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Chtif mange beaucoup plus de disques que de raison et en déglutit pas mal de chroniques

Grands crus, piquettes moisies, vieilles recettes de grand-mère ou bizarreries post-modernes se succèderont ici sans distinction ni sectarisme, au rythme du mange-disques uniquement.

Et s'il vous reste une petite place pour le digestif, il y aura aussi quelques petites revues bds et bouquins, histoire de pas partir la bouche sèche.     

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 Radio Chtif

 

 

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Brèves de comptoir

13 Mai 2008

Juste un petit coup d'auto-promo pour une chose sans grande importance :

Small Shots

  Et pour les amateurs de n'importe quoi :

Ned et Frico




 

Pour lire toutes les Brèves de Comptoir, c'est ici !

 

 

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Mercredi 11 avril 2007

« Hé, garçon ! Garçon ! Viens par ici, ouais, discret, discret, viens-là…. T’en veux ? T’en veux ? Hein ? Ben d’la bonne came, t’en veux ? Hé, t’excites pas, discret, j’te dis, t’inquiètes, y’a personne, t’en veux alors ? OK, suis-moi deux minutes, j’ai ce qu’y’t’faut, ça va t’remettre d’aplomb, tu vas voir. Bon… Personne t’a suivi ? Meuh non, j’déconne, je dis ça pour le style, va, ah merde, la tête que t’as fait, y s’croit dans Scarface, lui. Mon gars, j’te préviens, c’que j’te propose, c’est pas la Soupline à mamie, c’est du pointu, tu vas savoir où t’as foutu ton pognon. Tu t’rappelles les Flamin’ Groovies ? Ouais, souvenirs des beaux quartiers, hein ? Et ben avec ça, pareil, tu vas retourner taper la causette au créateur, direct, c’est moi qui te l’dis. Jellyfuzz, que ça s’appelle, tu vois tout de suite le genre.

 

J’te fais le trip : tu commences tranquille, un petit goût de Cramps sous la langue ("Poison Ivy " au cas où t’aurais pas bien compris), et une fois que t’es bien calé sur les rails, tu laisses défiler : gonzesses à tous les virages, reverb de tequila pour ventiler les bronches, trompettes, gros cubes, les chats d'argent, les rats d'émeraude et tout le tintouin. Ce truc, c’est le Futuroscope en sachet, le grand huit en quatorze étages. L’autre jour y’avait Jagger au banjo sur la banquette à côté, je te jure ! Pas un temps mort, on dirait du Brian Jonestown Massacre, mais sans le côté roupillon. Au bout d’un moment, tu crois que t’as fait le plus dur, et ben que dalle : t’es bien perché, reste la descente, et là, attention les mirettes, tu te prends "Antidote" et "Isle of the skull" en pleine face, un parfum de classique, j’te raconte pas.

 

En plus c’est du français, production locale, sans adjuvant. Ben ouais, pourtant c’est un peu la dèche côté terroir en ce moment, mais là, je sais pas, paraît que c’est des fondus du Nuggets qu’ont trouvé un bon plant du côté de Brest, franchement j’suis à deux doigts d’aller m’installer chez eux. Ah la vache, ils se sont fait plaisir, les coquinous. Bon, combien j’t’en mets ? OK, prends ça, c’est bon pour c’que t’as. Par contre, fais gaffe, si tu commences, tu siffles tout le paquet. M’étonnerait pas que tu reviennes me voir vite fait. Ca tombe bien, paraît qu’il y a une deuxième livraison prévue dans quelques mois. Je t’en mets de côté. Allez Pacino, à la revoyure…. Hé, toi, là ! Garçon ! Viens par ici, deux secondes… »

 
Morceau qui tue : "Antidote", en écoute dans la Radio du Chtif

à voir : le site internet de Jellyfuzz, + 4 autres morceaux en écoute sur leur Myspace

 via Sefronia (C)


par Chtif publié dans : Chroniques disques
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Mercredi 4 avril 2007

Déçu, déçu. Pourtant, j’en attendais beaucoup de ce live des Black Crowes, fier étalon des chevauchées sudistes, encore un de ces groupes avec deux frères aux commandes dans la lignée des tribus Allman ou Van Zandt, à croire que les liens du binaire qui tâche ne se tissent qu’avec ceux du sang. Adoubés par Jimmy Page qui les embaucha comme backing-band sur une tournée commune en 2000, voilà plus de vingt ans que Chris et Rich Robinson biberonnent leur hard-blues aux solos de quatre minutes et aux riffs coulés dans le bitume.

