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Chtif mange beaucoup plus de disques que de raison et en déglutit pas mal de chroniques

Grands crus, piquettes moisies, vieilles recettes de grand-mère ou bizarreries post-modernes se succèderont ici sans distinction ni sectarisme, au rythme du mange-disques uniquement.

Et s'il vous reste une petite place pour le digestif, il y aura aussi quelques petites revues bds et bouquins, histoire de pas partir la bouche sèche.     

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Brèves de comptoir

13 Mai 2008

Juste un petit coup d'auto-promo pour une chose sans grande importance :

Small Shots

  Et pour les amateurs de n'importe quoi :

Ned et Frico




 

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Jeudi 15 novembre 2007

Ca va chier.

Récemment,  notre confrère bloggueur (et néanmoins ami) Guic' the Old eut la brillante idée de casser du sucre sur une cible bien trop facile : Queen. Ce qui revient au fond à enfoncer un clou bien inutile, tant le groupe est devenu au fil du temps la tête de turc de tout rock-critic en mal de médisance. Mon cher Guic', il y a des choses qu'on ne peut décemment laisser passer, en voilà une. Figure toi qu'à l'éternelle question « quelle chanson a changé votre vie ? », je répondrais sans délai « les 10 premières secondes de Bohemian Rhapsody sur le Live at Wembley ». Souvenir gravé : mon père qui enclenche le morceau un dimanche après-midi sur la platine familiale, le choc ressenti, instantané, les quelques notes de piano, le cri de la foule...


En revisitant mes tours à CD, j'ai mis la main sur pas moins de 14 albums de Queen, dont un pirate japonais et un disque de reprises symphoniques (abominables ceci dit; je revois encore le rictus de ce faux-cul de vendeur à qui j'avais demandé du haut de mes 14 ans ce qu'il en pensait). Tout cela représente comme vous vous en doutez un nombre incalculable d'heures d'écoutes à une époque où ces albums occupaient 50 % de ma maigre discothèque. Avec le temps, j'ai délaissé le groupe, appris à discerner le bon grain de l'ivraie. Mais  loin de moi l'idée de ne porter sur cette période qu'un regard attendri et poliment moqueur. Queen n'est pas une erreur de jeunesse, il est pour moi le déclencheur d'une passion qui me condamne depuis bientôt 15 ans à sacrifier mes écoutilles sur 220 dB.

C'est qu'au-delà du rôle de zigotos de service qu'on s'amuse à leur faire endosser, Queen est un groupe aux personnalités marquées, bien plus intéressant qu'il n'y paraît à première vue. Le charisme et l'hypertrophie dentaire de Freddie Mercury ont souvent occulté le fait que tous les musiciens composaient - à divers degrés de réussite certes - chacun contribuant à forger une identité musicale indiscutablement unique jusqu'à ce jour.

 

D'un côté, il y a les tranquilles : Brian May, d'abord, le zen du groupe. Plutôt réservé, le guitariste à l'improbable constance capillaire laisse son instrument bricolé-maison converser pour lui. Jamais de frime (en sabots devant 120 000 personnes, c'est dur), tout dans le doigté, le phrasé mélodique, et un don inné pour les solos qui roulent des galoches à votre place : ne cherchez pas plus loin où Slash est allé puiser son inspiration (et sa coupe de cheveux).

John Deacon, plus discret encore, apporte au groupe une certaine candeur par le biais de compos à l'exquise naïveté ("You're my best friend " ) et déroule mine de rien un bon petit swing mûri par une vieille fascination pour les groupes Motown. Même le plus vachard des critiques n'arrive pas à descendre  son « Another one bites the dust ».

 

En face, les fêtards, ou queutards, ça marche aussi. Freddie Mercury, bien sûr avec ses costumes de diva et sa démesure théâtrale qui confine à l'exhibition publique. Excès, cabotinage, pomp rock,  autant de termes et d?arguments dont on le blâme. Les moqueurs de tout poil peuvent bien se gausser, tout ceci ne saurait occulter ce qui fait tout le sel du personnage : le goût immodéré du chanteur pour les ambiances jazzy et belle époque. Taillée pour les grands évènements, sa voix généreuse, quoique imparfaite, n'était pourtant jamais tant expressive que dans l'intimité d'une ritournelle désuète  à la « Good old fashioned lover boy ». Mercury  délaissait là son rôle de chauffeur de stade pour un chant cabaret qui fut sa vocation première.

