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Chtif mange beaucoup plus de disques que de raison et en déglutit pas mal de chroniques

Grands crus, piquettes moisies, vieilles recettes de grand-mère ou bizarreries post-modernes se succèderont ici sans distinction ni sectarisme, au rythme du mange-disques uniquement.

Et s'il vous reste une petite place pour le digestif, il y aura aussi quelques petites revues bds et bouquins, histoire de pas partir la bouche sèche.     

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 Radio Chtif

 

 

free music

Nouvelle Radio !
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Brèves de comptoir

13 Mai 2008

Juste un petit coup d'auto-promo pour une chose sans grande importance :

Small Shots

  Et pour les amateurs de n'importe quoi :

Ned et Frico




 

Pour lire toutes les Brèves de Comptoir, c'est ici !

 

 

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Lundi 3 mars 2008

Je me demande si ça vous arrive également. Virer monomaniaque à l’écoute d’un morceau qui phagocyte toute nos forces vitales des jours durant (au grand dam du reste de la surproduction actuelle qui, du coup, ne undefineddispose plus d’une once d’attention). Dommage aussi pour les voisins ; j’imagine la tête des miens qui se sont mangé tout un dimanche de « Silent world » de Marquis de Sade, le crachotement compulsif du sillon en prime puisque je ne l’ai qu’en vinyle, il fallait se relever à chaque cigarette pour recaler le morceau aux premières notes.

 

Je me rappelle aussi d’une sombre journée de janvier 97 qui avait vu défiler 60 fois « No one but you » de Queen (60 fois selon les organisateurs, 150 au bas mot selon les autorités parentales). Tout ça motivé par une rupture surprise que je n’ai jamais totalement digérée. Tout comme « No one but you » d’ailleurs, que je n’ai plus jamais réécoutée par la suite, jusqu’à aujourd’hui. En fait, personne ne se souvient de ce morceau, tant mieux il est totalement déprimant. N’allez pas l’écouter, ça me rappellera de mauvais souvenirs.

 

Si je vous raconte ça, c’est que je stagne depuis une quinzaine sur le premier album des Violent Femmes, dernière découverte en date (alors que l’album est sorti en 83…), courtesy of  NedLabs petit salôpiot qui eut la mauvaise idée de publier un article dessus. Il a suffi d’un seul « Add it up » pour renvoyer la pile de CDs en retard aux calendes grecques. Catégorisé fort justement comme du folk-punk, « Add dit up » est absolument démentiel, fougueux et sec, avec un minuscule solo flash de guitare au milieu, et une basse Entwistlienne  qui va jusqu’à plaquer des accords de vierge de fer. Il y a aussi Gordon Gano, qui fait partie de cette catégorie d’androgynes vocaux, un peu comme Tracy Chapman, dont on ne peut identifier avec certitude le sexe à la première écoute. Gordon chante comme s’il se comprimait continuellement les couilles pour retarder le moment fatidique à son premier rencard. Vous imaginez la tension de la chose. Des gens ont dû devenir dingue en écoutant ça.

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Bon, honnêtement je n’ai pas passé 15 jours QUE sur « Add dit up » des Violent Femmes. Il y a eu aussi ses petites sœurs, « Please do not go » (un reggae avec une basse à foutre le frisson – tout est dit dans le titre), et « Confessions » (violemment solitaire, limite égoïste). Tout le reste de l’album est à l’unisson, en fait, quand ce n’est pas excellent, c’est tout simplement très bon. Gordon Gano y révèle une inventivité telle qu’on a du mal à l’imaginer galérer pour appâter la gueuze. Et pourtant, à en croire les paroles, ça doit pas être Noël tous les jours (« Violent Femmes » prend tout son sens…). Les adolescents trouveront là un bon compagnon de misère pour noyer leur timidité (et même à 27 ans passés ça marche encore).


Des ados, on en a vu pas mal aussi se presser aux derniers concerts parisiens de Parabellum (à la Loco et au Nouveau Casino), ce qui est rassurant, quelque part. Ahlala, mes potos, quel beau spectacle que celui de ces jeunôts tout excités de monter sur scène pour taper la bise à Schultz. Il faut dire qu’avec sa barbe de grand sage et sa carrure cinquantenaire, Schultz a tout du tonton punk idéal, lui qui entonnait déjà son « Mort aux vaches » bien avant que papa ne fasse risette à maman. Aujourd’hui, on va voir Parabellum en famille : la pundefinedrogéniture savoure sa première communion sur fond d’authentique décibels et va récolter des bleus dans le (très intense) pogo sous le regard ému des parents assagis. Magnifique. 25 ans après ses débuts, Parabellum écume encore les salles, et se dépoussière un statut tout neuf de groupe-phare de la scène alternative française. Les petits jeunes, là, ce sont eux qui écriront les fanzines plus tard, les encyclopédies, tout ça. Parabellum devrait y figurer en bonne place, et c’est tout le bien qu’on leur souhaite.


