L'aigri du mois de mars

Publié le par Chtif

Ola les guys,

Plus les semaines passent, moins "L'aigri du mois" l'est. Encore quelques semaines et je pourrai écouter Cali.

Déjà on commence par deux bonnes nouvelles capables d'effacer tous les coups da:

Primo, j'ai enfin vu les "Infiltrés" (super l'aventurier des salles obscures qui se bouge deux jours après l'Oscar...). Bon, c'est du Scorcese, je vais rien vous apprendre en disant que c'est bien gaulé, comme film. Cerise sur la bobine, le réalisateur qui a toujours fait peuve d'un goût certain pour ses B.O. a ici  donné la place princière à un de mes petits chouchous persos : "Nobody but me" et ses Boogaloos DiCapriesques. Orgasme dans la salle.

Deuxio, Gaston Lagaffe a fêté ses 50 ans, à Bruxelles bien sûr. Pour fêter l'évènement, le gouvernement belge a tout simplement décrété une journée "parcmètres gratuits", pour saluer le combat de Titans Gaston-Longtarin (le brigadier verbalisateur). La Belgique est le plus grand pays du monde. Boogaloo.



Bref, ce mois-ci, peu de motifs valables pour s'énerver. Pourtant, il y avait des perches tendues : les Victoires de la Musique, l'Eurovision... Enfin, bon, sans télé à la maison, je suis passé entre les mailles du filet. J'ai quand même apprécié les résumés du JT : le "j'suis vach'ment content, surtout que j'l'ai composé en 15 minutes" de M pour son prix de la meilleure B.O., c'est toujours sympa pour les perdants. 15 minutes, ça doit aussi être le temps que les Wampas ont mis pour pondre "Faut voter pour nous", bien punk bien rigolo... Il y avait de quoi arracher two points à la Hongrie, à l'aise.

C'est très pratique de ne pas avoir la télé, ça permet d'être incapable d'identifier un morceau de M. Pokora, ou de découvrir la parodie de Diam's avant l'originale, par exemple. Par contre, il y en a un que j'ai découvert le week-end dernier, c'est Anis (apparemment tout le monde le connaît depuis des mois, depuis que France 2 l'a propulsé "révélation de l'été" pour respecter ses quotas de black-blanc-beur) : lors d'une émission live qui enchaînait les sous-Benjamin Biolay, d'un coup Anis débarque, et joue "Intégration".. .et j'ai trouvé ça vachement bien sur le coup. Il faut dire aussi que j'étais en plein trip métissage (vin blanc-vin rouge précisément), ça a dû aider. Mais même à la réécoute, ça sonne encore bien,  pas mal de clichés banlieues-écolo-and co dans les paroles mais pas dans la musique : sur "Cergy", Anis se prend pour Jonaz, emprunte un petit "ensemble on est de la dynamite" aux Bérus... Alors soit pour une fois ils ont dégôté quelque chose de pas trop mal, à France 2, soit ils ont un sacré pouvoir ramollissant.


Tiens, est-ce qu'ils passent les Stooges à la télé ? Nouvel album, la reformation, tout ça(comme le dessinait Luz à propos de la mort de Joe Strummer : "Mon Dieu, c'est terrible, je... je crois que je m'en fous")... Ils en sont bien capables, déjà que SFR a descendu "I wanna be your dog" sans sommation... Faudrait faire un listing des Dix Grands Crimes Musicaux perprétrés par les publicitaires :


Numéro 1 : Ba-Ba-Ba, Ba-Ba-Babybel" - The Beach Boys
Numéro 2 !!!! : "Tu es le soleil de ma vie, Cofidis" - Stevie Wonder
Numéro 3 !!!!!!!!! : " Kamol plus fort que la douleur" - Chuck Berry, etc ...


Les Stooges ne sont pas les seuls à viser le podium ce mois-ci : plein de grosses sorties (ou annoncées comme telles) mais peu de vraiment excitantes. (Déjà, qu'on ne vienne pas me soutenir ceci-cela sur les Klaxons : le disco-rock, c'est bien gentil, mais à part celui d'enfin dégager les Scissor Sisters, il n' y a pas grand mérite.) Tiens, j'ai réussi à passer le cap de la quatrième plage sur le dernier Arcade Fire (enfin de la cinquième, c'est la moins réussie du lot) : et ben finalement il est pas mal ce deuxième album, surtout la deuxième face. Contrairement à "Funeral", un petit effort doit être fait pour apprécier les mélodies. Légère inquiétude tout de même au niveau de la production qui en fait des tonnes : s'ils continuent dans cette voie, Arcade Fire ne va pas tarder à déloger U2 de son poste actuel. Un doute parfaitement cristallisé par le très amusant article de Interprétations diverses, dont voici un extrait :

"La religion est l'opium du peuple, elle est aussi le Valium du rock. Devant les grandes orgues d'Intervention, que nous reste-t-il à faire ? Se signer, se prosterner, mettre quelques euros dans la corbeille ? Tout ça sent l'autodafé collectif façon David Koresh dans dix ans. Ou encore pire : l'utilisation d'Arcade Fire à l'entrée de tous les mariages des années 2010."
 
