Et pour quelques pillages de plus

Publié le par Chtif

A l'instar des publicitaires,nombreux sont les groupes qui piochent dans l'art populaire, contemporain ou classique pour s'offrir un visuel de pochette design. L'effet est assuré, classieux ou rigolo, ne coûte pas cher de l'idée, et peut même assurer une crédibilité artistique de bon aloi. Après... véritable clin d'oeil artistique ou plagiat facile dû à une panne d'inspiration ?... Ca reste à déterminer !

Magritte est de loin le plus pillé des peintres modernes, on en avait déjà fait un petit tour de la question par ici.  Poursuivons avec quatre autres pochettes détournées d'oeuvres que l'on ne présente évidemment plus, tant elles se sont incrustées dans notre quotidien de serviettes en papier et de boîtes de chocolat cartonnées.



Ginger Ale

Pour commencer, la pochette du dernier Ginger Ale, "Daggers dawn" (sortie février 2006), qui promet l'éclate totale en s'inspirant  du "American Gothic" de Grant Wood (1930). A prendre au deuxième degré bien évidemment, le groupe étant plus branché électro pop sautillante que soupe à la grimace.






















The Pogues

Un improbable équipage de punk celtiques partant à la dérive sur un océan d'ivresse : impossible de résumer de meilleure façon ce qu'étaient les Pogues en 1985. Elvis Costello est aux commandes, et Shane MacGowan s'impose comme songwriter après s'être fait les dents (et les avoir paumées) sur des hectolitres de traditionnels irlandais.
 

"Rum sodomy and the lash" (les seules traditions de la Royal Navy, dixit Winston Chruchill selon une fausse légende) cartonne mais n'empêchera pas la prophétie du "Radeau de la Méduse" de Géricaut (1819) de se confirmer: six ans plus tard, le capitaine MacGowan, incontrôlable, quittera bel et bien le navire.





Bow Wow Wow

Fondés en 1980 par Malcom Mc Laren, "légendaire" manager des Sex Pistols, les Bow Wow Wow avaient deux particularités.

La première, anecdotique, est d'avoir très succintement compté un dénommé Lieutenant Lush dans leurs rangs. Rapidement éjecté, le mystérieux Lieutenant connaîtra son petit succès par la suite, sous le nom de... Boy George.


La deuxième est d'avoir recruté une chanteuse adolescente, Annabella Lwin, originaire de Rangoon. Il n'en fallut pas plus à Mc Laren, toujours à l'affut d'un petit raout médiatique, pour convaincre le groupe d'illustrer la pochette de son premier album (sobrement intitulé "See jungle ! See jungle ! Go join your gang yeah ! City all over, go ape crazy.") avec une reproduction du "Déjeuner sur l'herbe" de Manet (1863). Annabella, 15 ans, y apparaît nue aux milieux de ses comparses, assise de trois-quart dos par rapport à l'objectif. Hurlements des ligues anti-pédophiles, et désespoir de la maman. L'association des pique-niqueurs texans a failli s'y mettre aussi. Réponse du rusé manager : "ce n'est qu'un hommage au grand peintre !".

Mc Laren gagne, la bucolique pochette envahit les bacs, et le single "Go wild in the country" cartonne. Décidément, Manet n'a pas fini de faire impression (ah ah...).





Fish

Pour finir aujourd'hui, revenons sur Fish, ex-chanteur de Marillion avec qui il enregista le multiplatiné "Misplaced childhood". Célébré par les amateurs de prog-rock, moqué par le reste du monde, Fish poursuit aujourd'hui vaille que vaille une carière solo en huitième de teinte.

Pour son dernier album paru (sans compter la compilation du bonhomme, divinement nommée "Bouillabaisse"), le chanteur se représente en pleine virée champêtre au milieu du "Champ de blé aux corbeaux" de Van Gogh (1890), avec lunettes noires et pardessus matrixiens en guise de tenue de rando. Une certaine expression du bon goût dirons-nous.
 

Fish met le paquet niveau volatiles : l'album s'appelle "Field of crows" et contient des titres comme "Old crow", "Scattering crows", "Shot the craw" mais parle plus du 11 novembre que de Van Gogh. On ne saura jamais si le peintre s'est coupé l'oreille à cause de Fish, mais en tous cas, le disque est un bon cru selon les fans. a bon entendeur...



A suivre....

via Sefronia (c)

Publié dans Cover art

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Chtif 24/12/2006 18:20

Très bonne idée, et excellent article chez toi. le lien entre la pochette de "Whipped cream" et la Joconde est en effet tout à fait possible.
merci encore de ta visite, Christophe.

Christophe 24/12/2006 12:46

Cool cet article. Je vais préparer une petite sélection d'autres "inspirations" et te les envoyer Chtif, pour que tu nous fasse une suite à ce thème bien intéressant.

Je me permets de renvoyer tes lecteurs vers cet article récent sur la variation à partir d'une pochette culte (le terme n'est pas galvaudé ici) d'Herb Alpert. Ce n'est pas un tableau mais il y a quelque chose d'inspiration jocondienne là-dedans : http://www.pop-hits.info/article-4726954.html (ou en lien dynamique après ma signature ci-dessous)

7jj

Chtif 30/11/2006 02:23

oh non, je connaissais pas Klak, merci du tuyau ! A revoir dans un prochain aticle spécial "Pillages" !

klak 18/11/2006 13:07

salut
en rapport avec cet article intéressant, je pense pas que tu connaisses la replik, les rois de la java punk éthilyque, sur leur dernier disque "la folie des glandeurs" le drapeau noir remplace le tricolore sur les barricades de paris !!!
www.lareplik.com
 

Chtif 15/11/2006 12:38

Ola Lady Domi, bonne visite, et à bientôt !