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Chtif mange beaucoup plus de disques que de raison et en déglutit pas mal de chroniques

Grands crus, piquettes moisies, vieilles recettes de grand-mère ou bizarreries post-modernes se succèderont ici sans distinction ni sectarisme, au rythme du mange-disques uniquement.

Et s'il vous reste une petite place pour le digestif, il y aura aussi quelques petites revues bds et bouquins, histoire de pas partir la bouche sèche.     

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Brèves de comptoir

13 Mai 2008

Juste un petit coup d'auto-promo pour une chose sans grande importance :

Small Shots

  Et pour les amateurs de n'importe quoi :

Ned et Frico




 

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Lundi 26 juin 2006
S'il y a bien une chose qu'on ne peut pas renier à Pearl Jam, c'est la fidélité sans faille que lui voue un parterre de fans transis de béatitude à chaque fois qu'Eddie Vedder se fait pousser la barbe pour faire le vilain. Sans que l'on comprenne vraiment pourquoi, il reste quelques centaines de milliers (quelques millions ?) d'individus de par le monde à réserver un accueil chaleureux à chaque nouvel album, toujours un peu moins transcendant que le précédent. Quelques simples changements de tempo énergiques, une poignée de ballades propices aux vocalises d'Eddie, et surtout pas d'innovation majeure suffisent amplement pour entretenir la flamme du fan (qui de toute façon n'osera jamais tenter la comparaison avec l'intouchable "Ten", fondateur du mythe en 1991).

Coup de chance, mais c'était prévisible, ce nouvel opus, éponyme (le huitième du groupe), remplit toutes les conditions énoncées ci-dessus. "Pearl Jam" est globalement identique à ses prédécesseurs, les ballades répondent présentes à l'appel, et quelques constructions originales plutôt bien bossées prouvent si besoin est que le groupe a encore l'honnêteté de passer quelque temps en studio plutôt que d'engranger la thune avec deux accords et trois coups de caisse. Et cerise sur la galette, Eddie s'est relaissé pousser la barbe, c'est dire si l'on tutoie le jackpot.

Les morceaux rock sont un poil plus enlevés qu'à l'accoutumée ("Severed hand", bien speedé). Stone Gossard emporte un son de guitare bien sale et ciselé pour le live, et le groupe s'est indubitablement fait plaisir pour enregistrer ces belles mécaniques... tellement bien huilées d'ailleurs qu'elles glissent entre les doigts comme une savonnette dans la baignoire. Les chansons défilent et se ressemblent, laissant toujours dans leur sillage un "mais" qui vient gâcher la fête : le single vitaminé "World wide suicide" séduit un instant mais s'oublie vite, "Unemployable" s'engage sur la pente sociale mais se coltine un riff lourdeau sur les épaules, et "Inside job" risque en final quelques changements d'accords pas évidents à la Who (les stars aussi ont leurs propres idoles, celle de Vedder s'appelle Townshend) mais n'est pas "Tommy" qui veut...

Finalement, ce sont les morceaux plus calmes qui viennent sauver l'affaire : "Parachutes" tendre comme une naïveté de Grant Lee Phillips, "Come back" et ses gouttelettes de cordes au milieu qui changent tout... Les déjà conquis vont le rester, et les autres, incrédules, ne feront pas trop attention. A part quelques jeunettes de-ci de-là, qui ne se feront pas prier pour venir se blottir dans le chant moelleux d'Eddie sur "Marker in the sand" (on s'est laissé prendre aussi, c'est vrai).

Morceau qui Tue
   Marker in the sand

Article via Sefronia (c)
par Chtif publié dans : Chroniques disques
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Dimanche 25 juin 2006

Ce Dvd est l'objet idéal pour faire fuir des amis envahissants en fin de soirée. Deux concerts d'Alien Sex Fiend à leurs débuts, voilà de quoi vaincre l'obstination des invités les plus acharnés.