Peut-être avez-vous noté que la notion de « punk » revient plus que régulièrement dans ces colonnes, un peu à tout bout de champ, c’est vrai. Non pas que je vénère la crête outre mesure. Simplement, il semble de plus en plus évident que le critère punk est le plus sincère et respectable qui soit. Quand un jeune groupe déboule et commence son set par « on s’appelle Diego Pallavas… et on vous emmerde ! Einz Zwei Drei Viiier !!! BLAM », ben là vous pouvez me foutre Mick Jagger sur la scène voisine que je ne bougerais pour rien au monde. C’est déconneur, irresponsable et maladroit ça se moque de nous et des autres et de tout et ça dégaine Einz Zwei Drier Vieeer et ça tire et ça rate et c’est drôle, et c’est excitant et ça nous pique notre pognon et on s’en fout… Pas besoin que ça beugle dans tous les sens pour mériter son appellation punk, ceci dit. Question d’intention avant tout… Ah et puis, ne comptez pas sur moi pour essayer de définir ce qu’est le punk, hein, on s’y est tous cassés les dents. Mais voyons, c’est pourtant pas compliqué à comprendre :

Les Violent Femmes, la Maison Tellier, la Phaze, Television, Beirut… : punk.

Red Hot : plus punk.

BB Brunes, Jérôme Attal (connaissez pas ? attendez un peu), Avril Lavigne, Cali : pas punk du tout, me dites pas que je vous apprend quelque chose quand même.

Bête et méchant comme classification, mais que voulez-vous, au bout d’un moment, ça se renifle l’honnêteté. Dans ma petite dictature musicale, les punks seraient exonérés d’impôt (et tant qu’à faire, les fans de Phil Collins paieraient l’ISF).

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Toujours dans ma petite dictature, on s’arrangerait pour que tout ça soit cohérent. Il y aurait :

-         des humoristes punks à la télé : Olivier Sauton, par exemple, que peu connaissent vu qu’il peut vanner les petits somaliens et défendre Dieudonné dans la même phrase (ah sinon j’ai été voir le spectacle de Thomas VDB aussi, le critique rock, basé sur des anecdotes d’interview, c’est très drôle aussi – en plus le pauvre est fan de Queen et tout le monde se fout de lui à cause de ça. Allez hop : Tom VDB : Ministre de la Culture).undefined

 

-         des librairies punks à tous les coins de rue, comme « Un regard moderne », rue Git-le-Cœur à Saint-Michel, seule librairie répertoriée où il est quasi impossible de rentrer tellement c’est le foutoir – ils devraient la mettre dans le Routard celle-là (de plus en plus parisianiste ce blog, un conseil : fuyez)

 

-         des publicités punks (oui, oui, le Chtif est un vendu et se ferait plein de thunes) : j’ai pas trouvé l’affiche, mais j’ai bien aimé dernièrement celle avec les ptis d’jeun’s à la mode du Gibus qui dit « ne riez pas, ce sont eux qui paieront votre retraite ».

 

-         des émissions punks avec papy Philippe : la Nouvelle Star – rhâââ-ââ-âââ – rire con - j’ai pas pu m’empêcher.

 

Pour établir le futur QG de ma petite dictature, j’ai aussi cherché un bar-concert parisien qui sierait bien à mon petit séant… mais pour l’instant j’ai fait chou blanc. J’ai bien tenté la Flèche d’or à Belleville, bien attrayante avec des concerts quotidiens, indés, électro… Même Bebop and Lulla en fait la pub chez lui (et c’est plutôt bon signe : que ceux qui ne connaissent pas Bebop aillent flâner du côté de son site, c’est un très beau bordel. Entre autres joyeusetés, on y trouve une bien sympathique initiative du patron, la rubrique « les rockeuses les plus sexys » qui m’a permis de découvrir Kap Bambino, notamment, une version française de Atari Teenage Riot, avec une chanteuse que je verrais bien en première dame). Bref, revenons à nos croûtons : la Flèche d’Or, on flairait la bonne affaire, il fallait bien vérifier ce qui se tramait dans ce coin-là.

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Malheureusement, rendus sur place pour écluser quelques bières (et revoir 1900), j’avoue qu’on déchante.  Déjà, à notre arrivée se déroule sur scène un truc infâme du nom de Jérôme Attal, l’archétype du parisien désabusé qui se la joue littéraire et absent (attendez, à un moment, il nous a quand même pondu : « the next song is… oui, je m’entraîne pas’que je pars enregistrer à Londres, demain… bref… thenextsongis… » - dans ma petite dictature, on aurait affrété un charter pour qu’il parte plus vite).

 

Mais ce n’est pas tout : à la sixième tournée,  il me manque un euro pour compléter la suivante. Négociation avec le serveur : « tu nous la fais à 8, la prochaine ? j’ai pas assez  » . Le barman – physionomiste - me regarde comme si j’étais le dernier des péquenauds du fin fond de l’Allier (ce en quoi il ne se trompe pas) et me tance, plus méprisant que Lou Reed : « Ah non. Ca va pas être possible, là. Je peux rien faire pour toi. ». Bonjour l’esprit commerçant. Qu’il est loin le temps où l’on pouvait passer derrière le bar pour servir les clients dans notre fief nancéien. Bref, passons. Pas découragés pour autant (mais un poil énervés quand même) on undefinedrepasse au vestiaire. Je demande ma veste (2 euros le dépôt à l’entrée), chope la CB, et rend le tout à la dame-vestiaire… qui me décoche, alors que je m’en retourne vers la sacro-sainte tireuse : « Hé ?... ça fait 2 euros »… Je ne sais qui d’elle ou moi avait le regard le plus bovin à ce moment-là.

