Chronique de "First nation" - First Nation - 2006

Publié le par Chtif


Encore un ovni, observé dans les environs de New York. Seules preuves tangibles de son passage, quelques chansons façonnées dans un matériau rare, issu de l'imagination vagabonde de trois jeunes demoiselles, Nina Kate et Melissa. Un trio sibyllin qui, entre deux rêveries, part explorer de mystérieuses contrées, cachées sous la couette.


Sous le faisceau ambré d'une lampe agonisante, c'est toute une forêt magique qui prend vie, peuplée d'ombres, de bruissements d'arbres et de cris lointains dont on ne sait s'ils sont réels ou le fruit de nos sens abusés. Tiraillées entre peur nocturne et curiosité enfantine, trois voix entonnent de vaporeuses contines, une chorale entremêlée et fragile que le moindre souffle pourrait briser. Tapies dans l'épaisseur rassurante des fourrés,  elles surmontent leurs frayeurs et observent le ballet rituel d'une tribu en pleine cérémonie, rythmé par des percussions légères et répétitives. En filigrane se tissent quelques toiles de guitares, et de fins liserés de flûte traversière.


First Nation, nostalgique des histoires qui font peur au coin du bois.


A l'instar d'un Tim Burton, First Nation nous replonge dans les voyages d'enfance, parsemés d'étrange et de dangers, que l'on effectuait avec délice dans le calme molletonné de sa chambre. Un retour aux origines sous-tendu par l'évocation des musiques primitives (Nina étant par ailleurs anthropologiste). Premier album de ce groupe atypique,  "First Nation" joue avec innocence et économie de moyens, évoquant les plus douces flâneries de Animal Collective (avec lesquels elles ont déjà tourné) ou Architecture in Helsinki. Sur "Female trance", morceau le plus abouti du disque, on retrouve même quelque ambiance flottante chère à Tom Waits, avec ces simples fragments de guitare saccadée. Malgré quelques veillées trop fatiguées, "First nation" nous amène tout près du sublime. "Tout près" seulement, parce que le songe, aussi prometteur soit-il, finit toujours par rebasculer dans la réalité. La nuit prochaine, sans doute...

Morceau qui tue:
Female trance

En bonus, deux morceaux en écoute sur le site Myspace de First Nation

via Sefronia (c)

Publié dans Chroniques disques

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Systool 27/08/2006 14:54

Rien à voir... mais voici un site marrant où l'on trouve des versions "pour enfants" de TOOL, NIRVANA, RADIOHEAD et autres...http://babyrockrecords.comSysTooL

Alex la Baronne 27/08/2006 11:57

J'avais déjà entendu "troll" dans le sens de "contradicteur patenté", par contre le point Godwin est pour moi une découverte plutôt marrante !

Chtif 27/08/2006 00:56

Apparemment, le lien galère un peu de temps en temps, oui, désolé !
Amusante, ton allusion aux trolls, du coup (perenthèse)  je suis tombé sur un article étrange en farfouillant un peu. Quelqu'un avait-il déjà entendu cette signification du mot "troll" ? :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Troll_%28Internet%29
bon, ça n'a rien à voir avec le sujet, mas ça m'a intrigué, surtout cette histoire de "point godwin" !

Alex la Baronne 25/08/2006 19:17

Arg, ton lien ne s'ouvre pas... Je pense que mon ordi est un peu fatigué, je réessaierai plus tard... Sinon, tu nous gratifies d'un très joli conte nordique, je vois des trolls partout, même si je me demande s'il y en a en Finlande (il y en a bien sûr en Suède et en Norvège, mais pour la Finlande je suis moins sûre) !

Chtif 25/08/2006 02:14

Juke -> j'ai essayé, ça marche...