Premier concert à Birmingham en 1983. Nik Fiend semble avoir bouffé un cimetière derrière son maquillage blafard (Marilyn Manson n'a eu qu'à pomper). Il ne sait pas chanter, mais se déchire la gorge avec conviction. Le batteur, lui, est totalement à la masse. Ce qui n'est pas bien grave d'ailleurs, vu qu'on ne l'entend quasiment pas du concert, bien dissimulé (et deux ans plus tard complètement remplacé) par la boîte à rythme. Boîte à rythme vaguement gérée par la compagne de Nik, Mrs Fiend, qui n'a pas l'air au mieux, elle non plus. Seul le guitariste, stoïque, semble encore à peu près potable. A priori, pas de quoi casser trois pattes à un croque-mort, mais suffisamment en tout cas pour que tous les individus raisonnables aient déjà débarassé le plancher.

La suite se déguste seul, comme un bon film de zombies à l'italienne, et là, miracle, la sauce prend petit à petit. L'air de rien, les rythmes répétitifs et les guitares façon Cramps-Stooges remplissent bien leur office hypnotique. On s'engourdit progressivement, les yeux rivés sur l'image verdâtre, et les effets en sur-impressions à trois francs six sous, mais pas ridicules pour autant. C'est malsain,ça fait frissonner à l'occasion ("I am a product", petit trésor caché), mais c'est surtout pour rire. A l'instar de leur aîné légendaire, Alice Cooper, les Alien Sex Fiend sont restés de grands enfants, jouant aux gothiques sans se prendre les cheveux dans les toiles d'araignée. A noter que les tignasses pas possibles de l'époque valent à elles seules le coup d'oeil.

La deuxième partie est plus récente (1985), tournée à Tokyo dans un club bas de plafond devant des japonais que l'on aurait cru plus réservés. Le set, entrecoupé de courtes interviews, est mieux filmé, plus agité, mieux maîtrisé également (le batteur joue, cette fois). On en perd un peu le côté amateur qui faisait tout le charme "poétic-horrifique" du premier show. Mais c'est au profit d'une mise en valeur des qualités d'écriture du groupe (le single "Ignore the machine" en tête).

Précisons enfin qu'aucune substance louche n'a été sollicitée pour la rédaction de cet article. Dans le cas contraire, classer ce disque en "immortel" aurait paru tout à fait raisonnable.

Nik Fiend en plein nettoyage trimestriel

Morceau qui Tue
   I am a product

Bonus: le clip pas très sain de "Ignore the machine"

Article via Sefronia (c)

par Chtif publié dans : Chroniques DVD
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Dimanche 25 juin 2006
Tool nous a bien fait languir avant de lâcher ce "10000 days" attendu de pied ferme. C'est que le groupe avait placé la barre très haut avec "Aenima" en 1997, et surtout son successeur "La te ra lus" (2001), porté aux nues par la critique et un public ébahi. Le groupe de Maynard James Keenan est le détenteur d'une formule unique alliant le métal le plus dense aux assemblages les plus complexes, une alchimie infaillible qui lui valut la réputation de "Pink Floyd métal".

Dès les premières secondes de "Vicarious", les craintes d'un affaiblissement s'effondrent. D'emblée, Tool nous sangle fermement sur une chaise, les yeux rivés sur un écran où défilent d'insoutenables images. Meurtres, catastrophes, drames : le spectacle de notre violence ordinaire sur petit écran, celui dont on nourrit nos appétits voyeuristes le soir en famille ("I need to watch things die from a distance, Vicariously, I live while the whole world dies, you all need it too - don't lie"). Les guitares, lourdes, perçantes, montent en spirales géométriques pour mieux nous accabler.

La tension ne se relâche pas par la suite. "Jambi" déploie un groove qui faisait parfois défaut sur le précédent album, très (trop ?) technique, le tout sur des rythmes impossibles tenus de main de maître par un Danny Carey inhumain de virtuosité aux toms.