 

 N’allez pas à la Flèche d’Or, svp, ça me rappellera encore de vilaines choses. Sauf, éventuellement, mais vraiment en cas de force majeure, pour aller soutenir Jil Is Lucky, qui nous a tout de même sauvé la soirée. Tenez, on va finir avec eux, parce que vraiment ça vaut le coup, c’est une espèce de folk indé avec une tignasse inspirée qui s’emballe bien sur fond de contrebasse. Sur leur Myspace, piochez direct le morceau « Wanderer » qui sur le coup apaisa toutes mes velléités de putsch envers le comptoir. En attendant le coup d’état, on a quand même eu droit à un peu de groove.

 

Allez, tous en coeur : Einz Zwei Drei Vieeer ! et à la revoyure.

par Chtif publié dans : L'aigri du mois
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Mardi 18 décembre 2007

Première voiture, côté fenêtre, sens de la conduite. Comme d’habitude, mon voisin a calé ses écouteurs. Depuis 9 mois, nous partageons quotidiennement, à deux sièges d’écart, nos 45 mn ferroviaires et matinales. Il a une bonne bouille, et selon toute vraisemblance, nous ne nous adresserons jamais la parole. Paris.

 

Voilà où j’en suis. Métro-boulôt-dodo. Enfin pour être plus juste : métro-train-boulôt-dodo, parce qu’en plus, j’ai eu la bonne idée de m’installer dans le centre, pour pouvoir profiter un max des bars et des salles de concert de la capitale. Tu parles, depuis que je suis installé, j’ai pas fait plus de deux sorties, à part la gare Saint-Lazare. Vous croyiez que j’avais déserté Over-Blog parce que j’étais occupé et tout et tout, que dalle, en fait j’avais rien à raconter. Ceci n’a pas changé d’ailleurs, mais je me suis dit  tant qu’à se faire chier, autant le faire devant un clavier (si c’est pas du sens de l’accroche, ça…).

 

En clair, ce que j’ai bien pu tripoter ces derniers mois n’a rien de très vegassien. Si ce n’est, à la rigueur, que mes sympathiques nouveaux collègues m’ont surnommé Dick, comme le Rivers du même nom que vous avez tant applaudi dans votre enfance (la faute à mes cheveux qui ne voient pas souvent le coupe-tif et esquissent d’eux-mêmes une sorte de banane à l’ancienne). Tu parles d’un come-back tonitruant. Enfin, c’est la période, apparemment. A l’instar de Police, Led Zep et Lorie, le Chtif a la niaque. Place aux hostilités.

 

Trois heures de transport par jour, me disais-je naïvement, il y a de quoi s’enfiler l’intégrale d’Hawkwind en moins de deux, enchaîner quatre nouveautés par jour et dénicher de fantastiques folkeux texans dont même leurs mères ignorent l’existence. Une occasion unique dont il faut tirer parti. Re-paf, que dalle, trois heures de transport par jour, c’est surtout l’occasion de se réveiller chaque matin avec toujours les mêmes conneries en boucle dans l’Archos, le roulis régulier des roues sur les rails en fond parasite (je sais pas si vous avez fait gaffe, mais il y a une allitération, là, ahah… Neuf mois de réflexion, mais ça valait le coup.). Vous vous rappelez Bill Murray, « Un jour sans fin », tout ça. Ben pareil.

 

Preuve de ma zombification avancée, j’ai réalisé il y a peu avec effarement que le morceau que j’avais le plus écouté ces derniers mois était sans nul doute « Eighteen and life » de Skid Row. Je n’ai pas d’explication scientifique à cela, toujours est-il que cette chanson me fait rêver de manière totalement déraisonnée, surtout pour un gars de 27 ans. « C’est qu’t’es un gros blaireau, c’est tout », me souffle miss Chtif à l’oreille. Possible, quoi qu’il en soit, je cède volontiers ma place de métro contre deux minutes dans la peau de Sebastian Bach, ne serait-ce que pour batailler avec ma tignasse devant une fosse de nippones en furie. Sûr que personne ne l’a jamais surnommé Dick, lui (pas pour les mêmes raisons en tout cas).

 

Allez, merde, je vous la mets, "18 and life" tant pis pour vous.


Dans la foulée, du coup, j’ai lu « Dirt », la bio de Mötley Crüe, et j’en ferai une chronique bientôt. Ne riez pas, ce genre de choses arrive aux meilleurs d’entre nous : Chuck Klosterman, qui est un gars très bien, journaliste à Spin, est un grand fan de Kiss. Il pousse le vice jusqu’à comparer les disques solos des quatres membres du groupes. Ce qui veut déjà dire qu’il les a tous écoutés, respect. (Pour ceux que ça intéresse, c’est dans « Je, la mort, et le Rock’n Roll », un peu moins bien que du Nick Kent, mais toujours sympa à lire.)

 

Et pour finir de vous démontrer les méfaits du XXIème siècle, sachez que j’ai écouté plusieurs jours durant ce que je pensais être le dernier Interpol, téléchargé sur la mule (oui, téléchargé, je sais, raclure, blablabla), avant de finalement me rendre compte qu’en fait c’était un album des Killers. Un petit rigolo s’était amusé à falsifier tout ça avec soin. Pas une première d’ailleurs, une autre fois j’ai eu droit à un album de chants racistes estampillé White Stripes (fûtés, ces racistes, hein ?). N’empêche, les fakes musicaux sur la mule, si ça généralise, ils la tiennent enfin leur arme anti-téléchargement, les Fnac et les Universal. Bon, quand je me retrouve avec un porno à la place de «Joyeux Noël », je vais pas chialer, à la rigueur je m’en contente, mais là c’était les Killers à la place d’Interpol, et pour moi, les Killers, c’était vraiment des gros tocards jusqu’à présent (souvenir d’un passage sur Canal+ où ils misèrent tout sur le minois du chanteur pour sauver un coin de meuble en jouant après Arcade Fire – en vain, bien évidemment).













