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En bref, tout ce qui a une guitare et une batterie depuis que le riff existe. J'ai fini par comprendre que la nullité était le plus authentique critère du rock'n roll, que plus le boucan était primitif et grossier, plus l'album serait marrant, et plus je l'écouterais longtemps." Lester Bangs |
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Chtif mange beaucoup plus de disques
que de raison et en déglutit pas mal de chroniques
Grands crus, piquettes moisies, vieilles recettes de grand-mère ou bizarreries post-modernes se succèderont ici sans distinction ni sectarisme, au
rythme du mange-disques uniquement.
Et s'il vous reste une petite place pour le digestif, il y aura aussi quelques petites revues bds et bouquins, histoire de pas partir la bouche
sèche.
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13 Mai 2008
Juste un petit coup d'auto-promo pour une chose sans grande importance :
Et pour les amateurs de n'importe quoi :
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Qu’on ne se méprenne pas : seules deux catégories de personnes persistent à considérer la
bande dessinée comme le rejeton mal-aimé du cercle littéraire, celui qui rate ses études et suscite les lamentations dans les repas de famille. Les premiers, sourds-muets (plutôt aveugles, en fait), méprisent ces grands machins cartonnés qui s’insèrent difficilement au milieu de leurs ouvrages de
Il faut dire que depuis quelques temps se développent à vitesse grand V les bandes dessinées qu’on pourrait qualifier de « sociales », balayant au petit bonheur la chance : ésotérisme, sexualité du troisième âge, mère porteuse atteinte du sida en prison… Avec un lectorat potentiel aussi massif que l’audimat de « Confessions intimes », on comprend que tous les thèmes, y compris les plus racoleurs, deviennent prétexte à la mise en bulle. Comme ses huit grandes sœurs avant elle,
Au milieu du foisonnement abrutissant de sorties en librairie, dégoter de véritables BD rock reste un privilège d’une fraîcheur certaine. « BD rock » ne signifie d’ailleurs pas forcément « BD qui parlent de rock » (souvent tenté, souvent démago, souvent casse-gueule). On fera plutôt appel ici au ressenti personnel, qui nous permet d’humer la vraie sueur et la hargne sincère derrière telle ou telle prouesse graphique. Sans aller jusqu’à parler de BD-rock star, il est amusant de traquer les buvard-héros, ceux qui ont troqué leur guitare pour un crayon et une planche. Ce que le Chtif se propose de faire ici-même et pas plus tard que maintenant.
Un conseil : cliquez sur les couvertures d'album pour accéder à un aperçu des planches.
On commence par le comic « En route pour Seattle » de Peter Bagge (et sa suite au « ...New
Jersey », sélectionnée à Angoulême cette année d'ailleurs), road-movie plombé d'avance par un Buddy Bradley trop casanier pour mener à bien ses ambitions de manager de groupe (entre autres combines foireuses). Cerné par les loosers en tous genre, les parasites et les copines psychotiques qui entretiennent sa paranoïa, Buddy préfère le plus souvent loquer devant la télévision à disserter de l'influence du climat sur ses furoncles, et on le comprend. Inutile de préciser que tous les branleurs aux chaussettes trouées se retrouveront dans le personnage. Ne serait-ce, tiens, que pour la scène où Buddy file prestement vomir ses tripes dans les toilettes d'un restaurant quand son rencard du moment lui offre deux places pour U2... Quoi de plus approprié que l'intégrale des Ramones pour s'enfiler les deux volumes, épais comme un bide à bière en fin de week-end.
Montée en puissance avec "Transmetropolitan", encore un comic, de Warren Ellis. Journaliste
gonzo avec une araignée au plafond, Spider Jerusalem y reprend du service après cinq ans de retraite en ermite des montagnes. Rien n'a changé en ville: une nouvelle religion est créée toutes les heures, l'électro-ménager se défonce, et le gouvernement réprime des rébellions d'humains transgéniques... La virtuosité imaginative et graphique de Darick Robertson (un pro du cadrage, celui-là) donne corps et crédibilité à cet univers mi-futuriste, mi-satirique. Au passage, le bouquin dénonce la société de consommation, les manipulations politiques, les croyances et bonimenteurs de tout genre. On profitera de la lecture pour entamer sa révolte sur fond d'Atari Teenage Riot, en expédiant tous ses Bob & Bobette par la fenêtre.
Rencontre assez mémorable également, celle de Sylvie Fontaine, au crayonnage aussi hallucinex que 
A la chambre des désaxés, Durandur est un habitué : après les aventures sordides du privé Gilles Hamesh, pondues avec Jodorowsky, Durandur frappe un grand coup avec« Durandur encule tout le monde ». Derrière la provocation évidente du titre et des histoires se cachent de rudement bonnes
idées scénaristiques jouant sur la mise en abîme : le lecteur devient bourreau d"une séance de torture qu"il est seul à pouvoir stopper, et le personnage dessiné victime impuissante de son propre créateur... Durandur dessine à la lame de boucher, aussi noire que celle de Franquin, aussi boyauteuse que celle de Vuillemin. Cerise sur le gâteau, Durandur s"offre le luxe de dessiner dix fois la même page pour le seul plaisir de se foutre de notre gueule. Eminemment punk, comme attitude. Durandur mérite une bande son à l?unisson de son oeuvre : « J"irai chier dans ton vomi » de Métal Urbain remporte la palme. Notons que certains verront un intérêt limité à mettre 20 euros pour qu'on se paie sa tête. Pour me la péter, je considèrerais plutôt ça comme un acte politique pour la sauvegarde de la liberté d'expression. Et toc. (Une fois, j"ai bien entendu un gros ricain dire que Slayer symbolisait le Premier Amendement, alors...)
J
e m'en voudrais de ne pas citer ici Chauzy&Jonquet, qui petit à petit s'imposent dans mon panthéon personnel (aux côtés de Dumontheuil et Tardi). Avec un style réaliste aux couleurs égrotantes, le duo dépeint la vérité crue des scènes de rue. Ambiance polar, personnages en perdition, on s"engouffre dans leurs albums comme dans une impasse sans lumière, avec la certitude que tout ça finira mal. Citons entre autres le remarquable diptyque « La vie de ma mère », pour le coup plus ancré dans le rap avec Belleville et Barbès comme toile de fond.
Pour finir, un album malheureusement passé inaperçu, « Lola Cordova », fille de joie enlevée par des extra-terrestres pour satisfaire
leurs besoins primaires. La belle s"exécutera bien volontiers en échange de quelques nanopsules hallucinogènes, l"occasion de traverser quelques vortex initiatiques avant de revenir affronter des espèces de Men in Black, bien terriens cette fois... Rien que ça. C"est Arthur Qwak qui est responsable de l"ovni, et visuellement c'est une claque inoubliable : entièrement infographée, chaque page est une nouvelle invention visuelle et labyrinthique. Un vrai régal acide à savourer en faisant la pile sur « Neurophonie » de Micropoint (les plus calmes se contenteront d"Hawkwind, tiens, et puis, ça fera plaisir à Thom).
That's all folks pour aujourd'hui !
Note : toutes les images proviennent de la bédéthèque, site de référence en la matière.

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