Des quatre, Roger Taylor est sans doute le point faible du groupe. Punk en 1978 («Sheer heart attack» ), disco en 81 (« Hot space », aïe...), le batteur s'acharne à raccrocher aux mouvements de mode, lors que son groupe se distingue dans l'atypie. C'est probablement sous son influence que Queen abandonne la mention « No synthetisers » qui signait chaque pochette jusqu'à l'orée des 80's.... et inaugure par la même occasion sa chute abyssale dans les affres du rock à stadium. Pactole à la clé, bien sûr, mais quelle débandade. Passé le cap de la nouvelle décennie (le dernier album correct du groupe étant « The game » en 1980) et jusqu'à son extinction, le groupe ne composera plus son menu quotidien que d'hymnes boursouflés et de choeurs indigestes. Taylor, lui, signera enfin ses plus gros succès : « Radio Ga Ga », « A kind of magic »... Re-aïe.

 "Ecoute, maman est près de toi..." - Encore un tube  de Roger.

Quatre membres, deux clans. Pas mal d'engueulades à la clé, entre qui c'est qui picole qui c'est qui ramène les autres à la maison, qui c'est qui touche les royalties alors que t'as écrit que le refrain etc etc... Le ligand de tout ça, qui empêchait le groupe de se fouetter les côtes à chaque répétition, c'est justement cette dualité, poussée à l'extrême à tous les échelons du spectacle.
Queen pouvait faire dans le caca prout sur fond d'arrangements 19ème siècle avec clavecin et tout le tintouin. Queen pouvait passer du choeur d'opérette au hard le plus primitif, du déjeuner sur l'herbe à celui des canotiers. Ah, grotesque et grandiose, la vieille querelle, ici portée à son apogée. Le plus beau dans l'histoire, c'est que le groupe assumait totalement ses amours déviantes pour le futile et le mauvais goût. Comme disait Mozart : « je suis vulgaire, je le sais, mais je vous jure que jamais ma musique ne l'est ». Bon, n'allez pas me faire dire n?importe quoi non plus. Bien sûr, Mercury n'est pas Mozart, mais quoi qu'on en pense, il faut un certain génie pour pondre un hymne aux gros culs (« Fat bottomed girls ») et en faire un tube chez les ménagères de moins de cinquante. Pardon ? Manque de finesse ? Qui s'en soucie ? On est chez les putes, en plein opéra, on veut du french cancan, du vaudeville et des roucoulades, pas de la finesse. Vous croyez que Bowie se l'est posé, la question de la finesse, en émergeant d'une nocturne avec le groupe, « Under pressure » sous le bras ? Le Duke l'a même recasé sur la réédition de « Let's dance », histoire de sauver l'album, farpaitement.

 

Queen n'avait de conseil à recevoir de personne pour alpaguer son client. Caméléon musical, nos anglais variaient les plaisirs en touchant à tous les styles (et pour une fois, l'expression n'est pas galvaudée) : folk S-F, valse, rockabilly, New Orleans jazz, trucs antillais, arabes, hispaniques... Bon et plus tard disco, dance et autres bêtises, mais vous l'avez compris, mieux vaut se concentrer sur la partie 73-80. A ce titre, si « A night at the opera » est considéré de coutume comme le meilleur album (et c'est pas faux), n'hésitez pas à vous repencher sur la face B du deuxième album (1974) : Freddie pousse le baroque au sens le plus rococo du terme, jongle avec les rythmes et s'en donne à coeur joie sur de savoureuses vocalises du genre : « little sugar then a rub-a-dub-a baby oil ». Progressif, certes, le mot est lâché. C'est peut-être bien pour ça que les bien-pensants ne peuvent pas les saquer. Un groupe progressif qui ne se la joue pas, et qui en plus a du succès, forcément ça met mal à l'aise.