 

“Freak 'N' Roll... Into the Fog”, donc, enregistré à San Francisco en 2005, après un break de trois ans. Ca pourrait démarrer en trombe, mais d’emblée quelque chose cloche : on aurait aimé un saloon crassouillard, on se retrouve avec "(Only) halfway to everywhere" qui s’époumone sur fond de cuivres soul, façon gros show avec la bannière étoilée en arrière-plan. Pour un peu, on verrait James Brown esquisser des pas de danse sur le ring comme dans Rocky 4. Peut-être que le son n’est pas assez fort pour apprécier : grimpette sur le volume et cette fois, ça va mieux, on s’amuse à chercher les références, Aerosmith sur "Sting me", The Band sur "Welcome to the goodtimes"… Les guitares bien pluvieuses du hit "Soul singing" rassurent, le final de "My morning song" fait toujours son petit effet, mais très vite on déchante : les morceaux se suivent et se ressemblent. Je ne sais pas qui a dit que le rock se déguste sur 2 minutes 30, mais les Black Crowes devaient être en virée ce jour-là : les jams s’éternisent, on en trouve à foison sur toute la première moitié du disque. Au bout de quelques morceaux, on regarde sa montre et la playlist : il reste encore les deux tiers à s’enfiler.

 

Et le pire reste à venir : les Black Crowes croient bon de nous refaire le coup de l’intermède acoustique, sur quatre morceaux interminables (oui, comme Led Zeppelin avec son enchaînement "That’s the way" - "Bron yr aur stomp" - and co., autrement dit la partie la plus chiante de leur répertoire). La dernière partie rebranche les cordes, mais la sauce reste au fond du bol : le mid-tempo prédomine, mais même quand le rythme s’emballe, les guitares donnent l’impression de s’ennuyer ferme, de se contenter de faire ce qu’elles savent déjà faire. La faute à une mécanique trop bien huilée qui accumule les poncifs rock’n rolliens (et le coup du solo de sax, et le coup de l’harmonica qui s’affole, et le Bo Diddley beat de rigueur…).  La reprise finale de "The night they drove 'ol Dixie down" (The Band, encore) devrait nous consoler, mais bon... pourquoi pas le "Star spangled banner" tant qu'on y est ?

 

Chuck Klosterman, le critique de Spin, écrivait dans son bouquin : "Je, la mort, et le Rock’n Roll" que chaque mâle au monde a, un jour, sa période Led Zep. Ca dure 6 heures ou 6 ans, mais c’est ainsi. Une question d’hormones. Il faut croire que la mienne est passée. Et ce n’est pas les Black Crowes qui vont la raviver.










 


 



En bonus, quelques affiches bien psychés, histoire de pas complètement regretter sa soirée :

















Plus, une vidéo de "Feelin' Alright', sympa (mais pas sur le live)



via Sefronia (C)
par Chtif publié dans : Chroniques disques
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Mardi 13 mars 2007
Lemmy Kilmister et ses verrues faciales, Steven Tyler et sa bouche en cul de poule, Pete Townshend et sa péninsule nasale? Ils ont été bien inspirés de faire du rock ceux-là, sinon bonjour la galère pour draguer en soirée. Et encore là on ne cite que certains des plus connus, mais la liste de ceux qui ont tenté de masquer un physique ingrat derrière une guitare est aussi longue que celle des galères qu'ils durent surmonter pour y arriver. Car à défaut de belle gueule, il vaut mieux assurer côté talent pour attirer l'attention. C'est ce qui les rend intéressants d'ailleurs. Vous croyez qu'on peut raconter honnêtement la frustration adolescente quand on a une tronche de jeune premier ? Qu'on peut décemment chanter le blues quand on n'a pas passé sa jeunesse à voir les couples se former sur la piste en sirotant seul sa bière au bar ?

