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Chtif mange beaucoup plus de disques que de raison et en déglutit pas mal de chroniques

Grands crus, piquettes moisies, vieilles recettes de grand-mère ou bizarreries post-modernes se succèderont ici sans distinction ni sectarisme, au rythme du mange-disques uniquement.

Et s'il vous reste une petite place pour le digestif, il y aura aussi quelques petites revues bds et bouquins, histoire de pas partir la bouche sèche.     

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Brèves de comptoir

13 Mai 2008

Juste un petit coup d'auto-promo pour une chose sans grande importance :

Small Shots

  Et pour les amateurs de n'importe quoi :

Ned et Frico




 

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Jeudi 10 janvier 2008

Regardez comme la communauté internet est bien faite.

L'envie vous prend de faire une petite review du concert de Turbonegro auquel vous avez assisté quelques jours plus tôt. Quelques clics pour se remettre dans le bain avant d'attaquer, et là vous constatez que tout le monde a déjà torché le travail avant vous. En vrac, vous trouverez donc : des reviews bien ciselées (par ex-em-ples), la playlist du concert, des photos (par là entre autres ), des vidéos, et même, comble du raffinement, votre portrait-souvenir personnel bien cadré au milieu de la fosse (merci beaucoup à Lorène Lenoir pour cette sympathique attention - les photos de l'article lui sont d'ailleurs attribuées).

 

Bref, une bien belle efficacité. Maintenant, si quelqu'un pouvait me retrouver le médiator d'Euroboy que j'ai paumé en rentrant, je suis preneur. Sûr que c'est jouable.

 

Voilà, merci les gars, il n'y a plus grand-chose à raconter qui ne l'ait déjà été. L'histoire est désormais connue... mais on va la répéter quand même pour les deux du fond qui n'ont pas suivi. Après les débuts underground, l'explosion du fameux « Apocalypse Dudes » (1998) qui les révèle au monde entier, et un split dans la foulée pour cause d'internement  du chanteur, un mini-culte naît autour du groupe. Costumes délirants, feux de Bengale dans le cul, partouzes gays... Turbonegro sent le soufre à plein nez, et ça plaît. Le retour en 2003 laisse place aux espoirs de reconquête les plus fous. Las, l'album de la reformation ne réitére pas l'exploit de son prédécesseur : trop produit, pas assez Deathpunk, « Scandinavian Leather » se plante. Le groupe se maintient malgré tout sur sa réputation scénique et sort encore deux albums massacrés par quasiment tout le monde. Condamnation hâtive, car « Party Animals » (2005) et « Retox » (2007), s'ils ne peuvent soutenir la comparaison avec leur illustre ancêtre « Apocalypse », n'en restent pas moins de très écoutables albums secoués d'honnêtes giclées punk'n rolliennes (« Wasted again », entre autres,  avec son excellent pont : « My body is a tempo ! »). Bref, la bête tressaute toujours malgré cette triste évidence : Turbonegro est aujourd'hui sur la pente descendante.

 

Tout ceci n'empêche pas le public de se rendre encore en masse à leurs concerts : malgré l'absence de première partie, le Trabendo est rempli ce soir pour les norvégiens. Public bon enfant venu s'en taper une bonne tranche, et quelques très jeunes Turbojugend d'élevage (avec la panoplie complète veste-bonnet de marin...) au milieu, qui font toujours plaisir à voir. On patiente, on s'imbibe, et Hank débarque, drapé du Star Splanged, débordant de tous côtés, on dirait Beth Ditto en moins épilée. Happy Tom ressemble à un déménageur breton en pleine avarie de chalutier, crade, suant de la poiscaille à grand renfort de quatre cordes.

 Le théorème du mois :

plus



égal





Ces deux-là sont magnifique, mais autant le dire tout de suite, c?est pour Euroboy que je suis venu, à mon sens le seul guitariste actuel à même de devenir une icône absolue du rock?n roll, titre auquel seuls quelques Johnny Thunders ont pu prétendre avant lui. Il y a quelque chose de l?ancien Dolls chez Euroboy, c'est clair, son jeu flamboyant, lubrique, et son aspect malade, constamment sur la brèche... C'est assez malheureux à dire, mais il ne déçoit pas, le bougre : visage émacié, maigreur extrême, on a l'impression qu'il vient de s'évader de Buchenwald en dérobant casquette et bottes de cuir à ses tortionnaires. Ce mec est en dehors de tout ce qu?on peut imaginer, une équation d'attraction-répulsion à lui seul. Allez, espérons tout de même qu'il ne suivra pas le modèle jusqu'au bout. Bon sinon, déception tout de même, le batteur a changé et j'étais pas au courant.

 

Turbonegro attaque par « All my friends are dead » et enchaîne avec un pseudo best of classique mais espéré. Cinq morceaux de « Ass Cobra » (1996), autant pour  « Apocalypse Dudes ». Les trois derniers disques sont par contre un peu moins représentés (3 ou 4 extraits chaque). Marrant d'ailleurs de constater comme le groupe s'est débarrassé de « Fuck the world », le single symbole de la rupture MTVesque de « Scandinavian Leather » (2003). Peu importe, les hymnes « Ride with us », « Get it on » et « Prince of the rodeo» sont joués, et c'est l'important. Ca joue pas très fort (pas assez) et rapide (un peu trop), du coup pas mal de morceaux s'emballent en bouillie sonique, peu de chance qu'un non-converti ait apprécié la performance ce soir. Les interventions gouleyantes de Hank viennent briser la charge pour distraire l'auditoire : Sarkozy en prend pour son grade, Le Pen aussi, un petit coucou pour les copines du bois de Boulogne en passant, etc... Il est en forme. Le très réclamé « I got erection » vient couronner la soirée (sans feu de Bengale, toutefois).

 

A l'instar d'ACDC, on demande à Turbonegro de faire du Turbonegro, pas du Pink Floyd. En ce sens, Turbonegro a répondu présent, sans toutefois rassurer sur son futur : si le spectacle scandinave offre toujours son lot de réjouissances, il manque désormais ce petit supplément de folie palpable, cette insouciance décadente qui déclenche les passions les plus réprimandables. Il n'aurait pas fallu grand-chose (un petit « Are you ready for darkness ? », glauque à souhait,  peut-être) pour convertir le Trabendo en un vrai joyeux bordel. Ce qu'il méritait d'être ce soir-là.


En bonus, parce que sur le Chtif, il y a toujours des bonus, mes biens chers frères, une très bonne version live de "Prince of the rodeo". Si vous trouvez plus excitant, nous remboursons la différence.


par Chtif publié dans : Chroniques concerts
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