Ce qui est bien avec les années 80, c'est qu'elles sont loin : on dispose désormais d'assez de
recul pour aborder plus sereinement un disque sorti en 1982, et trouver du charme à ces nappes de claviers new-wave qui nous ont fait ricaner pendant toute la décennie passée. En grattant derrière la façade de néons, on déniche même parfois de sacrées bonnes chansons dont seuls les nostalgiques du rimmel se souviennent.
C'est le cas d'Artery, groupe de Sheffield créé en 79 dans le sillage de Joy Division, et depuis quasi-oublié pour cause de non-suicide du chanteur. Dommage : il n'y a rien à jeter sur les 18 titres de la compilation Cherry Red résumant la première phase de la carrière perturbée de la formation (cinq ans d'existence au compteur, et au moins trois splits intermédiaires).
Artery n'échappe pas au jeu des comparaisons avec les groupes marquants de l'époque : on pense aux Residents, aux guitares flippantes à

Repos dominical pour Artery
Moins sombre et hanté que la bande à Ian Curtis au prime abord, Artery n'en délivre pas moins un post-punk cynique truffé de contrastes. Les paroles se posent ainsi la plupart du temps en porte-à-faux avec la musique. Alors que "The clown" fait son tour de piste sur un air de fanfare rouillée au kazoo grinçant, et que l'on dépiaute des carcasses à petits coups de
xylophone sur "The butcher's shop", le chanteur Mark Gouldthorpe prend plaisir à clamer "It's good to be alone" sur un air de valse glam. Les arrangements sont imprévisibles, mais retombent toujours sur leurs pieds : même un thème à
John Peel, tombé sous le charme du single "Into the garden" à l'époque, leur accorda son label rouge et deux prestations à
Morceaux qui tuent :
Being there
It's good to be alone
En bonus, "Being there" en écoute dans la Radio
via Sefronia (c)
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