Partager l'article ! Pilleurs d'images - Episode 3: Poursuivons notre petit tour d’horizon des pilleurs d’images avec quatre formations qui n’ont pas choisi de ...
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En bref, tout ce qui a une guitare et une batterie depuis que le riff existe. J'ai fini par comprendre que la nullité était le plus authentique critère du rock'n roll, que plus le boucan était primitif et grossier, plus l'album serait marrant, et plus je l'écouterais longtemps." Lester Bangs |
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Chtif mange beaucoup plus de disques
que de raison et en déglutit pas mal de chroniques
Grands crus, piquettes moisies, vieilles recettes de grand-mère ou bizarreries post-modernes se succèderont ici sans distinction ni sectarisme, au
rythme du mange-disques uniquement.
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Brèves de comptoir

13 Mai 2008
Juste un petit coup d'auto-promo pour une chose sans grande importance :
Et pour les amateurs de n'importe quoi :
Pour lire toutes les Brèves de Comptoir, c'est ici !
Poursuivons notre petit tour d’horizon des pilleurs d’images avec quatre formations qui n’ont pas choisi de faire dans la grosse
déconne.
On commence avec Rod Stewart, qui demeure sans doute, rappelons-le, le plus grand chanteur R&B blanc à avoir traîné ses guêtres de par nos contrées (allez… à égalité avec
Steve Marriott).
En 1975 sort "Atlantic crossing",
sixième album solo qui lui vaut un petit succès pas dégueu grâce au carton "Sailing". Le brave Rod en tire quelques leçons essentielles pour son album suivant, "A night on the
town" (1976) :
1) Quitter définitivement ses Faces de compères, désormais devenus plus encombrants qu’autre chose (un peu comme quand le beau gosse de la bande lâche ses potes enivrés pour
finaliser sa conquête d’un soir, oui, c’est à peu près ça)
2) Ne plus sortir que des ballades en singles : ça plaît aux filles qui adorent dilapider ainsi un pouvoir d’achat acquis de haute lutte après quelques années de féminisme acharné. A
l’occasion de l’année de la femme (1975, selon l’ONU), Rod fait la paix avec ces demoiselles, et remporte le gros lot avec "Tonight’s the night" et “First cut is the deepest”
(originale de Cat Stevens).
3) Ne pas réitèrer la douloureuse faute de goût de "Atlantic crossing" au niveau de la pochette : gageons que malgré son amour du glam, le chanteur s’en mord encore les doigts, de celle-là. Sur
"A night…", Rod s’offre carrément la place centrale du "Bal du Moulin de la Galette" (Renoir, 1876). Ambiance guinguette de Montmartre, canotier, et galoche sous
les tonnelles, voilà de quoi faire palpiter les rêveries bohèmes des jeunes filles en fleurs...
Rejoignons maintenant Joni Mitchell au milieu des années 90. Sale temps pour la songwriteuse qui, depuis 1979, s’est pris pas moins de 4 gadins commerciaux consécutifs. Trop
militante, trop en rogne après tout et tout le monde, la politique, les médias, l’ignorance et l’inculture généralisées, en bref… pas assez MTV pour les années 80.
Mais Joni n’est pas du genre à se plier aux exigences avilissantes de l’industrie musicale. La preuve, madame Mitchell, qui se déclare avant tout peintre, ne
vend pas ses toiles, ceci afin de ne pas laisser corrompre son Art.
Intègre, la Joni.
Battante, également : en 1994, elle persiste et se lance contre vents et marées dans l’élaboration d’un nouvel album, son 17ème. Comme si ça ne suffisait pas, elle rompt avec son mari de 12
ans pendant l’enregistrement.
En résulte "Turbulent Indigo" qui dépeint à peu près tout ce qu’un bout de femme meurtrie peut accumuler comme tristesse et amertume.