Prenez le cas de Johnny Winter, pendant qu'on parle de blues. Dire qu'il n'a pas été gâté par la vie est un bel euphémisme. Déjà, naître albinos, ça doit vous garantir un bon lot de quolibets dans la cour d'école. Mais se voir en plus affublé d'un strabisme divergent forcément disgracieux? Merci Dame Nature, fallait pas vous déranger. C'est sans doute pour cela que Johnny Winter trouva refuge dès son plus jeune âge au sein de la communauté noire de sa ville natale, Beaumont au Texas, où au-delà des considérations raciales et physiques seul comptait l'amour du blues.

C'est dans les clubs noirs que l'apprenti bluesman fit ses classes et apprit le métier: il réussit même à monter sur scène au culot et recueillir une ovation lors d'un concert de B. B. King. Il n'avait que 17 ans.


Johnny Winter avant la guitare...


Son premier album paru en 1969 et aujourd'hui réédité est plus qu'un manifeste de blues électrique: un majeur dressé face au destin qui croyait avoir suffisamment ruiné les chances du jeune texan. C'était sans compter sur les capacités inattendues que Johnny déploya très tôt pour manier la 6-cordes. Un virtuose, rien de moins, un de ceux qui peuvent vous dégoûter à tout jamais d'apprendre la guitare. Oh, on ne parle pas ici de déballage technique, façon guitar-hero, Satriani et tout le tralala, mais bien d'un feeling blues hors du commun.

Blues du Delta joué avec une sincérité sans faille ( l'acoustique "Dallas" au bootleneck acéré), blues-rock fleurant bon le pub enfumé et la descente de packs à l'arrière du pick-up ("Mean mistreater" sur lequel Johnny invite le légendaire Willie Dixon à la basse et "Big" Walter Horton à l'harmonica), ballade quasi-soul rehaussée de cuivres et de piano ("I'll drown in my own tears"), c'est tout l'héritage de Robert Johnson et autres John Lee Hooker qui fut ici remis au goût du jour, alors qu'un peu plus à l'ouest, l'époque psychédélique battait son plein.

Le jeu du Texan n'hésite pas à s'embarquer dans de folles cavalcades électriques, tout en restant moins brouillon que celui d'Alvin Lee de Ten Years After. En témoigne le solo aride de la magnifique reprise de "Be careful with a fool" de B. B. King : c'est sec, hypnotique et haletant comme une course perdue d'avance sous le soleil cuisant du désert. Une leçon de maître.


.Johnny après quelques cours. reste plus qu'à changer les fringues, et c'est bon, il emballe.


Trois titres sont venus se greffer sur cette réédition: le boogie "Country girl", une version plus aérée de "Dallas", et enfin "Two steps from the blues", reprise du Bobby "Blue" Bland, qui apporte une surprenante couleur soul Motown bienvenue en fin d'album, l'occasion d'apprécier une facette différente du bonhomme. Plus de problème pour emballer quand on est capable de chanter ça...


Morceau qui Tue    Be careful with a fool ... en écoute dans la Radio !!


via
Sefronia(c)
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Mardi 13 mars 2007
Il existe une catégorie de mélomanes tristes qui ont épuisé jusqu’à la moelle leurs premiers amours de disques. Qui parfois, bien qu’ils le connaissent par cœur, se repassent "Pet sounds" avec appréhension en guettant du coin de l’oeil les embruns des grands voyages de leur jeunesse. Avant d’admettre comme d’habitude que les pirogues n’ont plus la même allure. Ceux-là peuvent aujourd’hui chercher un peu d’exotisme vierge du côté du Chesapeake Jukebox Band, dont l’unique album est réédité par Cherry Red (agrémenté de trois bonus pas inintéressants malgré un son venu des tréfonds).

Un peu à la bourre sur la vague psyché-pop en 1972, le Chesapeake (fondé par les new-yorkais Steve Sawyer et Rusty McFin) navigue dans le sillage de Brian Wilson et John Lennon et s’autorise toutes les embardées possibles. Les instruments les plus farfelus sont conviés au service de compositions fourre-tout habilement produites par Ron Frangipane, un spécialiste des galettes bien arrangées (son palmarès va de Lennon himself à Dionne Warwick en passant par Kiss).

