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En bref, tout ce qui a une guitare et une batterie depuis que le riff existe. J'ai fini par comprendre que la nullité était le plus authentique critère du rock'n roll, que plus le boucan était primitif et grossier, plus l'album serait marrant, et plus je l'écouterais longtemps." Lester Bangs |
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Chtif mange beaucoup plus de disques
que de raison et en déglutit pas mal de chroniques
Grands crus, piquettes moisies, vieilles recettes de grand-mère ou bizarreries post-modernes se succèderont ici sans distinction ni sectarisme, au
rythme du mange-disques uniquement.
Et s'il vous reste une petite place pour le digestif, il y aura aussi quelques petites revues bds et bouquins, histoire de pas partir la bouche
sèche.
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13 Mai 2008
Juste un petit coup d'auto-promo pour une chose sans grande importance :
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Au diable les têtes d’affiches, place aux jeunes pousses. Trois enfants de la balle sur la pesée pour cette nouvelle cargaison des « Kids are alright ».
On commence avec Orpheus, qui va bientôt souffler ses 5 années d’existence avec deux albums
dans la musette. « Brille », le petit dernier, nous dévoile une formation bien rôdée aux affres de la composition. Bel emballage et bonne mise en place, le groupe ne se contente pas d’amateurisme : ça tombe bien, Orpheus cumule quelques atouts pour espérer sortir du créneau. Les férus de chanson française trouveront leur bonheur avec des morceaux mi-naïfs mi-lucides, saupoudrés d’influences plus ethniques (samba, jazz tsigane…) afin de ne pas gâter la tambouille. Le chant surprend au départ, mais impose son caractère au fur et à mesure que défilent les plages.
Les rock-addicts mettront un bémol sur les textes un peu bavards et quelques intitulés poussifs à la poète disparu (« Anophèle », « Itératif »…). Camper sur cet a priori serait toutefois bien dommage, tant la guitare abat un joli boulôt. Jamais avare d’une petite ligne enfouie tout derrière,
dans le tapis des arrangements, le garçon est à l’aise dans tous les registres, on sent le studieux. Studieux, mais pas polar pour autant : les cordes volettent entre arpèges acoustiques et grosses poussées dans le rouge avec naturel et aventurisme. On aurait bien vu « Que tu me pièges », deuxième partie d’un diptyque à tiroir, apporter un peu de fraîcheur sur « Europe et haines » de Trust (ce qui est un compliment, n’oublions pas que la bande à Bernie savait être efficace, dans le temps).
Changement de ton avec The Real Nelly Olson, voui voui, celle de la petite Niaiserie. Lassée de faire des misères à la fille du bûcheron devant des
générations de téléphages abrutis, la petite peste du village s’est fumée les couettes aux coquelicots. Le résultat est là : un maxi de cinq titres bien suintant de hard à vous moissonner un douze hectares au premier accord. Riffs simples-mais-efficaces, comme on dit au village, sens du break qui relance la machine, production lustrée au Jack Daniels, dans l’Olson tout est bon. La guitare fait son blues sur un tempo punk, vire carrément métal quand la récolte est bonne, on a l’impression d’entendre du Cramps en accéléré et didiou ça dépote.
La chanteuse, rebaptisée Kler Chacal (au cas où vous n’auriez pas compris), est une fille plus que fréquentable qui s’égosille à la perfection. Laura Ingalls n’étant plus dans les parages, c’est son micro qui déguste. Plus appréciable encore, la petite furie ne renie pas complètement sa féminité, et sait s’adoucir par moments pour mieux faire des crasses par derrière (« Lobotomization ») ; cajolements de courte durée, mais tout de même, ça nous change des camionneuses qui se grattent les parties 24 sur 24 pour jouer au dur.


Attention, mine de rien, avec ses titres sans complexe aux allures d’hymne (« Girls love Rock’n Roll »), « Rockin’ ages » pourrait bien poser là les fondations d’un futur monument. On verrait bien ces petits lillois dresser leurs noires guitares comme mâts de cocagne et détrôner les Datsuns dans nos franchouillardes contrées. Amis tractophiles, en bref, mettez du Nelly Olson dans votre Mc Cormick, il vous pliera K2000 en deux coups de cuiller à pot.
Pour conclure, je me suis bien marré avec « A vendre », le deuxième album de Already Salted,
groupe « punk rock metal » (c’est marqué sur la pochette) qui apprécie en fait particulièrement les petites virées en territoire hardcore. Vous allez me dire, des groupes hardcore, y’en a plein les autobus en France. Je vous répondrai, d’un que c’est pas faux, et de deux que la petite tranche de poilade fait la différence chez Already Salted. Un hommage au regretté Claude dans « Si j’avais un couteau », des paroles « keupons » divertissantes, ce qui est tout de même le principal, mais pas mal écrites finalement, et surtout quelques idées sortant du schéma bourrin classique (le rythme de « Graine de folie » par exemple). Ca fleure bon le « fais tout toi-même », et le disque sort plutôt du lot dans une catégorie hyper saturée en formations plus ou moins (et surtout moins) douées.

Charmants bambins...
That’s all folks, à la prochaine fournée.
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