              Oui                                               Non


Me voilà donc Gros-Jean comme devant de confondre mes poulains avec des gros tocards (pratique ce nouveau classement, tocards et poulain…), ce qui, vous en conviendrez, est un peu border-line (Poelvoorde ©). Le plus étonnant est sans doute que dans cet album des Killers, j’ai trouvé un morceau vraiment pas mal, « Read my mind » qu’il s’appelle. Comme quoi, cette mésaventure nous permet de conclure que : 1) les Killers sont de fieffés pompeurs d’Interpol (ok, ce n’est pas forcément vrai, mais sinon de quoi j’ai l’air ?) et 2) il faudrait toujours écouter les disques en aveugle pour ne pas se laisser berner par ses a priori.

 

Dites-donc, depuis mon come-back, je ne vous ai parlé que de Queen, Skid Row et les Killers. Comme disait G.T. quelque part, c’était bien la peine de reprendre du service. Bon, allez, histoire de ne pas vous perdre à jamais, sachez tout de même que je n’ai pas non plus écouté que des pitreries. Au sommet de l’iceberg, il y a notamment l’album des 22-20’s, à côté duquel j’étais complètement passé lors de sa sortie (encore un a priori, je les prenais à l’époque pour un nième groupe en « The » en pleine vague « Jeune et jolie fait sa groupie »). Et pourtant, mes p’tits chéris, quelle claque que ce disque, que de  blues fringuant, et totalement actuel à la fois. Quelque chose comme le meilleur des Black Keys et de Richmond Fontaine réunis, avec même un petit goût de poire à la Eighties Matchbox et Supergrass, pour l’inventivité et l’énergie. Il y a là-dedans une chanson tord-boyaux, « Baby brings bad news », qui commence par ces paroles : « I’m getting sick of everyone I’m with; I’m getting sick of keeping positive”. Pour un peu, on enverrait tout balader, pour de vrai. Putain, on finira tous par écouter du country-blues comme de vieux cow-boys rabougris, c’est moi qui vous le dis…

 

Vous le voyez, sur le Chtif, il n’y a pas que des mauvaises nouvelles. Pour conclure, je voudrais noter qu’après pas mal de temps passé en dehors du cercle, je suis abasourdi par la qualité littéraire et l’effervescence qui règnent dans la blogosphère, c’est-à-dire chez vous tous. Les plumes s’affinent, les articles se renvoient la balle, les débats naissent et s’enflamment dans les commentaires, c’est assez incroyable de (re)découvrir la portée de cet outil et l’ampleur qu’il prend. J’ai l’impression qu’il y a quelque chose à portée de main, là. Un peu comme si le « do it yourself » avait enfin les moyens et le potentiel de devenir la nouvelle donne culturelle, vraiment, maintenant. Ou alors, j’ai bu trop de bière. Voilà, je finis en suçant du RSS à la chaîne, mais il fallait que ce soit dit. Bon, trêve de compliments, j’ai assez de retard à rattraper, faut que j’aille farfouiller chez les uns les autres.

 

Bise aux filles.

 

Dick.

par Chtif publié dans : L'aigri du mois
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Samedi 31 mars 2007

Ola les guys,

Plus les semaines passent, moins "L'aigri du mois" l'est. Encore quelques semaines et je pourrai écouter Cali.

Déjà on commence par deux bonnes nouvelles capables d'effacer tous les coups da:

Primo, j'ai enfin vu les "Infiltrés" (super l'aventurier des salles obscures qui se bouge deux jours après l'Oscar...). Bon, c'est du Scorcese, je vais rien vous apprendre en disant que c'est bien gaulé, comme film. Cerise sur la bobine, le réalisateur qui a toujours fait peuve d'un goût certain pour ses B.O. a ici  donné la place princière à un de mes petits chouchous persos : "Nobody but me" et ses Boogaloos DiCapriesques. Orgasme dans la salle.

Deuxio, Gaston Lagaffe a fêté ses 50 ans, à Bruxelles bien sûr. Pour fêter l'évènement, le gouvernement belge a tout simplement décrété une journée "parcmètres gratuits", pour saluer le combat de Titans Gaston-Longtarin (le brigadier verbalisateur). La Belgique est le plus grand pays du monde. Boogaloo.



Bref, ce mois-ci, peu de motifs valables pour s'énerver. Pourtant, il y avait des perches tendues : les Victoires de la Musique, l'Eurovision... Enfin, bon, sans télé à la maison, je suis passé entre les mailles du filet. J'ai quand même apprécié les résumés du JT : le "j'suis vach'ment content, surtout que j'l'ai composé en 15 minutes" de M pour son prix de la meilleure B.O., c'est toujours sympa pour les perdants. 15 minutes, ça doit aussi être le temps que les Wampas ont mis pour pondre "Faut voter pour nous", bien punk bien rigolo... Il y avait de quoi arracher two points à la Hongrie, à l'aise.