 

Parce qu'il faut bien conclure, autant le faire en musique. Voici une petite vidéo du groupe en live, « Death on two legs », dédiée à leur ancien manager, «  un vrai enculé de gentleman » (c'est ça qui est « bippé sur le « Live killers »). Bon, y'avait le choix, si le coeur vous en dit, cliquez sur les liens un peu partout, y'a de quoi faire. Enfin, chers amis qui continuerez à dénigrer Queen envers et contre tout, je vous salue d'une petite courbette. « You can kiss my ass, goodbye ! »

 

par Chtif publié dans : Bordel rock
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Mercredi 11 avril 2007

« Hé, garçon ! Garçon ! Viens par ici, ouais, discret, discret, viens-là…. T’en veux ? T’en veux ? Hein ? Ben d’la bonne came, t’en veux ? Hé, t’excites pas, discret, j’te dis, t’inquiètes, y’a personne, t’en veux alors ? OK, suis-moi deux minutes, j’ai ce qu’y’t’faut, ça va t’remettre d’aplomb, tu vas voir. Bon… Personne t’a suivi ? Meuh non, j’déconne, je dis ça pour le style, va, ah merde, la tête que t’as fait, y s’croit dans Scarface, lui. Mon gars, j’te préviens, c’que j’te propose, c’est pas la Soupline à mamie, c’est du pointu, tu vas savoir où t’as foutu ton pognon. Tu t’rappelles les Flamin’ Groovies ? Ouais, souvenirs des beaux quartiers, hein ? Et ben avec ça, pareil, tu vas retourner taper la causette au créateur, direct, c’est moi qui te l’dis. Jellyfuzz, que ça s’appelle, tu vois tout de suite le genre.

 

J’te fais le trip : tu commences tranquille, un petit goût de Cramps sous la langue ("Poison Ivy " au cas où t’aurais pas bien compris), et une fois que t’es bien calé sur les rails, tu laisses défiler : gonzesses à tous les virages, reverb de tequila pour ventiler les bronches, trompettes, gros cubes, les chats d'argent, les rats d'émeraude et tout le tintouin. Ce truc, c’est le Futuroscope en sachet, le grand huit en quatorze étages. L’autre jour y’avait Jagger au banjo sur la banquette à côté, je te jure ! Pas un temps mort, on dirait du Brian Jonestown Massacre, mais sans le côté roupillon. Au bout d’un moment, tu crois que t’as fait le plus dur, et ben que dalle : t’es bien perché, reste la descente, et là, attention les mirettes, tu te prends "Antidote" et "Isle of the skull" en pleine face, un parfum de classique, j’te raconte pas.

 

En plus c’est du français, production locale, sans adjuvant. Ben ouais, pourtant c’est un peu la dèche côté terroir en ce moment, mais là, je sais pas, paraît que c’est des fondus du Nuggets qu’ont trouvé un bon plant du côté de Brest, franchement j’suis à deux doigts d’aller m’installer chez eux. Ah la vache, ils se sont fait plaisir, les coquinous. Bon, combien j’t’en mets ? OK, prends ça, c’est bon pour c’que t’as. Par contre, fais gaffe, si tu commences, tu siffles tout le paquet. M’étonnerait pas que tu reviennes me voir vite fait. Ca tombe bien, paraît qu’il y a une deuxième livraison prévue dans quelques mois. Je t’en mets de côté. Allez Pacino, à la revoyure…. Hé, toi, là ! Garçon ! Viens par ici, deux secondes… »

 
Morceau qui tue : "Antidote", en écoute dans la Radio du Chtif

à voir : le site internet de Jellyfuzz, + 4 autres morceaux en écoute sur leur Myspace

 via Sefronia (C)


par Chtif publié dans : Chroniques disques
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Mercredi 4 avril 2007

Déçu, déçu. Pourtant, j’en attendais beaucoup de ce live des Black Crowes, fier étalon des chevauchées sudistes, encore un de ces groupes avec deux frères aux commandes dans la lignée des tribus Allman ou Van Zandt, à croire que les liens du binaire qui tâche ne se tissent qu’avec ceux du sang. Adoubés par Jimmy Page qui les embaucha comme backing-band sur une tournée commune en 2000, voilà plus de vingt ans que Chris et Rich Robinson biberonnent leur hard-blues aux solos de quatre minutes et aux riffs coulés dans le bitume.

