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Chtif mange beaucoup plus de disques que de raison et en déglutit pas mal de chroniques

Grands crus, piquettes moisies, vieilles recettes de grand-mère ou bizarreries post-modernes se succèderont ici sans distinction ni sectarisme, au rythme du mange-disques uniquement.

Et s'il vous reste une petite place pour le digestif, il y aura aussi quelques petites revues bds et bouquins, histoire de pas partir la bouche sèche.     

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 Radio Chtif

 

 

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Brèves de comptoir

13 Mai 2008

Juste un petit coup d'auto-promo pour une chose sans grande importance :

Small Shots

  Et pour les amateurs de n'importe quoi :

Ned et Frico




 

Pour lire toutes les Brèves de Comptoir, c'est ici !

 

 

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Samedi 16 décembre 2006

Les Who de 1975 sont déjà sur la mauvaise pente, celle qui joue de mauvais tours aux rock stars en panne d'inspiration et qui forge les tragiques destins. Pete Townshend ne s'est jamais vraiment remis de l'échec du projet "Lifehouse" et du mauvais accueil reçu par "Quadrophenia". Il passe son temps à chercher au fond des verres un nouveau miroir à briser pour libérer ses pulsions créatrices, concurrençant son lunaire batteur dans l'abrutissement massif.

Pourtant sur les planches du Summit de Houston, pas de doute, la bête sursaute encore, et de belle manière. Les Who ont beau pêcher sur album, ils demeurent le plus beau phénomène de la scène rock. Tout est en place, c'est-à-dire n'importe où : Keith Moon fanfaronne derrière ses fûts, Pete saute partout, mouline à tour de bras, se rétablit en grand écart, fait la gueule à Daltrey qui s'écrase et se console en jouant au lasso avec son micro. Comme d'habitude, Entwistle, seul avec sa basse, semble tout ignorer du vacarme qui se trame autour de lui. Chacun tricote dans son coin, les flammèches jaillissent de tous côtés et pourtant, de manière incompréhensible, tout reste parfaitement fluide et compact, comme une éruption bien orchestrée.

Le groupe balance d'entrée ses premiers singles toujours frais et consistants malgré les années, réussit à sauver quelques uns de ses morceaux les plus récents, que l'on qualifiera poliment de "difficiles" et se permet même le très tordu "Boris the spider". Pete tente d'évacuer sa culpabilité d'alcoolique avec un "However much i booze" autobiographique, avant d'entonner quelques morceaux choisis de "Tommy", son grand oeuvre ("On a écrit tout ça ensemble, mais Pete s'est accordé tous les crédits juste parce que c'est le plus grand, le plus aggressif, et qu'il a une barbe", rigole Keith en introduction).

 

Toutouyou-townshend : après l'alcool, la gym.


"Baba O' Riley" et "Won't get fooled again", les deux titres légendaires de "Who's next" aux célébrissimes parties de synthé, sont bien sûr joués. La fin du show sera blues mais saignante, propulsée par un Roger très en voix et une guitare de plus en plus incendiaire, incontournable. Décidément, si le nez de Pete avait été plus court, la face du rock en eût été changée...

Pour ne rien gâcher, le son s'avère très acceptable, les angles de vues peu nombreux permettent tout de même une bonne visibilité et seuls quelques inserts flashys sont à déplorer. 45 bouillantes minutes supplémentaires captées au Silverdome de Pontiac viennent couronner le tout, et faire de ce Dvd le parfait rival du "Live at the Isle of Wight" (1970), plus exceptionnel par la portée de l'évènement que par l'interprétation inégale du groupe.

Passé l'enthousiasme de découvrir un concert d'une telle qualité, on ne peut s'empêcher d'éprouver de la peine pour Keith dont le jeu s'alourdit déjà par moments. Lui qui, aux anges, remercie en direct ses trois meilleurs amis s'écroulera sur la scène de Boston, quatre mois plus tard. Puis tout déclinera, jusqu'à l'ultime galipette du merveilleux cabotin qui marquera la fin de la plus belle virée électrique qui nous ait été donnée de voir de ce côté-ci des étoiles.

 

Keith Moon en tenue de soirée (1974)



Et même les quelques bonus en dessert (une interview du batteur sur le plateau de la BBC, et un extrait du passage à la fête de l'Huma en 72) ne réussiront pas à nous consoler.


En bonus, un extrait du concert à Houston : "Boris the spider" , avec un John Entwistle  ultra déchaîné (tout est relatif, bien sûr)

 

 

via Sefronia (c)

par Chtif publié dans : Chroniques DVD
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Lundi 11 décembre 2006
Aujourd’hui, le blog déroge un peu à sa ligne de conduite habituelle avec un disque garanti 100 % sans guitare électrique (ni même acoustique). Pour ça, il fallait une bonne raison et l’électro ethnique de The Orientalist en est une.

