Chronique de "1000 Sounds lotus" - The Orientalist

Publié le par Chtif

Aujourd’hui, le blog déroge un peu à sa ligne de conduite habituelle avec un disque garanti 100 % sans guitare électrique (ni même acoustique). Pour ça, il fallait une bonne raison et l’électro ethnique de The Orientalist en est une.

"Electro ethnique" ? Le terme peut laisser les non-initiés (et j’en suis) dubitatifs. Se pencher sur les titres évocateurs façon "National geographic" fournit déjà un élément de réponse : "Saturated vietnamese radio", "Arabic ensemble trapped in a desertronic sound storm", "Islamatronic Cantiliation"… Dix morceaux et autant de destinations différentes où se confrontent instruments traditionnels (cloches, flûtes, tablas…) et rythmes hip-hop,  mélopées lointaines et craquements industriels : deux mondes aux antipodes l’un de l’autre qui se percutent puis se confondent.

Un gros boulôt est réalisé sur les samples et le traitement des sons. Le style est épuré et prend son temps pour définir des climats globalement oppressants. On évite de très loin l'écueil world-lounge estampillé "Bouddha bar" avec un sitar rigolo sur rythme techno cool. Paradoxalement, les sons ethniques ne permettent pas souvent d'évasion, ni ne sonnent comme la promesse d’un ailleurs libérateur. "1000 sounds lotus" est une geôle balayée de flots de saturation ronflante d’où l’on aurait bien tort de s’échapper. Une impression   relayée par l’aspect visuel très évocateur des morceaux : souffles inquiétants, grincements de porte et bruits rampants concourent à l’ambiance cinématographique du projet, définitivement plus proche de "Midnight express" que de "7 ans au Tibet " !


Le bazar de la soie au Caire
David Roberts


The Orientalist laisse tout de même la pression s'échapper sur les tablas enlevées de "Islamatronic", ou la basse de "Zanzibar in Dub". Mais c’est avec les trompettes tibétaines et les chants ancestraux de "Tibetan monks playing fuzzy bass tablas" que le disque trouve son point culminant.

"1000 sounds lotus" est autoproduit et qui plus est téléchargeable en intégralité. Que ça ne vous empêche surtout pas d’acheter quand même le disque original en contactant l’auteur nancéien sur son site, histoire de soutenir ce disque réalisé avec passion et simplicité. En attendant les suivants !

via Sefronia (c)

Publié dans The kids are alright

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Femme de chtif 16/12/2006 00:25

Ola les guys,
Fab, Fredogino -> les tableaux de David Roberts valent vraiment le coup, dans le plus pur courant "orientaliste" (d'où sa présence sur cette chronique, d'ailleurs). Allez voir là pour plus d'oeuvres:
http://www.museum-tours.com/museum/roberts/roberts0.htm
Arnaud -> merci pour cette jolie affiche, mais un peu plus d'explications n'auraient pas été du luxe !
Sys -> merci pour ta soif incessante de découverte, comme d'hab'
Julien -> bienvenue par ici, et merci pour ces biens beaux compliments... que je vais me faire un plaisir de t'adresser à mon tour ! je ne connaissais pas du tout ton site, et wôô, quel boulôt tu fais ! je te mets illico dans mes liens, et que tous les amateurs de rock se pressent sur ton site, "Electric buffalo", ils ont de quoi faire. A très bientôt j'espère.

SysTooL 15/12/2006 18:47

Bravo pour le geste... parler de groupe moins rock, qui plus est de ta région, c'est tout à tout honneur...
 
Je vais tâcher d'écouter ça quand je serai chez moi... ce week-end sans doute...
 
SysTo

alf 15/12/2006 18:16

Après miss France, Calamity Rock? On trouve vraiment de tout sur ton blog, Chtif ;-)...

Arnaud 15/12/2006 16:55

Fredogino 15/12/2006 16:42

eh en tout cas j'adore le tableau...