 

“Freak 'N' Roll... Into the Fog”, donc, enregistré à San Francisco en 2005, après un break de trois ans. Ca pourrait démarrer en trombe, mais d’emblée quelque chose cloche : on aurait aimé un saloon crassouillard, on se retrouve avec "(Only) halfway to everywhere" qui s’époumone sur fond de cuivres soul, façon gros show avec la bannière étoilée en arrière-plan. Pour un peu, on verrait James Brown esquisser des pas de danse sur le ring comme dans Rocky 4. Peut-être que le son n’est pas assez fort pour apprécier : grimpette sur le volume et cette fois, ça va mieux, on s’amuse à chercher les références, Aerosmith sur "Sting me", The Band sur "Welcome to the goodtimes"… Les guitares bien pluvieuses du hit "Soul singing" rassurent, le final de "My morning song" fait toujours son petit effet, mais très vite on déchante : les morceaux se suivent et se ressemblent. Je ne sais pas qui a dit que le rock se déguste sur 2 minutes 30, mais les Black Crowes devaient être en virée ce jour-là : les jams s’éternisent, on en trouve à foison sur toute la première moitié du disque. Au bout de quelques morceaux, on regarde sa montre et la playlist : il reste encore les deux tiers à s’enfiler.

 

Et le pire reste à venir : les Black Crowes croient bon de nous refaire le coup de l’intermède acoustique, sur quatre morceaux interminables (oui, comme Led Zeppelin avec son enchaînement "That’s the way" - "Bron yr aur stomp" - and co., autrement dit la partie la plus chiante de leur répertoire). La dernière partie rebranche les cordes, mais la sauce reste au fond du bol : le mid-tempo prédomine, mais même quand le rythme s’emballe, les guitares donnent l’impression de s’ennuyer ferme, de se contenter de faire ce qu’elles savent déjà faire. La faute à une mécanique trop bien huilée qui accumule les poncifs rock’n rolliens (et le coup du solo de sax, et le coup de l’harmonica qui s’affole, et le Bo Diddley beat de rigueur…).  La reprise finale de "The night they drove 'ol Dixie down" (The Band, encore) devrait nous consoler, mais bon... pourquoi pas le "Star spangled banner" tant qu'on y est ?

 

Chuck Klosterman, le critique de Spin, écrivait dans son bouquin : "Je, la mort, et le Rock’n Roll" que chaque mâle au monde a, un jour, sa période Led Zep. Ca dure 6 heures ou 6 ans, mais c’est ainsi. Une question d’hormones. Il faut croire que la mienne est passée. Et ce n’est pas les Black Crowes qui vont la raviver.










 


 



En bonus, quelques affiches bien psychés, histoire de pas complètement regretter sa soirée :

















Plus, une vidéo de "Feelin' Alright', sympa (mais pas sur le live)



via Sefronia (C)
par Chtif publié dans : Chroniques disques
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Samedi 31 mars 2007

Ola les guys,

Plus les semaines passent, moins "L'aigri du mois" l'est. Encore quelques semaines et je pourrai écouter Cali.

Déjà on commence par deux bonnes nouvelles capables d'effacer tous les coups da:

Primo, j'ai enfin vu les "Infiltrés" (super l'aventurier des salles obscures qui se bouge deux jours après l'Oscar...). Bon, c'est du Scorcese, je vais rien vous apprendre en disant que c'est bien gaulé, comme film. Cerise sur la bobine, le réalisateur qui a toujours fait peuve d'un goût certain pour ses B.O. a ici  donné la place princière à un de mes petits chouchous persos : "Nobody but me" et ses Boogaloos DiCapriesques. Orgasme dans la salle.

Deuxio, Gaston Lagaffe a fêté ses 50 ans, à Bruxelles bien sûr. Pour fêter l'évènement, le gouvernement belge a tout simplement décrété une journée "parcmètres gratuits", pour saluer le combat de Titans Gaston-Longtarin (le brigadier verbalisateur). La Belgique est le plus grand pays du monde. Boogaloo.