C'est très pratique de ne pas avoir la télé, ça permet d'être incapable d'identifier un morceau de M. Pokora, ou de découvrir la parodie de Diam's avant l'originale, par exemple. Par contre, il y en a un que j'ai découvert le week-end dernier, c'est Anis (apparemment tout le monde le connaît depuis des mois, depuis que France 2 l'a propulsé "révélation de l'été" pour respecter ses quotas de black-blanc-beur) : lors d'une émission live qui enchaînait les sous-Benjamin Biolay, d'un coup Anis débarque, et joue "Intégration".. .et j'ai trouvé ça vachement bien sur le coup. Il faut dire aussi que j'étais en plein trip métissage (vin blanc-vin rouge précisément), ça a dû aider. Mais même à la réécoute, ça sonne encore bien,  pas mal de clichés banlieues-écolo-and co dans les paroles mais pas dans la musique : sur "Cergy", Anis se prend pour Jonaz, emprunte un petit "ensemble on est de la dynamite" aux Bérus... Alors soit pour une fois ils ont dégôté quelque chose de pas trop mal, à France 2, soit ils ont un sacré pouvoir ramollissant.


Tiens, est-ce qu'ils passent les Stooges à la télé ? Nouvel album, la reformation, tout ça(comme le dessinait Luz à propos de la mort de Joe Strummer : "Mon Dieu, c'est terrible, je... je crois que je m'en fous")... Ils en sont bien capables, déjà que SFR a descendu "I wanna be your dog" sans sommation... Faudrait faire un listing des Dix Grands Crimes Musicaux perprétrés par les publicitaires :


Numéro 1 : Ba-Ba-Ba, Ba-Ba-Babybel" - The Beach Boys
Numéro 2 !!!! : "Tu es le soleil de ma vie, Cofidis" - Stevie Wonder
Numéro 3 !!!!!!!!! : " Kamol plus fort que la douleur" - Chuck Berry, etc ...


Les Stooges ne sont pas les seuls à viser le podium ce mois-ci : plein de grosses sorties (ou annoncées comme telles) mais peu de vraiment excitantes. (Déjà, qu'on ne vienne pas me soutenir ceci-cela sur les Klaxons : le disco-rock, c'est bien gentil, mais à part celui d'enfin dégager les Scissor Sisters, il n' y a pas grand mérite.) Tiens, j'ai réussi à passer le cap de la quatrième plage sur le dernier Arcade Fire (enfin de la cinquième, c'est la moins réussie du lot) : et ben finalement il est pas mal ce deuxième album, surtout la deuxième face. Contrairement à "Funeral", un petit effort doit être fait pour apprécier les mélodies. Légère inquiétude tout de même au niveau de la production qui en fait des tonnes : s'ils continuent dans cette voie, Arcade Fire ne va pas tarder à déloger U2 de son poste actuel. Un doute parfaitement cristallisé par le très amusant article de Interprétations diverses, dont voici un extrait :

"La religion est l'opium du peuple, elle est aussi le Valium du rock. Devant les grandes orgues d'Intervention, que nous reste-t-il à faire ? Se signer, se prosterner, mettre quelques euros dans la corbeille ? Tout ça sent l'autodafé collectif façon David Koresh dans dix ans. Ou encore pire : l'utilisation d'Arcade Fire à l'entrée de tous les mariages des années 2010."
 
 
Finalement, faute de prétendants assez couillus pour faire bouger le mois de mars, je me suis ressorti une petite madeleine de Proust comme on n'en déniche plus de nos jours : les Angels. Chefs de file australiens, trônant sans complexe aux côtés d'ACDC et des Saints, les Angels font partie à jamais de cette maudite catégorie de groupes qui "auraient dû". L'histoire est classique, à pleurer (comme une madeleine, donc) : discographie sans écueil, frontman de folie, classe scénique incomparable d'un côté, problèmes de management, galères en tous genres, et scoumoune persistante de l'autre. Les Angels ont officié sans relâche de 77 à 80, tutoyé le succès avec des tournées sold-out à travers le monde, pour finalement jeter l'éponge après avoir manqué le coche. Leur mélange hard-rock, punk et pop inspiré a pourtant fourni une tripotée d'excellents titres dont on ne se rappelle plus guère ("Coming down", "Mr Damage"...)


On peut encore aujourd'hui se payer une bonne cure de jouvence avec "Live line", leur meilleur témoignage discographique. A l'origine un quadruple vinyle enregistré sur scène entre 83 et 87, puis réédité en 99 avec 10 titres supplémentaires (et pas les moindres). Le genre de disque qu'on fait écouter aux amis, et qu'on conseille aux amateurs de sensations pures. On entend là-dessus une alchimie parfaite entre un groupe et son public, quelque chose à foutre dans le livre des records : à la fin de"After the rain", tout le monde poursuit le morceau a cappella pendant deux bonnes minutes, obligeant le groupe à revenir improviser une nouvelle fin; sur "Am I ever gonna see your face again ?", le public invente carrément de nouvelles paroles que tout le monde reprend en choeur... L'interprétation est nerveuse,urgente, impeccable. Doc Neeson, au micro, déchaîné, tient la salle dans le creux de sa main et prend un malin plaisir à malaxer le tout : Doc Neeson fait partie de ces trop rares chanteurs qui ont cet espèce de visage figé, magnétique, au bord de la rupture. La beauté inquiétante des passionnés qui vont au bout d'eux-mêmes. Derrière, Rick Brewster, impassible, mais tellement efficace à la gratte.