Si l’on résume : "Joni = Van Gogh = le génie" versus "tous-les-petits-jeunes-qui-débutent-et-qui-font-de-la-merde-mais-qui-vendent". Un peu prétentieux,
un peu vain aussi, mais mine de rien, le sujet est toujours d’actualité. D’ailleurs, selon une autre interview de la belle, son responsable de label lui aurait avoué :
"Joni, les temps ont changé. Nous ne sommes plus que des marchands de voitures. On en vend des mignonnes et on en vend des puissantes. Mais ce que tu proposes est l'oeuvre
d'un génie. Et ça, on ne sait plus le vendre. "
(Télérama n° 3032)
Heureusement, l’humanité, même tardive, sait parfois récompenser ce génie tant loué. A l’inverse de Van Gogh, Joni Mitchell bénéficia d’une reconnaissance pré-posthume grâce à
"Turbulent indigo", double fois Grammy awardisé.
Toujours dans la mouvance "Gilette trois lames", poursuivons avec Flat Eric que l’on retrouve en bien mauvaise posture sur «"Lambs anger", nouvel album de Mr Oizo.
Tout le monde se souvient de Flat Eric, cette petite poupée de chiffon jaune qui headbangait pour les jeans Levi’s en 99. Remisée au placard pendant quelques années, voilà que la sympathique
mascotte reprend du service… à ses risques et périls.
Rien que le titre, déjà, "Lambs anger"… Désolé mais ça sent le Clarice Sterling et le trip psychopathe à plein nez cette histoire. La pochette confirme nos soupçons : l’ami Eric
est décidément dans un bien sale pétrin, à deux doigts de se faire taillader la prunelle par un barbier tête-en-l’air.
Certes, il est commode d’arriver après la bataille pour affirmer que le drame était prévisible. Pourtant, dans ce cas précis, les indices annonciateurs étaient légion. Depuis plus de dix ans,
Quentin Dupieux, le "marionnettiste" de Mr Oizo, est connu des milieux autorisés comme un cinéaste attiré par l’absurde, le non-sens, et peut-être bien aussi le
thanatisme (et hop ! un néologisme de Jonathan Littell ; vous admettrez que ça fait classe de faire côtoyer Flat Eric avec un Goncourt dans le même article).
En bref, Quentin Dupieux, c’est le genre à rêvasser sous la couette comme tout un chacun devant les œuvres fétichistes de Cronenberg ou les délires insensés de…
Buñuel, son maître à penser. Rien d’étonnant, donc, à ce qu’il emprunte au pionnier du cinéma surréaliste le fameux supplice d’intro d’"Un chien andalou" (1929) pour taquiner sa
propre création.
On aurait quand même tort de prendre le simulacre de torture à la légère. Un homme capable de réaliser "Steak", avec Eric et Ramzy, étant par définition capable de tout, il y a
fort à parier que derrière le clin d’œil à Buñuel se cache une vraie menace : « Si Mr Oizo fait pas plus d’entrées que « Steak » : zip ! Je coupe ! »
On conclura pour cette fois avec une bizarrerie dénichée à Pékin, dernière parution d’un groupe chinois assez populaire en son pays : New Pants. L’album s’appelle "Equal love ",
et la pochette s’inspire du "Cri" de Munch (1893), en version nettement plus flashy toutefois.
On sait qu’après des décennies de fermeture politique et culturelle, les peintres chinois se sont pris en pleine poire et d’un bloc tout ce que l’Occident a pu enfanter en termes d’art
contemporain au cours du siècle passé. La rencontre a suscité un formidable engouement et une réappropriation totale des patrimoines expressionniste, surréaliste, pop art et j’en passe. De très
intéressants artistes se sont révélés à cette occasion, notamment mis à l’honneur cette année avec l’exposition "China Gold" du musée Maillol.