Bref, ce mois-ci, peu de motifs valables pour s'énerver. Pourtant, il y avait des perches tendues : les Victoires de la Musique, l'Eurovision... Enfin, bon, sans télé à la maison, je suis passé entre les mailles du filet. J'ai quand même apprécié les résumés du JT : le "j'suis vach'ment content, surtout que j'l'ai composé en 15 minutes" de M pour son prix de la meilleure B.O., c'est toujours sympa pour les perdants. 15 minutes, ça doit aussi être le temps que les Wampas ont mis pour pondre "Faut voter pour nous", bien punk bien rigolo... Il y avait de quoi arracher two points à la Hongrie, à l'aise.

C'est très pratique de ne pas avoir la télé, ça permet d'être incapable d'identifier un morceau de M. Pokora, ou de découvrir la parodie de Diam's avant l'originale, par exemple. Par contre, il y en a un que j'ai découvert le week-end dernier, c'est Anis (apparemment tout le monde le connaît depuis des mois, depuis que France 2 l'a propulsé "révélation de l'été" pour respecter ses quotas de black-blanc-beur) : lors d'une émission live qui enchaînait les sous-Benjamin Biolay, d'un coup Anis débarque, et joue "Intégration".. .et j'ai trouvé ça vachement bien sur le coup. Il faut dire aussi que j'étais en plein trip métissage (vin blanc-vin rouge précisément), ça a dû aider. Mais même à la réécoute, ça sonne encore bien,  pas mal de clichés banlieues-écolo-and co dans les paroles mais pas dans la musique : sur "Cergy", Anis se prend pour Jonaz, emprunte un petit "ensemble on est de la dynamite" aux Bérus... Alors soit pour une fois ils ont dégôté quelque chose de pas trop mal, à France 2, soit ils ont un sacré pouvoir ramollissant.


Tiens, est-ce qu'ils passent les Stooges à la télé ? Nouvel album, la reformation, tout ça(comme le dessinait Luz à propos de la mort de Joe Strummer : "Mon Dieu, c'est terrible, je... je crois que je m'en fous")... Ils en sont bien capables, déjà que SFR a descendu "I wanna be your dog" sans sommation... Faudrait faire un listing des Dix Grands Crimes Musicaux perprétrés par les publicitaires :


Numéro 1 : Ba-Ba-Ba, Ba-Ba-Babybel" - The Beach Boys
Numéro 2 !!!! : "Tu es le soleil de ma vie, Cofidis" - Stevie Wonder
Numéro 3 !!!!!!!!! : " Kamol plus fort que la douleur" - Chuck Berry, etc ...


Les Stooges ne sont pas les seuls à viser le podium ce mois-ci : plein de grosses sorties (ou annoncées comme telles) mais peu de vraiment excitantes. (Déjà, qu'on ne vienne pas me soutenir ceci-cela sur les Klaxons : le disco-rock, c'est bien gentil, mais à part celui d'enfin dégager les Scissor Sisters, il n' y a pas grand mérite.) Tiens, j'ai réussi à passer le cap de la quatrième plage sur le dernier Arcade Fire (enfin de la cinquième, c'est la moins réussie du lot) : et ben finalement il est pas mal ce deuxième album, surtout la deuxième face. Contrairement à "Funeral", un petit effort doit être fait pour apprécier les mélodies. Légère inquiétude tout de même au niveau de la production qui en fait des tonnes : s'ils continuent dans cette voie, Arcade Fire ne va pas tarder à déloger U2 de son poste actuel. Un doute parfaitement cristallisé par le très amusant article de Interprétations diverses, dont voici un extrait :

"La religion est l'opium du peuple, elle est aussi le Valium du rock. Devant les grandes orgues d'Intervention, que nous reste-t-il à faire ? Se signer, se prosterner, mettre quelques euros dans la corbeille ? Tout ça sent l'autodafé collectif façon David Koresh dans dix ans. Ou encore pire : l'utilisation d'Arcade Fire à l'entrée de tous les mariages des années 2010."
 
