont habitués à entendre parler de lui sans jamais se pencher sur son cas. Grossière erreur que l'on s'empresse de corriger lorsque la chance nous fait croiser son chemin.

Il faut aussi dire que le chef d'orchestre, Jeff Tweedy, ne met pas toujours toutes les chances de son côté, et se distingue par son tempérament difficile, ses crises "médicamenteuses" et ses incessants remaniements de personnel. Tweedy n'en reste pas moins un compositeur de talent doublé d'un sacré parolier, capable de réveiller l'âme du Band de Bob Dylan (flagrant sur l'intro de "Hell is chrome", à voir ici dans une excellente
vidéo live ).

La musique de Wilco n'étant pas taillée pour les stades, l'épreuve du double live n'a qu'une seule véritable utilité, mais de taille : prouver à tout le monde que ces savants arrangements ne sont pas qu'une belle mécanique huilée en studio, mais bien l'œuvre de musiciens absolument hors normes, quasi virtuoses (écoutez le travail d'orfèvre des petits phrasés de guitare sur "Company in my
back", discrètement tapis derrière la lumière aveuglante des mélodies). Car c'est bien de cela qu'il s'agit, d'une musicalité immensément riche transfigurant son écrin country-pop-rock. Tout au long de ce généreux album en forme de best of live (23 morceaux) se dégage l'impression très nette d'écouter une œuvre de haute volée, passionnante et pleine de surprises.

La guitare slide, l'orgue et la voix vagabonde de Tweedy invitent à un road-movie que l'on préférera effectuer à pied, le long de routes sablonneuses et arides. Sur le chemin, on pourra traverser de paisibles bourgades, braver la menace tentaculaire des cités industrielles (le fantastique "Via Chicago"), risquer de pénibles ampoules quand la technique prend le pas sur l'émotion ("I am trying to break your heart", "Radio Cure" et son horrible clavier 80's), mais surtout rencontrer fugacement le spectre d'autres routards accomplis, tels Richmond Fontaine ou le Quicksilver Messenger Service (cette guitare sur "Spiders (kidsmoke)").

Pour finalement, une fois arrivé au milieu de nulle part, réenclencher la première face et repartir de plus belle avec un "Misunderstood" décrivant à lui seul le voyage sans fin d'un Tweedy piétinant sur un disque rayé.

Morceaux qui tuent

Via Chicago

Misunderstood


Article via Sefronia (c)

Par Chtif
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Lundi 26 juin 2006
Exit le bassiste-producteur Paul Kimble, exit aussi le batteur Joey Peter, à partir de 2001 Grant-Lee Phillips se la joue solo. Même si cette nouvelle avait passablement refroidi nombre d'adorateurs de la grande époque du Grant Lee Buffalo, il ne fallait pas pour autant cracher les oreilles fermées sur ces premiers efforts en solo, le mini LP "Ladie's love oracle" puis ce premier album "Mobilize".

D'autant plus que quand Grant Lee dit "solo", il ne fait pas semblant, vu qu'il a décidé d'écrire et de produire seul l'intégralité des titres. De toute évidence, il souffrait d'une crise de confiance envers le reste du monde, mais au travers de certains morceaux, tel le touchant "See America" qui ouvre l'album, il chante superbement, face à lui-même : sa voix semble ne tenir qu'à un fil et trouve le moyen de nous surprendre encore après son passé déjà glorieux. Il reste toutefois l'impression diffuse que Grant Lee n'ose se dévoiler complètement, qu'il se cache derrière des arrangements un peu trop encombrants : à défaut de batteur, boîtes à rythmes et synthé-orgues soutiennent les compositions. Si l'alchimie se révèle parfois complètement réussie (sur le morceau éponyme "Mobilize", notamment, rebondissant de sonorités orientales en percussions sidérurgiques), elle aboutit parfois à une sorte d'électro-pop bien léchée mais inoffensive (le sautillant "Spring released").

