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Chtif mange beaucoup plus de disques que de raison et en déglutit pas mal de chroniques

Grands crus, piquettes moisies, vieilles recettes de grand-mère ou bizarreries post-modernes se succèderont ici sans distinction ni sectarisme, au rythme du mange-disques uniquement.

Et s'il vous reste une petite place pour le digestif, il y aura aussi quelques petites revues bds et bouquins, histoire de pas partir la bouche sèche.     

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 Radio Chtif

 

 

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Brèves de comptoir


8 juin 2009

 


Un (gros) clin d'oeil vers le site d'un photographe espagnol rencontré sur la route : Marcos Garcia.

Ce gars-là parcourt le monde entier et en revient à chaque fois avec des images à tomber par terre. Couleurs, composition... on est pas loin du génie, et je pèse mes mots.

(Bon, là, j'ai mis un punk parce que j'aime bien Camden Town, mais que ça soit un portrait indien, sénégalais ou laossien, c'est toujours aussi bon.)



Suerte, Marcos.



13 Mai 2008

Juste un petit coup d'auto-promo pour une chose sans grande importance :

Small Shots

  Et pour les amateurs de n'importe quoi :

Ned et Frico




 

Pour lire toutes les Brèves de Comptoir, c'est ici !

 

Lundi 3 juillet 2006
Chronique d'une mort annoncée. Laquelle ? Celle de l'album Cd.

C'est du moins la rumeur entendue depuis plusieurs mois, le prétendu bouleversement à venir des habitudes de consommation du musicophile moderne. Avec le débarquement du téléchargement en masse, du iPod, du YouTube, du Podcast, j'en passe et des plus troubles, l'époque du disque semblerait révolue, et devrait céder son trône au single. A cela deux causes : primo, l'auditeur n'a paraît-il plus le temps d'écouter d'album en entier, emporté qu'il est dans l'urgence du 20 mégas. Dorénavant, il faut une accroche directe, une bonne chanson tout de suite, comme au temps où des duettistes garage se provoquaient à coups de 45 tours. Charts ou crève. Secundo, les bons albums écoutables en entier deviennent aussi rares qu'une plage sans touriste à Pornichet. On attend désormais le groupe qui franchira le pas en ayant le courage de braver les impératifs commerciaux en avouant son incapacité à composer dix bonnes chansons, d'un seul coup.

Si révolution il doit y avoir, Jack White vient de laisser passer une belle occasion de l'amorcer. Car pour sa nouvelle excursion en dehors du territoire White Stripes, l'auteur de "Seven nation army" (meilleur single depuis "Smells like teen spirit", au bas mot) vient de planter un disque mi-figue mi-raisin qui, dépouillé de son enrobage de morceaux sans intérêt, aurait composé une alléchante brochette de singles à l'ancienne.

Les Raconteurs sont nés de l'amitié entre Jack White et le songwriter pop Brendan Benson qui se partagent équitablement les vocaux au fil du disque. La rythmique du multi-récompensé "Van Lear Rose", concocté sur mesure par White pour Loretta Lynn, reprend du service ; Jack Lawrence (basse) et Patrick Keeler (batterie), les deux jeunes foufous des Greenhornes, viennent ainsi compléter le line-up de ce super-groupe taillé pour cartonner.

Et ça commence de belle manière : "Steady as she goes" déballe un fouillis de guitares garage et de choeurs entraînants sur fond d'orgue discret. L'ivresse des mélodies pourpres en final verse une touche low-fi du meilleur goût qui paradoxalement sonne totalement moderne.

Nos compères abuseront du procédé par la suite, que ce soit au travers des sonorités vénéneuses de "Level", ou des parties éclectiques d'un "Store bought bones" qui n'en finissent pas de s'emboîter façon poupées russes. Tout ça sonne un peu comme si l'on avait placé les Bees et les Magic Numbers dans une enceinte en verre et que l'on balançait par intermittence des décharges électriques sous le caisson. "Blue veins", quant à elle, nous offre la totale : couplets prélevés directement au creux des ballades blues stoniennes, et pont de bandes passées à l'envers évoquant irrémédiablement le Zeppelin dans ses moments les plus incantatoires (comment ça "les plus défoncés" ?). Et c'est là que le résultat pêche un peu, et déçoit, dans cette persistante impression que les Raconteurs ont négligemment cherché à nous convaincre qu'ils étaient raides et donc très inspirés.

Au niveau des guitares, White s'en donne à coeur joie, parsemant ses morceaux de nids de guitares sifflotant comme autant d'aspics à tête chercheuse. Benson reste plus sage, délivrant de son côté un joli "Yellow sun" qu'on s'imaginera écouter en tailleur, sur une plage californienne. Avec toujours, bien sûr, cet aspect "bricolé à la maison" cher à Jack White, parasites et bruits de fond de studio.

Au rang des meilleures surprises, "Intimate secretary" reste, même après plusieurs écoutes, un mystère: le morceau est assez bancal, aux guitares presque balourdes, et pourtant le chant grésillant exerce une sorte d'attraction irrésistible. De même, le morceau-titre, "Broken boy soldiers", vaut à lui seul toutes les attaques de diligences sur grand écran du monde, avec son rythme trépidant de sioux hululant à la mort. Jamais la voix de Jack n'a autant ressemblé à celle de Robert Plant. Dommage qu'il n'ait été plus long.

Voilà, le tour est fait. Trois très bon morceaux et trois-quatre autres sympathiques. Nous ne parlerons pas du reste, très ennuyeux, qui ne mérite pas vraiment qu'on s'y attarde, même en face B. En d'autres termes, trois très bons morceaux, et pas mal de remplissage autour. Ce qui, il faut le noter, est déjà mieux que le dernier Stripes, "Get behind me Satan", dont on peine à se rappeler ne serait-ce qu'une seule chanson. Le nouveau Raconteurs n'échappe donc pas à la tendance générale et légitime à nouveau la question : fallait-il sortir un disque complet, là où trois simples suffisaient amplement ?

Morceaux qui tuent:
Broken boy soldiers
Steady as she goes

Article via Sefronia (c)
Par Chtif - Publié dans : Chroniques disques
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