 
Finalement, faute de prétendants assez couillus pour faire bouger le mois de mars, je me suis ressorti une petite madeleine de Proust comme on n'en déniche plus de nos jours : les Angels. Chefs de file australiens, trônant sans complexe aux côtés d'ACDC et des Saints, les Angels font partie à jamais de cette maudite catégorie de groupes qui "auraient dû". L'histoire est classique, à pleurer (comme une madeleine, donc) : discographie sans écueil, frontman de folie, classe scénique incomparable d'un côté, problèmes de management, galères en tous genres, et scoumoune persistante de l'autre. Les Angels ont officié sans relâche de 77 à 80, tutoyé le succès avec des tournées sold-out à travers le monde, pour finalement jeter l'éponge après avoir manqué le coche. Leur mélange hard-rock, punk et pop inspiré a pourtant fourni une tripotée d'excellents titres dont on ne se rappelle plus guère ("Coming down", "Mr Damage"...)


On peut encore aujourd'hui se payer une bonne cure de jouvence avec "Live line", leur meilleur témoignage discographique. A l'origine un quadruple vinyle enregistré sur scène entre 83 et 87, puis réédité en 99 avec 10 titres supplémentaires (et pas les moindres). Le genre de disque qu'on fait écouter aux amis, et qu'on conseille aux amateurs de sensations pures. On entend là-dessus une alchimie parfaite entre un groupe et son public, quelque chose à foutre dans le livre des records : à la fin de"After the rain", tout le monde poursuit le morceau a cappella pendant deux bonnes minutes, obligeant le groupe à revenir improviser une nouvelle fin; sur "Am I ever gonna see your face again ?", le public invente carrément de nouvelles paroles que tout le monde reprend en choeur... L'interprétation est nerveuse,urgente, impeccable. Doc Neeson, au micro, déchaîné, tient la salle dans le creux de sa main et prend un malin plaisir à malaxer le tout : Doc Neeson fait partie de ces trop rares chanteurs qui ont cet espèce de visage figé, magnétique, au bord de la rupture. La beauté inquiétante des passionnés qui vont au bout d'eux-mêmes. Derrière, Rick Brewster, impassible, mais tellement efficace à la gratte.

On pourrait citer tous les titres en exemple, "Take a long line", métamorphosée par un sax vicieux, les huit minutes de "Marseilles"  avant son final jouissif, le crooning bourré de "Easy prey", la chaleur palpable de "Into the heat"... Ah mince, écoutez-le, tiens, qu'est-ce que vous voulez que j'vous dise, ma bonne dame... D'autant qu'on ne reverra pas ça de sitôt : Doc Neeson, salement amoché dans un accident de voiture en 2001, peine à se remettre d'aplomb. En fait, on n'a quasiment plus de nouvelles.

En bonus, pour se faire une idée, un live de "After the rain" :


 

Pas trouvé mieux, mais les intéressés pourront poursuivre la découverte avec le clip de "Coming down", un live de "Take a long line" (sans saxo...), ou deux intéressants sites en français sur le groupe : The Angels from down under et No Exit.

 

Bon, ben pour quelqu'un qui n'avait ni rien à dire, ni rien pour se plaindre, c'était quand même un long bla-bla... On va le stopper là pour aujourd'hui, avant de revenir bientôt pour deux-trois découvertes BD qui valent franchement le détour.

Encore un petit détail avant de faire la bise aux filles : je suis dans une période pas évidente, là, et ce jusqu'à mi-juin à peu près. Ca veut pas dire qu'après j'aurais plus qu'à glander, mais ça veut dire que d'ici là, je ferai ce que je peux pour maintenir un rythme potable au blog. Pas évident... Désolé donc s'il a fallu attendre 15 jours pour un nouvel article, ou si j'ai moins de temps pour aller poster chez vous. Je continue à vous lire, mais en speed ! Bye.