On pourrait citer tous les titres en exemple, "Take a long line", métamorphosée par un sax vicieux, les huit minutes de "Marseilles"  avant son final jouissif, le crooning bourré de "Easy prey", la chaleur palpable de "Into the heat"... Ah mince, écoutez-le, tiens, qu'est-ce que vous voulez que j'vous dise, ma bonne dame... D'autant qu'on ne reverra pas ça de sitôt : Doc Neeson, salement amoché dans un accident de voiture en 2001, peine à se remettre d'aplomb. En fait, on n'a quasiment plus de nouvelles.

En bonus, pour se faire une idée, un live de "After the rain" :


 

Pas trouvé mieux, mais les intéressés pourront poursuivre la découverte avec le clip de "Coming down", un live de "Take a long line" (sans saxo...), ou deux intéressants sites en français sur le groupe : The Angels from down under et No Exit.

 

Bon, ben pour quelqu'un qui n'avait ni rien à dire, ni rien pour se plaindre, c'était quand même un long bla-bla... On va le stopper là pour aujourd'hui, avant de revenir bientôt pour deux-trois découvertes BD qui valent franchement le détour.

Encore un petit détail avant de faire la bise aux filles : je suis dans une période pas évidente, là, et ce jusqu'à mi-juin à peu près. Ca veut pas dire qu'après j'aurais plus qu'à glander, mais ça veut dire que d'ici là, je ferai ce que je peux pour maintenir un rythme potable au blog. Pas évident... Désolé donc s'il a fallu attendre 15 jours pour un nouvel article, ou si j'ai moins de temps pour aller poster chez vous. Je continue à vous lire, mais en speed ! Bye.

par Chtif publié dans : L'aigri du mois
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Vendredi 2 février 2007
Ola tout le monde, les jours passent, l'humeur reste mais on s'habitue ! Ce mois-ci, deux sorties incontournables.
 
D'abord les Naast, bien sûr, ils s'en sont pris plein la gueule pendant des mois sans rien demander à personne, il est de bonne guerre de ne pas faire l'impasse sur leur premier disque. Voilà, "Antichambre" (bizarre ce titre...) est dans les bacs après deux ans de promo gratuite chez "qui-vous-savez", et on se dit qu'on va enfin pouvoir passer à autre chose. Non, non, vraiment, je dis pas ça pour être salaud, on a vraiment l'impression que le débat vient de se clore avec l'arrivée de fondements solides pour juger le groupe. C'est quand même bête pour un groupe qui débute. Désormais, finies les digressions sur les fringues, les belles gueules, finies les attaques virulentes de ceux qui n'ont jamais vu le groupe, etc... plus possible de tricher, le disque est là, et... et ben on se dit "à quoi bon ?" tout simplement. L'album n'est pas très mauvais, loin de là, il passe même comme une lettre à la poste, tellement bien d'ailleurs qu'on s'en balance complètement. Ca me fait penser aux Dirty Pretty Things : premier disque excellent à l'écoute, mais impossible de siffloter la moindre compo, même après 35 écoutes.

Ceci dit, les Naast ne sont pas encore au niveau des Dirty : on pourrait critiquer pas mal de choses, ne serait-ce qu'au niveau du chant, mais faut bien reconnaître que peu de jeunôts à peine mineurs arrivent à faire quelque chose de potable. Mais pourquoi eux ? Si R&F voulait trouver le bon filon, il y avait quand même plus solide, non ? Avec une simple chronique à la sortie, tout le monde aurait trouvé ça sympathique, avec l'abattage qu'on a subi, personne ne peut plus les blairer. Le numéro de ce mois-ci (dont l'édito s'intitule curieusement "Spécial copinage", ou un truc du genre) touche au paroxysme d'ailleurs : Naast en couverture, album quatre étoiles (pas passé loin du "disque du mois", ça se sent...), interview de 12 pages durant laquelle Ungemuth part au charbon et tente scolairement de démonter toutes les critiques envers le groupe, une par une... Bientôt on va les retrouver dans "Mes disques à moi" et les petites annonces. Casse-couille. Bon, vous ne devriez pas voir le sujet ressurgir de sitôt sur le site, ça commence à tourner sacrément en rond, désolé. Pour une chronique plus constructive, allez donc voir sur Planet Gong.


Sinon, côté français, y'a le dernier Gomm qui est arrivé aussi, mais on tâchera d'en parler un peu mieux prochainement.




La deuxième sortie, c'est Arcade Fire, bien sûr. En fait, "Neon Bible" ne sort qu'en mars, mais apparemment tout le monde l'a déjà écouté et chacun y va de sa petite chronique. Je ne peux pas vraiment vous résumer ce que je pense du disque lui-même, par contre je peux vous dire ce que je pense de la quatrième chanson, vu que je bloque dessus depuis à peu près 48h.  "Intervention", qu'on pourrait qualifier de "divine" même s'il n'a aucun lien avec Slayer, a pourtant tout pour guilicher la mauvaise foi de l'auditeur tatillon : le morceau dégouline d'orgue et d'emphase christique, ça monte en crescendo, on a l'impression que le plafond de l'église va vous tomber sur la gueule et que le choeur va s'arracher les yeux à force de sécher ses larmes, et pourtant, pourtant, il chope les tripes comme rarement. Il y a même un xylo, l'instrument dont on doit se méfier par excellence... A ce propos, vous connaissez certainement  les Concerts à Emporter : la Blogothèque fait du bon boulôt, c'est sûr, mais ça loupe jamais, à chaque fois qu'il y a un xylo dans le tas, vous pouvez être sûr que le morceau va être à chier. Ceci dit, il y en avait aussi sur "Funeral", et j'avais pas bronché, donc passons.