Ron frangipane : aujourd'hui prof de musique et de théatre à l'université de Monmouth

Le résultat est riche, jamais prévisible et ne manque pas non plus d’humour : sur "Until we meet again", un passage country débarque en pleines harmonies à la Beach Boys, ça a quelque chose du Bonzo Dog Doo Dah Band, rien moins. "Love" est la plus réussie du lot, ballottée d’harmonica, de cordes ou de samba au gré des flots. L’inévitable côté "exercice de style" entraîne quelques divagations, mais sera facilement pardonné pour peu que l’on accepte de voir surgir de nulle part un vol de flamants sous acide ("The door's unlatched"), un air yiddish inattendu, ou quelques voix pré-Rubettes coincées dans la braguette… Sans crier au génie, on tient là quelques encablures de folie douce propice à réveiller les meilleurs souvenirs. "Quant à descendre le Yang Tsé Kiang en une nuit c'est hors de question...", comme disait le Gabin sevré du "Singe en hiver". "Un petit bout par-ci, un petit bout par-là... Et encore, pas tous les soirs..."


Morceaux qui tuent : 
Until we meet again

Love  .....  en écoute dans la Radio du Chtif !

Via Sefronia (c)
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Mardi 6 mars 2007

Considérons la chose du point de vue du mâle. Le spectateur lambda. Machiste, donc. Sous cet angle-là, la méfiance est de rigueur au premier abord. Il y a rarement plus énervant qu’une chanteuse rock qui veut faire plus mec que son poilu de batteur. Qui cherche d’emblée à clouer le bec aux blagues sexistes en ouvrant sa grande gueule. Mademoiselle K, à première vue, c’est un peu ça : en coulisses, la parisienne braille plus fort que tout le monde, et enchaîne les bonnes grosses vannes avec un air de "m’as-tu vu ?" qui éveille les soupçons. Cette fois, pourtant, pas d’imposture : Katerine (son petit nom, à ne pas confondre avec un autre amateur de boas roses) assume sa féminité avec des trucs en plume multicolores, joue de la guitare de façon honorable, et préfère, selon sa bio, la verveine à la picole bovine. Ouf.

 

 


La demoiselle est extravertie, certes, mais comme le sont les timides en manque de confiance et de reconnaissance. Reconnaissance que Mademoiselle K ne cesse de réclamer sur son premier single, "Ca me vexe". Accrocheur pour les passages radio, un peu lassant à la longue, le morceau donne le ton : le chant en français bien assuré trouve sa place entre Anaïs et M, avec quelques gimmicks de texte amusants à reprendre en chœur. Les guitares pop-rock dansent dans l’air du temps, une grosse lichette de Pixies-Radiohead par-ci, un doigt de garage par là. La première moitié de l’album est à l’unisson, avec une poignée de titres enlevés, sans surprise mais enthousiasmants. Les mâles sus-nommés apprécieront tout particulièrement de se faire amocher par le bagout sans appel de la maîtresse de maison sur "Crève".

 

 

 

 

La deuxième mi-temps se passera surtout entre filles, une fois n’est pas coutume. Sans fausse pudeur, Mademoiselle K dévoile ses petits secrets sous forme de lettres directement adressées à son prétendant. Elle doute, a peur du vide, veut faire quinquette avec son chéri… Les morceaux plus rêveurs (quelques influences post-rock pas dégoûtantes), plus intimistes trouveront surtout écho chez les jeunes auditrices en peine d’amour qui trouveront là une bonne copine à qui se confier. Le disque s’achève sur un "Final" taillé pour les fins de concert mais un peu maladroit sur disque avec ses  "Est-ce que ça vous a plu ? Est-ce que vous reviendrez ?". Toujours cette volonté de se rassurer… Un conseil, les gars : vaut mieux écouter Mademoiselle K, sinon on court droit à la bouderie, et on l’aura bien cherché. Après tout, une face A que les mecs ne renieront pas, une face B pour les filles… Pourquoi pas ?

 
Morceau qui tue : "Crève"

 

A lire également : la chronique de "Ca me vexe" par Oliv.

En Bonus, le clip de "Ca me vexe"...


...mais on vous conseille plutôt "Crève", en écoute dans la Radio du Chtif !

via Sefronia (c)

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Ptite pensée ...


Ce site est dédié au plus imprévisible  des chefs cuistos: Keith Moon.
(c'est un peu le bordel sur ce site : il aurait adoré)

La plupart des chroniques publiées ici sont aussi dégotables sur http://www.sefronia.com .



Ils parlent du Chtif : ça prouve qu'ils ont bon goût (ah ah...)
Un jour, un site
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