Bon, là, avec le "Cri" version "Equal love", faut pas se leurrer, on navigue plutôt du côté du grand n’importe quoi. Ceci dit la pochette colle assez bien avec la musique du groupe :
gesticulante, bécasse, racoleuse… A l’instar de leurs collègues des Beaux-Arts, les New Pants ont tout dû ingurgiter en deux ans, depuis les Ramones jusqu’aux
Rapture en passant par la New Wave : le résultat vaguement disco-punk n’est pas encore à la hauteur. Mais patience, ce n’est qu’une affaire de temps.
En bonus, quelques liens, pour ceux qui sont du genre à reprendre trois fois de la bûche :
Rod Stewart : 'The Killing of georgie'
Joni Mitchell : "The Magdalene laundries"
Mr Oizo : Pourriture 7
New Pants : You are my superstars (avec des Gabba gabba Hey à la fin !)

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Mais ce n'est pas une variation sur la peinture. De tête, j'en ai repéré d'autres, je t'enverrai les liens.
bonnes fêtes et toute cette sorte de choses
La vache, ça fait du bien ces articles et je me dis toujours que c'est bien dommage que tu te fasses si rare en termes d'articles... :-)
Jolies, ces comparaisons d'albums avec des tableaux fameux et ce foisonnement de références!
Bonnes fêtes
SysTooL
n'hésite pas à me rencarder sur d'autres idées de pochettes inspirées de tableaux, il n'y en a pas tant que ça de très connues (à part les Magritte !)
Sys -> merci bien, fidèle amigo ! Mais bon, si je suis pas souvent là, il y a une raison toute simple : quand je suis pas au taf, ou en vadrouille dans une usine paumée dans un des inombrables trous du cul du monde que compte cette planète, et ben je passe mon temps à récupérer au comptoir ou à l'apéro-guitare. Pas facile d'écrire quelque chose dans ces conditions !
Merci pour cet article... C'est un peu comme les étrennes avant l'heure + Noel en retard ;-)
Ca fait plaisir de revoir les cover art dans le coin!!
Ah c'est toi qui clique encore au hasard ? merci Guic'
sinon, y'a au moins 4 articles qui ne sont achevés qu'aux trois-quart, et qui dorment quelque part sur un disque dur chez moi... tu parles d'un branleur.
Chtif : écoute, je dois fouiller, j'avais fait une petite collecte dans un dossier, avec images et liens suite au premier billet que tu avais fait sur le thème, et il faut que je le retrouve parmi mes nombreux macs...).
Sinon, ça fait toujours plaisir d'être aussi bien venu chez le Chtif (désolé, fallait que je la fasse).
d'autant que dans les (rares, très rares) newsletters, y'a des photos de groupies en bonus, en général...
Christophe, je crois bien que t'es le premier à oser la blague sur les Chti'fs... mais je t'avoue que ça fait 9 mois que j'y pense...
je crois qu'un article "bienvenue chez les chtifs pourrait bien me faire exploser el compteur à visites, tiens... faudrait tenter !
t'as peur du pourrissage de boîte ?
sérieusement ?
1. même si ce n'est qu'épisodique, ça fait plaisir de te voir de retour, surtout avec un aussi bon article...
2. comment ça, personne n'a encore osé te faire le coup de "bienvenue chez le Chtif ?" je l'ai fait, ici-même : http://chtif.over-blog.com/article-18861997-6.html#anchorComment
(s'il y a un avantage dans le fait que tu publies peu, c'est bien qu'on puisse facilement retrouver une connerie qu'on t'a sorti il y a 8 mois...)
sinon, la pochette des new pants me fait penser à un dessin animé mais impossible de me rappeler ...
Klak : jsuis pas expert en dessin animé... mais si tu retrouves, n'hésite pas à signaler !
Sys : c'est déjà pas mal. Mais l'as-tu écouté TRES fort, au moins ??
Je crois que je t'en avais déjà parlé en 1953, mais il y a les oeuvres de Jérôme Bosch qui ont été pas mal asaptées par les rockers (Deep Purple -album du même nom-, Kate Bush -Never For Ever-, Elton John (enfin... rocker...) -Captain Fantastic...-)
Et surtout la santé!
F.