 Bref, j'ai essayé de me dégoûter de la chanson à force de l'écouter,  j'ai essayé de me convaincre que "Intervention" était facile et surjouée (il y a une catégorie de fans un peu cons qui pensent que le succès entrave l'innocence de l'écriture, donc que les "deuxièmes albums" sont fatalement moins bons que les premiers, j'en suis). Rien à faire : calez-vous ça dans les oreilles avant d'aller taper le trottoir, et les nappes de synthé gonfleront une bulle impénétrable et moelleuse autour de vous qui tiendra l'humanité à distance respectable, et vous laissera tout le temps de chercher une quelconque vérité. Au milieu du fracas, Win Butler se débat et semble par moment sur le point de se sauver lui-même, d'en finir enfin avec la série macabre de "Funeral"...


La rubrique nécrologique n'est pas finie, malheureusement : il y a quelques jours, une nouvelle petite rubrique apparaissait sur le Chtif, "Brèves de comptoir". Pour l'inauguration, il y avait du beau monde primé à Angoulême, et notamment "Le photographe", excellente bande dessinée un poil rebutante par son graphisme au premier abord, mais qui s'avèra totalement indispensable après lecture.
 
Le photographe : "Guibert/Lefèvre/Lemercier"


C'est le jour que choisit Didier Lefèvre pour prendre son dernier cliché, juste après sa consécration : baroudeur-reporter, il avait trimballé ses objectis en Afghanistan aux côtés de Médecins sans Frontières et des  résistants moudjahiddins. Le périple donna lieu à une histoire dure et passionnante avec ses plusieurs niveaux de narration, que l'on ne peut bien entendu que conseiller à nouveau.

Rendez-vous au prochain "aigri du mois", sans rubrique nécrologique j'espère.
par Chtif publié dans : L'aigri du mois
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Mercredi 27 décembre 2006

Ceci n'est pas vraiment un article, ni même un bilan de fin d'année. Juste quelques ruminations un peu bouseuses de votre vieux grincheux de serviteur qui voit s'achever une année décidément pas beaucoup plus réjouissante que la précédente.

 

D'abord, comme vous le savez déjà, James Brown est mort dans la nuit de Noël. Beaucoup d'articles ont déjà versé leur petite larme à l'occasion, donc je ne vais pas en rajouter une couche. D'ailleurs, je mentirais en disant que la nouvelle me touche profondément : je n'ai jamais aimé danser, et je n'ai donc jamais suivi de près les traces du phénomène, mais quand même, il a eu la grande classe jusqu'au bout le James. Maintenant, la question est : combien de temps avant qu'Hollywood se décide à capitaliser sur ses restes ? Pour Ray Charles, ils avaient eu le nez fin et s'y étaient pris juste avant sa disparition, ce coup-ci le bonhomme les a pris de court.

 

Par contre, je viens seulement d'apprendre la mort de Rémy Belvaux qui a décidé de stopper sa route le 4 septembre dernier (consultez l' article de Melissa ici pour plus d'infos). Rémy, c'est bien sûr l'inoubliable acôlyte reporter et souffre-douleur de Benoit Poelvoorde dans "C'est arrivé près de chez vous". On l'a peu vu par ailleurs (un peu dans les "Carnets de Monsieur Manatane", quand même), Rémy s'étant tourné  vers la réalisation de spots publicitaires, au succès garanti par son humour à la belge. Bon, voilà, ça fait chier, tout simplement.

 

Rémi Belvaux

Vous le voyez, ça commence fort. A part ça, quoi ? Au moment des référendums, je m'aperçois que je n'ai pas acheté énormément d'albums en 2006, et parmi eux, peu de vraiment marquants... Heureusement (soyons positifs), quelques bonnes découvertes et surprises,  quand même : les instrumentistes d'exception de Wilco, le dernier Bruce Springsteen qui ressort avec bonheur les bonnes vieilles marmites... Une bonne cuvée pour Tool et Slayer également , quelques concerts inoubliables (The Gossip - en sueur, zZz -raide défoncé, Why ?- grosse claque), et d'autres beaucoup moins (notamment Gotan Project, à chier).

 

Bref, finalement on pouvait dégôter quelques choses pas désagréables dans les bacs cette année, mais il fallait bien chercher. Curieusement, et G.T. l'a très bien remarqué dans son article "2006 : la revanche des vieux", ce sont les anciens qui s'en sortent le mieux.

 

La preuve : pour les Who aussi, c'était une bonne année. Prestations en concert au-delà de toute espérance, et nouvel album "Endless wire" qui ne déçoit pas. Au fait, pour ceux qui se demandent pourquoi je n'ai pas encore chroniqué l'album ici, la raison est simple (et pas facile à avouer) : mon opinion sur le disque correspond à la virgule près à celle du numéro 472 de Rock&Fuck. J'allais quand même pas réécrire la même chose... C'est quand même ballot : alors qu'enfin en 2006 j'ai réussi à couper les ponts avec le magazine (en passant par la case règlement de comptes), ils se remettent à faire des articles qui ne m'énervent pas. Il y a même eu une story Steve Marriott dans un récent numéro, j'ai dû batailler pour ne pas l'acheter. Pire encore, deux visiteurs (oui : deux !) m'ont avoué s'être réabonnés au magazine suite au débat sus-mentionné. Passons...