 
Finalement, faute de prétendants assez couillus pour faire bouger le mois de mars, je me suis ressorti une petite madeleine de Proust comme on n'en déniche plus de nos jours : les Angels. Chefs de file australiens, trônant sans complexe aux côtés d'ACDC et des Saints, les Angels font partie à jamais de cette maudite catégorie de groupes qui "auraient dû". L'histoire est classique, à pleurer (comme une madeleine, donc) : discographie sans écueil, frontman de folie, classe scénique incomparable d'un côté, problèmes de management, galères en tous genres, et scoumoune persistante de l'autre. Les Angels ont officié sans relâche de 77 à 80, tutoyé le succès avec des tournées sold-out à travers le monde, pour finalement jeter l'éponge après avoir manqué le coche. Leur mélange hard-rock, punk et pop inspiré a pourtant fourni une tripotée d'excellents titres dont on ne se rappelle plus guère ("Coming down", "Mr Damage"...)


On peut encore aujourd'hui se payer une bonne cure de jouvence avec "Live line", leur meilleur témoignage discographique. A l'origine un quadruple vinyle enregistré sur scène entre 83 et 87, puis réédité en 99 avec 10 titres supplémentaires (et pas les moindres). Le genre de disque qu'on fait écouter aux amis, et qu'on conseille aux amateurs de sensations pures. On entend là-dessus une alchimie parfaite entre un groupe et son public, quelque chose à foutre dans le livre des records : à la fin de"After the rain", tout le monde poursuit le morceau a cappella pendant deux bonnes minutes, obligeant le groupe à revenir improviser une nouvelle fin; sur "Am I ever gonna see your face again ?", le public invente carrément de nouvelles paroles que tout le monde reprend en choeur... L'interprétation est nerveuse,urgente, impeccable. Doc Neeson, au micro, déchaîné, tient la salle dans le creux de sa main et prend un malin plaisir à malaxer le tout : Doc Neeson fait partie de ces trop rares chanteurs qui ont cet espèce de visage figé, magnétique, au bord de la rupture. La beauté inquiétante des passionnés qui vont au bout d'eux-mêmes. Derrière, Rick Brewster, impassible, mais tellement efficace à la gratte.

On pourrait citer tous les titres en exemple, "Take a long line", métamorphosée par un sax vicieux, les huit minutes de "Marseilles"  avant son final jouissif, le crooning bourré de "Easy prey", la chaleur palpable de "Into the heat"... Ah mince, écoutez-le, tiens, qu'est-ce que vous voulez que j'vous dise, ma bonne dame... D'autant qu'on ne reverra pas ça de sitôt : Doc Neeson, salement amoché dans un accident de voiture en 2001, peine à se remettre d'aplomb. En fait, on n'a quasiment plus de nouvelles.

En bonus, pour se faire une idée, un live de "After the rain" :


 

Pas trouvé mieux, mais les intéressés pourront poursuivre la découverte avec le clip de "Coming down", un live de "Take a long line" (sans saxo...), ou deux intéressants sites en français sur le groupe : The Angels from down under et No Exit.

 

Bon, ben pour quelqu'un qui n'avait ni rien à dire, ni rien pour se plaindre, c'était quand même un long bla-bla... On va le stopper là pour aujourd'hui, avant de revenir bientôt pour deux-trois découvertes BD qui valent franchement le détour.

Encore un petit détail avant de faire la bise aux filles : je suis dans une période pas évidente, là, et ce jusqu'à mi-juin à peu près. Ca veut pas dire qu'après j'aurais plus qu'à glander, mais ça veut dire que d'ici là, je ferai ce que je peux pour maintenir un rythme potable au blog. Pas évident... Désolé donc s'il a fallu attendre 15 jours pour un nouvel article, ou si j'ai moins de temps pour aller poster chez vous. Je continue à vous lire, mais en speed ! Bye.

Publié dans L'aigri du mois

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C
alors là, c'est un mystère, monsieur Zèbre ! rien trouvé du côté dvd. Heureusement que certains ont encore des traces sur VHS !
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L
ah ouais putaing  : ANGEL CITY !  Ca existe en Cd ou DVD ??? en live !!! >>> je vais chercher de suite !!!
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C
Sys -> Gang Starr, j'ai jamaius entendu parler, j'imagine que c'est la honte...Oliv -> ben merci bien! le mois prochain, ça sera plutôt le "perfusé du mois" si ça continue à speeder comme ça.
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O
Toujours aussi enormes, interressantes et droles tes aigritudes (cela ne doit pas se dire ... mais ca te va bien ) !!
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S
Ah ouais CYPRESS HILL, c'est la base en effet ;-)Avec GANG STARR, PUBLIC ENEMY, WU-TANG, t'as de quoi faire SysT
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