Chtif'iens, Chtif'iennes,
Comme vous avez pu le constater, cette page a connu une bonne période de disette qui je l'espère ne se renouvellera pas de sitôt. Et oui, misère, le Chtif était au turbin les pieds dans la mélasse (pendant que la plupart d'entre vous se prélassait en vacances, bande de moules), et cloîtré dans une petite bourgade du 78. Ah... Epône Mézières, sa zone industrielle, son hôtel, sa... sa zone industrielle et euh... son hôtel.
Quoi qu'il en soit, si vous croyez que cette période de surmenage a ramolli les aigreurs, vous vous trompez lourdement puisqu'aujourd'hui, le blog se lance dans l'ô combien périlleuse entreprise du débat présidentiel. Ouhla, on attaque les grands mots (Chtif = vendu), et pourtant un poil d'implication citoyenne n'est jamais de trop. Histoire de ne pas trop vous re-polluer les oreilles avec les médisances habituelles, le Chtif vous présente aujourd'hui un peu de nouveauté pour alimenter les discussions : les projets avortés d'affiches électorales des différents partis en lice. Dommage, les affiches officielles finalement placardées pour la campagne sont quand même beaucoup moins rigolotes. Bref, allons-y, de bord à bord :
Commençons par nos amis communistes, qui optèrent en première instance pour le dénuement et la simplicité avec cette magnifique ode à la camaraderie :

Kraftwerk : "The Man-Machine" (1978)
Sur les cendres encore rougeoyantes de la Guerre Froide, cette pochette réminiscente du style constructiviste russe (signée Karl Klefish) fut taxée sans discernement de propager des idéaux totalitaristes, communistes ou encore fascistes (en vrac... ).
Pour Lutte Ouvrière, pas question d'oublier les raisons de la colère :

Pink Floyd : "Animals" (1977)
La pochette représente la centrale électrique de Battersea (Londres) survolée par l'infâme cochon de baudruche du capitalisme. Anecdote amusante : lors d'une session photo, le cochon pris son envol : un hélicoptère tenta de l'abattre, en vain. Les contrôleurs aériens dûrent alors signaler aux appareils en vol la présence dangereuse d'un gros cochon rose à 20000 pieds. Celui-ci atterrit finalement dans un champ sans dommage. (plus d'infos ici)
Fini les p'tis zoziaux, les p'tites rivières sur les n'affiches, maintenant ça urge : la poubelle Terre, c'est déjà là, et les Verts passent la seconde.

Anthrax : "Stomp 242" (1995)
Anthrax : un nom métallos bien inspiré qui rameuta par erreur sur leur site net des millions de visiteurs désorientés par la menace d'attaque bactériologique, après les attentats de 2001. Alors que "Aeroplane" ou les RATM se voyaient interdits de radio, on exigea même du groupe qu'ils changent de nom... Pas de chance, aux dernières nouvelles, Anthrax se répand toujours.
Après une bonne partie de campagne, qu'il fait bon partager un moment de détente rabelaisien avec nos amis de Chasse Pêche Nature et Tradition :

Nashville Pussy : High as Hell (2000)
Nashville Pussy tire son nom d'une chanson de Ted Nugent, autre barjot notoire niveau armes à feu. Représentant de la NRA, Nugent prône l'auto-défense ("I want rapists dead. I want burglars dead. [...]No court case. No parole. No early release. I want 'em dead") et ne refous plus les pieds au Canada depuis que la chasse à l'ours y est interdite...
Les éternels partisans du clivage droite/gauche lorgneront du côté qui leur sied avec les deux charmants bambins ci-dessous. A noter que l'attribution respective de ces deux affiches au PS et à l'UMP varie selon l'interlocuteur :

Van Halen : "1984" (1984)

Black Sabbath : "Born again" (1983)
Steve Joule, à qui le design de cette pochette fut confiée, sabota volontairement le boulôt en vue d'aller bosser avec Ozzy Osbourne, ex-chanteur du Sabbath. Las, Tony Iommi le guitariste s'accomoda parfaitement du résultat final. A part un ou deux death métalleux, personne n'a encore compris pourquoi.
Et naturellement, les indécis pas pressés d'opter pour un côté plutôt qu'un autre pourront garder le cap en plein Centre, avec l'UDF. Le Miracle de l'Amour, tous ensemble dans la même direction.

Queen : "The miracle" (1989)
Le morphing des visages, petite prouesse visuelle en 89, symbolisait sur cet album l'unité du groupe (tous les morceaux sont pour la première fois signés collectivement). Il permettait d'autre part de dissimuler pour quelques temps encore la maladie de Freddie...
Enfin, saluons nos indéboulonnables d'extrême-droite, jamais avares d'une petite provoc' pour faire parler les médias.

Killing Joke : "Laugh ? I nearly bought one" (1992)
Les Killing Jokes d'étaient fait interdire de concert à Glascow avec cette affiche d'un prêtre (le Pape ?) passant en revue les troupes nazies. Du coup, ils l'ont réutilisée pour la pochette d'une compile. C'est de bonne guerre.
Voilà, voilà, on a fait le tour, là, y'a plus qu'à, comme on dit.
Ceci dit, si malgré tout vous n'arrivez pas à choisir parmi toutes ces merveilles de créativité, il reste toujours la possibilité de voter blanc :



The Beatles : "White album" (1968)
Mouais, je l'avais déjà utilisée celle-là...
Mots doux...