

Bon, côté look, déjà, ça pêche, et pourtant...
Toutes deux découvrent leur vocation à 12 ans : la première dans les gospels d'une église du Tennessee, où son grand-père prêche la bonne parole, l'autre avec Dr Dre dans la banlieue d'Orsay. L'une est fille unique et trouve refuge chez ses copains des cités, l'autre a vécu la misère bien crasseuse des familles trop nombreuses.
Si Diam's milite pour les cause des femmes, Dolly a subi toute sa vie des quolibets sur son tour de poitrine démoniaque. Russ Meyer désespéra de ne pouvoir l'engager dans un nouveau Vixen, et même le premier mouton transgénique s'appelait Dolly parce qu'on le clona à partir d'une cellule mammaire. Remarquez, la chanteuse country s'en est plutôt sortie avec humour : "J'aurais bien foutu le feu à mes nichons dans les années 60, mais les pompiers auraient mis trois jours à maîtriser l'incendie".
Mais le plus étonnant reste que les deux chanteuses ont connu le succès à grande échelle avec quasiment la même chanson : "Jolene" pour Dolly Parton en 1974, et "DJ" pour Diam's presque trente ans plus tard. Certes les moeurs et les modes d'expression ont changé entre temps, mais le propos reste identique : toutes deux risquent de se faire gauler leur mec par une fille bien roulée.
Le cauchemar de Dolly s'appelle Jolene, et c'est mal barré. Dolly va la trouver en quatre-z-yeux:
Jolene, Jolene, Jolene, Jolene,
I'm begging of you please don't take my man.
Jolene, Jolene, Jolene, Jolene,
Please don't take him just because you can.
Laisses moi kiffer la vibe avec mon mec
J'suis pas d'humeur a s'qu'on me prenne la tête
J'ai mes soucis donc s'il te plaît arrete
Laisses moi kiffer la vibe avec ceux qu'jaime

Jolene a la classe imparable, une égérie de western en sépia d'origine, le genre devant lequel on s'incline :
Your beauty is beyond compare,
With flaming locks of auburn hair,
With ivory skin and eyes of emerald green.
Your smile is like a breath of spring,
Your voice is soft like summer rain,
And I cannot compete with you, Jolene.
Celle de Diam's un peu moins, ça doit être un signe des temps :
Y'a trop de coquines
Trop de pâles copies
De stars qui se la petent entre copines
Trop de minettes qui veulent se faire remarquer
Trop de fillettes qui font les belles a peine débarqué
J'sais que je ne suis pas une bombe latine
Ni une blonde platine
Tu fais la meuf ''in''
Mais nous on le sais que t'as pompé ton style sur Beyoncé
Quoi qu'il en soit, la révolution féminine est passée par là. Si Dolly Parton s'avoue vaincue d'avance et tente le tout pour le tout en jouant l'apitoiement :
You could have your choice of men,
But I could never love again.
He's the only one for me, Jolene.
I had to have this talk with you.
My happiness depends on you,
And whatever you decide to do, Jolene.
... Diam's, elle, est à deux doigts de foncer dans le tas :
J'te met en garde
Bon touche pas
Baisse les yeux
[...]J'sais que tu ne veux pas que j't'égratine[...]
Avec tes belle jambes tu te crois tous permis
Mais baisse les yeux
Trouve toi un autre mec que c'est mieux
Laisse tomber le mien serieux
Qu'on se rassure pour nos deux inquiètes : aujourd'hui, Dolly squatte les podiums d'honneur deux fois par an, et Diam's le QG de Motown France. Alors, ce n'est plus une petite aguicheuse de Jolene qui va les effrayer.
En bonus, une petite vidéo de "Jolene", un peu kitschounette (sinon elle est aussi dans la Radio pour les photo-sensibles) :
Mais aussi, le clip de "DJ" (profitez-en, ça n'arrivera pas souvent, Diam's sur le Chtif),
Une version White Stripes de Jolene (jack White, toujours à l'affut de bonnes vieilles références)
Et, miracle de la technique, quelques secondes de "Jolene" version Sisters of Mercy au début de cette vidéo.
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