Le gros morceau du nouvel album vient après avec la suite "Wings for Marie (Pt1)" - "10000 days (Wings Pt2)". 17 minutes étouffantes durant lesquelles Maynard rend hommage à sa mère qui resta paralysée 27 ans durant (10000 jours, donc). Au milieu d'ambiances pluvieuses et de sonorités orientales (sitar, cloches...), Adam Jones nous fait revivre le supplice et prend tout son temps pour percer nos chairs de riffs lancinants. L'expérience partagée est christique, intense. Le chanteur, lui, est en pleine catharsis. Et ce n'est pas tout. Tool a poussé le vice jusqu'à faire en sorte que les deux pistes écoutées simultanément se complètent. Des malades.

Guidés par la voix remarquable de Maynard qui explose sur "The pot", et par les incantations rituelles de "Lipan conjuring", on s'engouffre ensuite dans une salle clinique, immaculée. Des médecins tentent de faire revenir un patient hagard resté perché après le trip de trop ("Lost keys (blame Hofman)"). Peine perdue, les dommages sont irréversibles, les muscles  figés, et Maynard se lance dans un "Rosetta stoned" avec un débit d'aliéné, incompréhensible, évoquant De Niro qui gargouille tel un diable happé par les flots à la fin des "Nerfs à vif".

Fin du chemin de croix. "Intension" et "Right in two", imposent l'évidence : "10000 days" est de ces albums qui mettent tout le monde d'accord et laissent la concurrence sur place. Plus accessible que "La te ra lus", ce qui ne signifie en rien que le groupe s'est fourvoyé en compromis, il s'impose comme leur meilleur disque à ce jour (bien que les débats fassent rage sur les forums à ce sujet), à même de fédérer toutes les chapelles.



Maynard, donné gagnant par la
                    photo finish

Trop de tension, de contenu détraqué et d'ambiances envoûtantes dans ce disque. Face à la douleur, la musique de Tool demande une immersion totale qui nous éreinte. A tel point que le silence qui suit est plus effrayant encore.


Morceaux qui Tuent
   Vicarious
   10.000 days (Wings pt 2)
   Wings for Marie (pt1)

Article via Sefronia (c)
par Chtif publié dans : Chroniques disques
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Dimanche 25 juin 2006
Ola tout le monde (enfin, les quelques potes que j'aurai forcé à venir voir ce qui se trame ici, et les égarés du net qui se retrouveront ici par hasard !)

Je ne vais pas blablater pendant des heures pour une simple entrée en matière.

Depuis quelques temps je radote l'idée de me lancer dans une petite entreprise qui m'aurait semblé ridicule il y a seulement quelques mois : ouvrir un blog histoire d'y déballer quelques chroniques musicales, coups de coeurs ou autres vacheries. Avec un peu de chance, cela soulagera peut-être aussi mes proches que je n'arrête pas de bassiner contre leur gré avec mes histoires sur le rock garage 60's ou le pillage du post-punk par les groupes actuels...

Autant vous prévenir d'entrée: les articles publiés ici risquent vite de ressembler aux dérapages d'un vieux con de 25 ans ! Les choix seront éclectiques mais intransigeants. Ne vous étonnez donc pas si l'on parle ici trois fois plus des Who que des Strokes, si l'on passe sans vergogne de Slayer à Grant Lee Phillips, ou si l'on préfère mille fois vomir sa bière dans un concert-boxon de La Phaze que son Lexomil dans une minetterie jet-set de Air ... Peu importe l'époque, la couleur ou le style, l'important est que ça ait de la gueule et que ça sente le vécu, la sueur et la tripe, un peu comme ça:


Les réactions sont les bienvenues: même les insultes sont bonnes à entendre quand il s'agit de parler musique...

Merci, et bonne visite à ceux que ça intéresse !
par Chtif publié dans : Bordel rock
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Ptite pensée ...


Ce site est dédié au plus imprévisible  des chefs cuistos: Keith Moon.
(c'est un peu le bordel sur ce site : il aurait adoré)

La plupart des chroniques publiées ici sont aussi dégotables sur http://www.sefronia.com .



Ils parlent du Chtif : ça prouve qu'ils ont bon goût (ah ah...)
Un jour, un site
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