Les fans du Buffalo risquaient d'être déroutés mais se sont retrouvés en terrain connu avec les dépouillés "Sleepless lake" ou "April chimes" (plus proches de "Ladie's love oracle", enregistrement d'un Grant-Lee au fond du gouffre), avant d'abandonner les a priori et d'apprécier pleinement cet album très agréable à écouter. Grant Lee refuse encore d'accepter son extrême sensibilité, mais remonte doucement la pente. Il faudra attendre l'album suivant, "Virginia creeper", pour qu'il retrouve enfin le sourire.                                                            Grant Lee super-festi-magic :
                                                 un tricorne, une pelleteuse et ça repart !



Morceaux qui Tuent
   Mobilize
   See America

En bonus, "See America" en écoute dans la Radio

Article via Sefronia (c)
Par Chtif
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Mercredi 28 juin 2006
Steve Marriott ne fut pas seulement un des plus grands chanteurs blancs d'Angleterre. Il récolta aussi la palme du plus malchanceux.


L'histoire débute pourtant sous les meilleurs auspices : enchaînant d'inoubliables singles en pleine effervescence Mod londonienne avec ses
Small Faces, Steve remporte un succès à la mesure de sa voix, héritée des géants du rhythm & blues. Cependant, vaincue par l'indifférence polie des États-Unis qui n'aura jamais considéré le groupe que comme un "one hit wonder", l'aventure s'achève dans la frustration. Roulé par sa maison de disques, Marriott n'aura d'ailleurs jamais gagné un kopeck de cette période.

Début 1969, Steve est contacté pour tenir le micro d'une jeune formation british blues, mais décline l'invitation. Le groupe en question fera quand même son petit bout de chemin. Son nom :
Led Zeppelin. Joli rendez-vous manqué. (Rappelons à cette occasion que "Whole lotta love" est, disons plus qu'inspiré par "You need lovin'" des... Small Faces.)

Minots, beaux gosses auto- proclamés: les Small Faces (Ronnie Lane, Ian McLagan, Kenney Jones, Steve Marriott)

Pas découragé, Marriott fonde Humble Pie avec Peter Frampton et s'engage dans la même voie que le gang Page-Plant : improvisations-marathons, reprises rhythm & blues et voix haut perchée rameutent une bonne troupe d'aficionados, mais ne permirent jamais au groupe de percer à grande échelle. Las, Frampton quitte le navire et s'en va jouer au beau gosse dans les charts à grands coups de "Baby I love your way". Marriott finira par jeter l'éponge en 1975.

Malgré tout, Steve garde le moral, ou du moins donne le change, sur le sobrement intitulé "Marriott", enregistré dans l'urgence l'année suivante avec ses All Stars (et réédité pour la première fois en cd). La première moitié de l'album déroule un blues rock anglais classique et sans grande finesse. Le chanteur y réussit encore de belles prouesses de voltigeur soul du haut de son mètre soixante, et quelques bons riffs ("Wam bam thank you ma'am") font oublier que la poussive et inévitable ballade ("Help me make it through the day") mouline à vide.

La deuxième moitié prend quant à elle une coloration Motown renforcée par la présence de choristes et d'une section cuivres et cordes sympathique mais périssable. La basse, très en avant dans le mix, devient carrément disco-funk sur "Are you lonely for me baby". Marriott, fatigué, n'y croit pas vraiment mais empêche tout de même l'affaire de sombrer dans un pastiche de Chic.

La fin de l'histoire a un triste goût de mauvais film : l'album "Marriott" tombera à plat, d'éphémères réunions des Small Faces ou du Pie également, et Steve aura la mauvaise idée de s'endormir avec une clope au lit le 20 avril 1991, alors qu'il reprenait l'écriture avec Peter Frampton. Clap de fin. Difficile de faire plus injuste.

 


En bonus, le jeune Steve déchaîné avec les Small Faces dans une magnifique vidéo live de 1966 (4 morceaux).


Article via Sefronia (c)

Par Chtif
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Ptite pensée ...


Ce site est dédié au plus imprévisible  des chefs cuistos: Keith Moon.
(c'est un peu le bordel sur ce site : il aurait adoré)

La plupart des chroniques publiées ici sont aussi dégotables sur http://www.sefronia.com .



Ils parlent du Chtif : ça prouve qu'ils ont bon goût (ah ah...)
Un jour, un site
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