"Electro ethnique" ? Le terme peut laisser les non-initiés (et j’en suis) dubitatifs. Se pencher sur les titres évocateurs façon "National geographic" fournit déjà un élément de réponse : "Saturated vietnamese radio", "Arabic ensemble trapped in a desertronic sound storm", "Islamatronic Cantiliation"… Dix morceaux et autant de destinations différentes où se confrontent instruments traditionnels (cloches, flûtes, tablas…) et rythmes hip-hop,  mélopées lointaines et craquements industriels : deux mondes aux antipodes l’un de l’autre qui se percutent puis se confondent.

Un gros boulôt est réalisé sur les samples et le traitement des sons. Le style est épuré et prend son temps pour définir des climats globalement oppressants. On évite de très loin l'écueil world-lounge estampillé "Bouddha bar" avec un sitar rigolo sur rythme techno cool. Paradoxalement, les sons ethniques ne permettent pas souvent d'évasion, ni ne sonnent comme la promesse d’un ailleurs libérateur. "1000 sounds lotus" est une geôle balayée de flots de saturation ronflante d’où l’on aurait bien tort de s’échapper. Une impression   relayée par l’aspect visuel très évocateur des morceaux : souffles inquiétants, grincements de porte et bruits rampants concourent à l’ambiance cinématographique du projet, définitivement plus proche de "Midnight express" que de "7 ans au Tibet " !


Le bazar de la soie au Caire
David Roberts


The Orientalist laisse tout de même la pression s'échapper sur les tablas enlevées de "Islamatronic", ou la basse de "Zanzibar in Dub". Mais c’est avec les trompettes tibétaines et les chants ancestraux de "Tibetan monks playing fuzzy bass tablas" que le disque trouve son point culminant.

"1000 sounds lotus" est autoproduit et qui plus est téléchargeable en intégralité. Que ça ne vous empêche surtout pas d’acheter quand même le disque original en contactant l’auteur nancéien sur son site, histoire de soutenir ce disque réalisé avec passion et simplicité. En attendant les suivants !

via Sefronia (c)
par Chtif publié dans : The kids are alright
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Dimanche 10 décembre 2006
J'accuse TF1 de s'être fait l'infâme commanditaire d'une machination visant à faire élire Miss Picardie Miss France 2007, au détriment de Lyse Ruchat, Miss Aquitaine, à qui le titre devait en toute logique revenir, vu qu'on n'a vu qu'elle toute la soirée. Exploit sans précédent dans l'histoire de l'élection, Lyse Ruchat a également réussi à mettre unanimement d'accord plusieurs mâles désoeuvrés jusqu'en plein territoire spinalien et abreuvés de mauvais vin, éclipsant toutes ses concurrentes d'un simple battement de cil.

J'accuse la chaîne privée de nous faire croire qu'il faut faire hypokhâgne pour représenter la France, sachant qu'une fois élue, Miss France doit se taper toutes les foires au saucisson, sourire et fermer sa gueule pendant un an.


Lyse Ruchat, la victime.
(Photo Journal du Médoc)


J'accuse la population aquitaine de ne pas avoir soutenu en masse sa candidate dans son combat pour l'accessit au titre de Miss France 2007. Pourtant il y avait largement de quoi faire plier la balance en sa faveur (Aquitaine : 3 millions d'habitants - Picardie : 1.86 millions).

J'accuse la population picarde de dépenser toute sa thune en votant chacun douze fois pour élire leur Miss locale (c'est combien le coût du sms, 1 euro ?).

J'accuse TF1 de nous refaire le coup de la candidate handicapée  qui fait pleurer dans les chaumières (Miss Limousin, sourde muette et toute maigrichonne, et comme si ça lui suffisait pas, la pauvre, elle ne finit que première dauphine, la pire place). Ceci dit, il fallait bien concurrencer France 2 qui, au même moment et trente heures durant, engrangait la pitié et l'audimat avec le même procédé.

J'accuse enfin ce blog de faire vraiment dans le facile et l'inutile ces temps-ci. Mais comprenez qu'on ne peut passer sous silence de telles injustices.
par Chtif publié dans : Bordel rock
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Jeudi 7 décembre 2006
A l'approche des fêtes,  impossible d'échapper aux traditionnels référendums. Dans le domaine, l'imagination des journalistes n'est jamais en berne : meilleur album de l'année, meilleure pochette, meilleur solo, meilleur boîtier, meilleure vente, meilleure arnaque, meilleur lifting, meilleur décès... Et encore, ça c'est juste pour le bilan annuel, je ne vous parle pas des marroniers habituels remis à jour tous les six mois ("les cinquantes plus belles chansons qui vous font l'amour", ce genre de choses...).

Bref, pour les référendums, il y a deux écoles, fais ton choix, camarade : d'un côté les maniaques du listing qui archivent, décortiquent, comparent et discothèquidéalent, de l'autre les réfractaires qui considèrent la musique comme une affaire de passion, pas comme un bilan-comptable.