 

"Pete, tu crois que ça ira mieux l'année prochaine ?" (photo (C) )

Alors quoi ? Tout est perdu ? On est condamné à farfouiller dans les antiquités indéfiniment ? A qui la faute si les disques trente ou quarantenaires filent plus la patate que la dernière révélation de la semaine ? Revenons sur R&F par exemple, ça fait bien deux ans qu'on attend l'explosion tant annoncée de leur scène rock parisienne des p'tits jeunes qui tuent, et toujours rien de concret à se mettre sous la dent. M'est avis qu'on va se retrouver avec un pétard à effet mouillé, sponsorisé par le nouveau gel des laboratoires Schwarzy : "Got2Be". N'empêche, ce nom... "Got2Be". On a atteint le summum de l'aliénation publicitaire, là, non ? Ecoute la hype, aie l'air dans le mouv' avec ta coupe de cheveux de djeun's cool et boucle-la. En gros. Comment voulez-vous que les jeunes groupes nous pondent de la musique intéressante s'ils acceptent des slogans comme ça ?

 

Punk-Rock : ouf, la relève.

 

Peut-être me trouvez-vous défaitiste, et vous avez sans doute raison. Au fond ce n'est pas possible qu'absolument tous les jeunes se montrent aussi serviles. Seuls ceux qui auront su conserver un fond d'honnêteté devraient se démarquer avec le temps, mais admettez qu'on ne leur rend pas la tâche aisée... En ce moment, je ne sais pas ce qui se passe, j'allume la télé une fois par mois, mais c'est à chaque fois pour tomber sur un truc horrible, par exemple Emilie Simon qui reprend "I'm waiting for my man" du Velvet Underground avec une petite voix toute douce toute gentille (c'était sur Taratata). Qu'on soit clair : Emilie Simon est sans doute très douée dans son domaine, mais comment peut-elle raisonnablement interpréter, pas "aimer", non, je suis sûr qu'elle apprécie sincèrement le morceau, mais comment peut-elle rester honnête en chantant ces vers crasseux bouffés par le manque ?

Feeling sick and dirty, more dead than alive,

I'm waiting for my man

A quoi ça rime ? Tout se mélange, et tout se vide de sens. Bientôt c'est Norah Jones qui jouera "Antisocial" ou "California Über Alles" et tout le monde trouvera ça cool. Un autre exemple ? J'en ai un tout prêt, celui-là je n'y ai pas assisté, mais j'ai quand même été vérifier sur internet après coup pour juger de visu. Je ne vous ferai pas l'affront de mettre les vidéos ici, un petit tour sur You Tube, vous tapez un truc comme "Joey Starr - Star Academy" et voilà.

 

Je n'avais jamais évoqué le rapper auparavant dans ces pages (et l'émission encore moins), ce n'est pas mon domaine, mais Joey Starr m'a toujours semblé incarner l'un des derniers bastions contre l'apathie et la corruption (médiatique) ambiantes. Sans concession, rageur, avec sa voix fêlée, une sorte de Jello Biaffra hip-hop... C'est sans doute embelli comme portrait, mais bon, les chanteurs consistants sont rares, aussi. Alors qu'est-ce que Joey Starr est allé foutre à la Star Ac ? Inciter les jeunes à voter ? OK, mais Joey Starr étant à peu près à l'opposé politique de TF1, pas sûr que son message ait été suffisamment clair pour les spectateurs... Sans doute n'y a-t'il rien à comprendre, au fond : la Star Ac est une étape de promotion comme une autre, au retentissement immense, et Joey s'y plie. Que les Stones, et les Red Hot virent en machine à fric, passe encore, mais lui... Désolé, mais je peux pas m'empêcher de penser qu'on a franchi une limite, là.

 

Bon, je cherche pas non plus à vous plomber le réveillon, alors finissons avec une bonne petite vidéo qui fleure bon les séries B et la bière tièdasse des fins de soirée. C'est "Like in the movies" de I love UFO, groupe français dont on avait déjà parlé par ici, et qui écrit dans sa bio :

"I Love UFO regardent vers le futur. Ils ne sont pas nostalgiques, sont toujours prêts à expérimenter, à se mettre en danger et à aller de l’avant.  Ils restent néanmoins de grands fans de Sonic Youth, Comets on Fire, Oneida, Liars, Public Image Ltd, dinosaur Jr, 80’s Matchbox B Line Disaster et autres… Surtout des groupes défricheurs, rugueux, de ceux qui construisent leur propre mythe. I Love UFO ne sont pas des suiveurs, bientôt les autres les suivront... L’inverse : JAMAIS ! "

... ce qui est, vous en conviendrez, plutôt rassurant.

 

 


 

par Chtif publié dans : L'aigri du mois
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Ptite pensée ...


Ce site est dédié au plus imprévisible  des chefs cuistos: Keith Moon.
(c'est un peu le bordel sur ce site : il aurait adoré)

La plupart des chroniques publiées ici sont aussi dégotables sur http://www.sefronia.com .



Ils parlent du Chtif : ça prouve qu'ils ont bon goût (ah ah...)
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