par Chtif publié dans : L'aigri du mois
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Mardi 13 mars 2007
Lemmy Kilmister et ses verrues faciales, Steven Tyler et sa bouche en cul de poule, Pete Townshend et sa péninsule nasale? Ils ont été bien inspirés de faire du rock ceux-là, sinon bonjour la galère pour draguer en soirée. Et encore là on ne cite que certains des plus connus, mais la liste de ceux qui ont tenté de masquer un physique ingrat derrière une guitare est aussi longue que celle des galères qu'ils durent surmonter pour y arriver. Car à défaut de belle gueule, il vaut mieux assurer côté talent pour attirer l'attention. C'est ce qui les rend intéressants d'ailleurs. Vous croyez qu'on peut raconter honnêtement la frustration adolescente quand on a une tronche de jeune premier ? Qu'on peut décemment chanter le blues quand on n'a pas passé sa jeunesse à voir les couples se former sur la piste en sirotant seul sa bière au bar ?

Prenez le cas de Johnny Winter, pendant qu'on parle de blues. Dire qu'il n'a pas été gâté par la vie est un bel euphémisme. Déjà, naître albinos, ça doit vous garantir un bon lot de quolibets dans la cour d'école. Mais se voir en plus affublé d'un strabisme divergent forcément disgracieux? Merci Dame Nature, fallait pas vous déranger. C'est sans doute pour cela que Johnny Winter trouva refuge dès son plus jeune âge au sein de la communauté noire de sa ville natale, Beaumont au Texas, où au-delà des considérations raciales et physiques seul comptait l'amour du blues.

C'est dans les clubs noirs que l'apprenti bluesman fit ses classes et apprit le métier: il réussit même à monter sur scène au culot et recueillir une ovation lors d'un concert de B. B. King. Il n'avait que 17 ans.


Johnny Winter avant la guitare...


Son premier album paru en 1969 et aujourd'hui réédité est plus qu'un manifeste de blues électrique: un majeur dressé face au destin qui croyait avoir suffisamment ruiné les chances du jeune texan. C'était sans compter sur les capacités inattendues que Johnny déploya très tôt pour manier la 6-cordes. Un virtuose, rien de moins, un de ceux qui peuvent vous dégoûter à tout jamais d'apprendre la guitare. Oh, on ne parle pas ici de déballage technique, façon guitar-hero, Satriani et tout le tralala, mais bien d'un feeling blues hors du commun.

Blues du Delta joué avec une sincérité sans faille ( l'acoustique "Dallas" au bootleneck acéré), blues-rock fleurant bon le pub enfumé et la descente de packs à l'arrière du pick-up ("Mean mistreater" sur lequel Johnny invite le légendaire Willie Dixon à la basse et "Big" Walter Horton à l'harmonica), ballade quasi-soul rehaussée de cuivres et de piano ("I'll drown in my own tears"), c'est tout l'héritage de Robert Johnson et autres John Lee Hooker qui fut ici remis au goût du jour, alors qu'un peu plus à l'ouest, l'époque psychédélique battait son plein.

Le jeu du Texan n'hésite pas à s'embarquer dans de folles cavalcades électriques, tout en restant moins brouillon que celui d'Alvin Lee de Ten Years After. En témoigne le solo aride de la magnifique reprise de "Be careful with a fool" de B. B. King : c'est sec, hypnotique et haletant comme une course perdue d'avance sous le soleil cuisant du désert. Une leçon de maître.


.Johnny après quelques cours. reste plus qu'à changer les fringues, et c'est bon, il emballe.


Trois titres sont venus se greffer sur cette réédition: le boogie "Country girl", une version plus aérée de "Dallas", et enfin "Two steps from the blues", reprise du Bobby "Blue" Bland, qui apporte une surprenante couleur soul Motown bienvenue en fin d'album, l'occasion d'apprécier une facette différente du bonhomme. Plus de problème pour emballer quand on est capable de chanter ça...


Morceau qui Tue    Be careful with a fool ... en écoute dans la Radio !!


via
Sefronia(c)
par Chtif publié dans : Chroniques disques
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Ptite pensée ...


Ce site est dédié au plus imprévisible  des chefs cuistos: Keith Moon.
(c'est un peu le bordel sur ce site : il aurait adoré)

La plupart des chroniques publiées ici sont aussi dégotables sur http://www.sefronia.com .



Ils parlent du Chtif : ça prouve qu'ils ont bon goût (ah ah...)
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