Sur le Chtif, on ne déteste pas les quizz et autres petits remue-méninges du même style qui peuvent vous bouffer la soirée, alors sacrifions de ce pas à la tradition avec un petit peu d'avance sur l'horaire. On n'est pas les premiers, remarquez. D'ailleurs, il y a un timing subtil à prendre en compte au moment de lancer les votes : pas trop tôt sinon les dernières sorties de l'année l'ont dans l'os, mais assez pour griller la politesse aux concurrents d'à côté. Bon, là, on est le 7 décembre, ça devrait aller, normalement toutes les challengers sont déjà en lice.

Bon, pour cette fois, on va aller droit à l'essentiel histoire de ne pas vous faire trop cogiter. Vous êtes donc cordialement invités à voter pour votre album rock préféré 2006, à choisir parmi la pré-sélection suivante (établie par un panel représentatif de une personne).

Voici la liste du sélectionné :


La Maison Tellier

Voilà, à vos claviers !
par Chtif publié dans : Bordel rock
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Mercredi 6 décembre 2006
Alors c'est donc ça, maintenant, le ska ? Des cuivres qui s'égosillent, une musique balourde de festival et des troupeaux de jeunes en bobs et tee-shirts-vache qui mugissent des "légalisatioooon !!!" au milieu d'un pré bouseux ? Sans aller jusqu'à réclamer le retour des Pork Pie Hats (ces fameux chapeaux de cuir) et des chaussettes blanches sous costume moiré, on est tout de même en droit de regretter la classe des Specials ou Madness.

C'est donc avec un plaisir non feint que l'on se penchera sur le Tokyo Ska Paradise Orchestra, dont nous parvient aujourd'hui cette compilation, leur première sortie européenne. Ils sont dix, ont des noms aussi rock'n'roll que Kitahara Masahiko (trombone) ou Hiyamuta Tatsuyuki (sax alto), et parsèment depuis 1985 un groove absolument infernal. Festif mais élégant. Leur technique époustouflante, leur maîtrise scénique et leurs costumes argentés, violets ou encore pailletés, leur ont même valu le privilège d'ouvrir pour les jamaïcains de Skatalites, fondateurs officiels du ska.

La force de ces drôles de nippons (qui se font appeler Skapara dans leur pays d'origine) réside dans leur aptitude à évoluer d'album en album (dix originaux à leur actif), à ne pas se cantonner dans une formule juke-box bien calibrée. Au contraire, "Ska me crazy" déroule sous nos pieds un dance-floor pavé de tous les styles connexes au ska : reggae, rock et dub y côtoient le jazz et la soul originels.

La mixture bouillonne de tous côtés, et déborde en flots de basse ronflante. Les cuivres sont omniprésents, mais brouillent les pistes tels de malicieux caméléons: tour à tour, ils plombent une canicule brésilienne sur "Call from Rio", remuent du cul sur un zouk tropical ("The natty parade"), ou s'embarquent dans un charleston délicieusement rétro sur "(We know it's) all or nothing".












La panoplie ska française...
et sa consoeur nippone :




Mais à côté de ces titres qu'on les sait capables de faire, ce sont ces bizarreries venues d'ailleurs qui font la différence. Cette voix qui éructe sur "5 days of TEQUILA" (comment ça, Tarantino ne l'a pas encore repris sur une BO ?!), cet orgue qui tutoie l'électronique de "Movin' dub [on the whole red satellites]", ou cet inquiétant pont de basse orageuse sur "Skull collector". Quelques graines de folie inattendues, quelques gestes irresponsables au beau milieu d'un bal que l'on aurait pu imaginer convenu.

Décidément, il faudra un jour se pencher sur ce petit îlot du Pacifique et tenter de comprendre comment il a pu enfanter autant de déjantés... Qui d'autre que des japonais pourraient exécuter avec le plus grand sérieux du monde une bluette d?ascenseur aussi obsolète que "Lover's walk" (évoquant la musique des "Vacances de monsieur Hulot", d'Alain Romans) ? On en compte combien des groupes qui exhortent la foule à une séance de "Jump !"? sur un air de melodion ("Ska me crazy" enregistré aux Eurockéennes de Belfort) ?

Le live étant d'ailleurs leur domaine de prédilection, on conseillera à l'auditeur de se ruer sur les deux vidéos concert, histoire de mesurer l'étendue du foutoir que ces japonais peuvent imposer. Des garçons pourtant si bien habillés...

Morceaux qui Tuent
   5 days of TEQUILA
   Skull collector

En bonus : "5 days of tequila" en écoute dans la Radio
et la vidéo de "Tongues of fire" (notez les costumes sponsorisés par le fond d'écran du Chtif)



via Sefronia (c)
par Chtif publié dans : Chroniques disques
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Ptite pensée ...


Ce site est dédié au plus imprévisible  des chefs cuistos: Keith Moon.
(c'est un peu le bordel sur ce site : il aurait adoré)

La plupart des chroniques publiées ici sont aussi dégotables sur http://www.sefronia.com .



Ils parlent du Chtif : ça prouve qu'ils ont bon goût (ah ah...)
Un jour, un site
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